‹ Les puissances devant la révolte arabe: La crise mondiale de demainChapitre 11 sur 24 · L'OMAN · texte numérisé non relu

L'OMAN

POUR compléter Tétude politique de TArabie il convient de donner quelques détails historiques sur VOmariy bien que ce pays ne soit pas encore entraîné dans le mouvement national actuel.

L'Oman est gouverné par un Sultan improprement appelé iman de Mascate ; il n'exerce pas, en effet, les fonctions d'iman.

Jusqu'au xviii® siècle, le pays était dirigé par la famille des Yaribah qui fut détrônée par Ahmedebn-Saïd, de la famile des Ghafari. Depuis, les Yaribah se contentèrent d'une autorité locale sur les domaines du djebel Akdar.

Auparavant, l'Oman avait été envahi par les Portugais, puis par les Hollandais et les Persans ; mais les habitants réussirent à les chasser.

Ahmed-ebn-Saïd régna de 1759 à 1780. Son fils lui succéda.

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Son petît-fils, Saïd, créa une flotte de 30 frégates et prit Zanzibar^ Socotora, et les îles du golfe Persîque. Sa prospérité fut troublée par rinvasion wahabite. UOman devînt tributaire du Nedjed.

A ce moment se place la première intervention de r Angleterre par suite de la piraterie sur mer. Un agent politique anglais obtint Tautorisation de résider àMascate.

Le renversement de l'empire wahabite par Ibrahim-pacha permit à Saïd de recouvrer Tindépendance. A sa mort il partagea ses possessions entre ses trois fils :

Thoweyni, Taîné, eut les îles du golfe Persique et rOman, depuis Barka jusqu'au djebel Akhdar;

Madjid eut les possessions d'Afrique (dont Zanzibar) ;

Amdjed eut la partie occidentale de l'Oman, entre Barka et le Katar, avec Sohar comme capitale.

Cette situation fausse eut des résultats fâcheux. Thoweyni voulut contraindre son frère Madjid à lui payer l'impôt, d'où seconde intervention des Anglais pour un arbitrage. Madjid devint indépendant.

Thoweyni se retourna contre Amdjed. Grâce, cette fois, à Tappui de l'Angleterre, il put triompher et s'emparer de son frère, mais les partisans continuèrent la lutte.

Thoweyni appela à ce moment à son aide Fayssal, roi du Nedjed, qui avait rétabli Tempire wahabite. Fayssal fît la campagne contre les infidèles. Ses lieutenants furent arrêtés dans leur conquête par la grâce des filles de TOman. Thoweyni put traiter avec les envahisseurs et promit d'envoyer à Er-Riad, capitale dulNedjed, un tribut annuel (1853).

En 1862, les gouvernements français et anglais s'engagèrent à respecter l'indépendance du Sultan de l'Oman. Ce traité concernait également Zanzibar. Depuis, les événements se précipitèrent.

En 1890, à la suite d'une convention entre la France et l'Angleterre, le protectorat anglais fut autorisé à Zanzibar, mais le traité de 1862 fut maintenu en ce qui concernait l'Oman.

Le Sultan actuel, Feysul ben Turki, eut, à l'occasion de son avènement au trône, à lutter contre d'autres compétiteurs (1888) et fit appel au gouvernement des Indes (1890). Grâce à cet appui, il put s'installer définitivement. Il s'engagea, à ce

moment, à n'aliéner aucune partie de son territoire sans le consentement de la Grande-Bretagne.

Pendant plusieurs années le gouvememeut des Indes accorda au Sultan un subside de 7200 roupies par mois, et lord Curzon, en 1892, exprimait Topinionque TOman étaitune dépendance anglaise.

Aussi, dès que lord Curzon fut nommé vice-roi des Indes, empêcha-t-il TOman de conclure un traité particulier avec la France, traité qui accordait à cette dernière ime station de charbon à Bunder-Jisseh (à 5 milles au sud-est de Mascate), avec droit d'y élever des fortifications et d'y créer une base navale (1898).

On se rappelle qu'à cette époque l'amiral Douglas, avec de nombreux navires de guerre, arriva devant Mascate (14 février 1899) et donna au Sultan deux heures pour retirer sa signature. Le Sultan céda, la France également.

L'Angleterre voulut bien autoriser la France à avoir un dépôt de charbon à Mascate même. Elle jugeait que les intérêts français sur cette côte étaient minimes et qu'elle seule, grâce à ses longues relations commerciales avee l'Oman, pouvait commander au Sultan.

Le consul de France, cependant, usant des prérogatives du traité de 1862, continua à exercer sa juridiction sur tous ses protégés, à délivrer des lettres patentes à des boutres et autres voiliers, et à autoriser ceux-ci à arborer le pavillon français.

Le Sultan, certainement incité à agir de la sorte, prétendit (1902) qu'une partie de ces protégés français étaient ses sujets et refusa de reconnaître les lettres du consul. Il fît comparaître devant lui im certain nombre d'indigènes et les condamna.

La France envoya un vaisseau de guerre à Mascate pour appuyer ses réclamations.

Le Sultan se retourna de nouveau vers l'Angleterre qui lui conseilla de différer le châtiment de ses sujets en attendant la décision du tribunal de La Haye.

Cette décision, intervenue en août 1905, confirme les droits de la France, mais ne permet à cette puissance de les exercer que vis-à-vis des personnes considérées comme ses protégés en 1862. De même, les embarcations qui ont obtenu l'autorisation de battre pavillon français doivent être les mêmes que celles de 1862. Enfin, les

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équipages restent soumis à la juridiction du Sultan. En réalité la France perd le procès.

Telle est la situation actuelle de TOman dont nous aurons à nous occuper de nouveau.

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