‹ Les puissances devant la révolte arabe: La crise mondiale de demainChapitre 21 sur 24 · L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

L'ANGLETERRE

OCCUPANT une position exceptionnelle dans la Méditerranée, à Chypre, en Egypte, au canal de Suez, à Aden, dans l'Hadramaut et TOman, maîtresse réelle du golfe Persique, T Angleterre surveille attentivement ce qui se passe dans la péninsule Arabique. Au seul point de vue commercial elle figure pour les deux tiers des importations et des exportations arabes (l'autre tiers est partagé entre les autres pays parmi lesquels la France occupe le second rang pour les importations et le troisième pour les exportations). Elle est donc intéressée plus que toute autre nation par les événements qui se produisent ou se produiront dans ces vastes contrées.

Son incomparable organisation politique lui permet de s'immiscer partout et d'être tenue au courant de tous les incidents.

Le vice-roi des Indes a à sa disposition deux personnages importants : le consul général de Bushire et le gouverneur d'Aden, qui passent des traités, rendent la justice et ont une influence considérable.

Appuyés par une marine de premier ordre, jamais désavoués dans leurs actes, disposant de sommes énormes, s'entourant d'un grand faste qui rehausse leur autorité et leur prestige, ils ont de plus poiu* eux l'activité commerciale des sujets britanniques, et la prédominance économique presque exclusive dans ces contrées.

Grâce à eux et à leiu* action, la partie sud de la Perse, le golfe Persique, Test de l'Arabie et l'Oman, THadramaut et le Yémen sont entièrement dans la sphère d'influence anglaise.

La Ligue de la Trêve, association créée sous les auspices du résident du Bushire, a groupé tous les chefs arabes et persans du golfe. Tous les petits conflits sont réglés grâce à elle. Elle permet en outre l'immixtion constante du consul général anglais dans toutes les affaires, pour la garde et la police du golfe. Amendes, prison, admonestations, sont prononcées par lui.

L'action britannique s'exerce également par des

sous-agents^ les consuls de Mohammerah, Mascate^ Busrah, Bagdad, îles Barrhein, Sharka, Lingah, Bunder-Abbas. Elle se développe chaque jour davantage grâce aux lignes télégraphiques terrestres et sous-marines, aux services réguliers postaux, au mouvement commercial intense des cargo-boats anglais, ce qui a permis au Rév.

Zwemer, dans son livre VArabie^ le berceau de rislamy d'écrire sans crainte d'être contredit :

« Le contrôle commercial anglais ne s'exerce pas seulement sur les marchés des deux côtés du golfe, mais encore sur la partie nord-ouest de l'Arabie, au loin près de Bagdad, où des colis et des articles de fer peuvent être transportés par des chameaux.

« Il n'y a pas une bobine de fil dans le Nedjed, ou un canif dans les montagnes du Schomer qui ne soient venus dans le golfe Persique par un navire anglais.

<( Tout ce qui se consomme de riz dans THassa vient de Rangoon, et des milliers de sacs sont amenés aux Barrhein par des bâtiments anglais, puis transportés dans l'intérieur par des caravanes.

« La navigation n'est pas seulement en entier dans la main des Anglais, mais un grand nombre

de bâtiments indigènes naviguent sous son pavillon et les principaux marchands sont Anglais ou sujets britanniques des Indes.

« La roupie est la valeur officielle tout le long des côtes de T Arabie, d'Aden à Busrah ».

Dans le golfe Persique, sillonné constamment par des croiseurs, l'Angleterre possède Koweyt dont elle a occupé le port en mai dernier à la suite de la visite de Guillaume II à Tanger. Menacée par l'empereur d'Allemagne, elle lui fermait le débouché du chemin de fer d'Anatolie à Bagdad.

Elle a sous son protectorat les îles Barrhein dont le chef, Sheikh-Issa, a été installé par elle en 1867.

Dans Tîle de Kishim elle a une station navale et militaire.

Dans rtle Malcon, près du cap Musendrum, elle a établi dès 1864 un poste pour le câble télégraphique de Kerachi au golfe Persique. Cinq années plus tard elle transportait l'installation à Jask.

« Quant à l'Oman, déclarait il y a quelques années Lord Curzon, alors vice-roi des Indes, il peut, à juste titre, être regardé comme une dépendance anglaise. Nous donnons des subsides

à son gouvernement, nous dictons sa politique, nous ne voulons tolérer aucune intervention étrangère. Je ne doute pas qu'un jour viendra où nous verrons flotter notre pavillon sur le château de Mascate.

<c Je regarde la concession d'un port sur le golfe Persique à la Russie, ou à n'importe quelle puissance, comme ime insulte délibérée envers la Grande-Bretagne, comme une folle rupture du statu quo et une provocation internationale à la guerre. Je saurais combattre le ministère anglais qui serait coupable d'un tel abandon et le regarderais comme un traître à son pays. »

Plus loin, rattachées au résident général d'Aden, sont les îles Rura Muria, cédées par le Sultan de Mascate (elles contiennent du guano), et Socotora dont le Sultan a accepté la protection anglaise en 1886.

Toutes les tribus indépendantes des côtes d'Aden à Mascate ont passé des traités exclusifs avec la Grande-Bretagne qui leur donne des subsides annuels ou des présents. Le gouvernement de Makallaa un traité spécial.

Le territoire d'Aden a sous sa dépendance près de 130 000 habitants et s'étend presque jusqu'à

Cheik-Saïd. Les tribus des Abdâli^ des Fadhli, des Akrabi, des Sabachi, des Hanshabi, des Alawi, des Amir, des Yaffai touchent des subventions annuelles.

Dans la mer Rouge, en dehors de Périm occupée depuis 1799, T Angleterre a encore sous son contrôle Tîle de Kamaran à quelques milles au nord de Hodeidah, possédant un bon mouillage.

Enfin elle détient par TÉgypte la presqu'île de Sinaï et le golfe d'Akaba.

Elle a des agents consulaires à Djeddah, Hodeidah, Kamaran, Sanaa, Makalla.

Le résident d'Aden n'est pas moins actif que celui de Bushire. Il cherche chaque jour à pénétrer plus profondément dans Tintérieur du pays et ses navires ont pour mission de surveiller tous les mouvements qui concernent le Yémen et le Hedjaz.

Sanaa, le trône du Yémen, (Koursi el-Yémen) avec son climat fin et chaud, au centre d'une riche contrée montagneuse, est la cité visée, car « depuis longtemps les militaires à Aden sentent le besoin d'une station boisée, au lieu d'être comme sur un cratère éteint où en fin de compte la vie est misérable ».

Dès que les Turcs auront quitté le pays, un chemin de fer devra être construit antre Aden et Sanaa.

En Asie Mineure l'Angleterre, possède quelques intérêts particuliers :

1° La Compagnie des eaux de Beyrouth.

2^* La Compagnie de navigation sur le Tigre, entre Bassorah et Bagdad.

Et, pour mémoire, la ligne de chemin de fer, aujourd'hui rachetée par la Turquie, de Caiffa à Damas.

Forte de sa position spéciale, la Grande-Bretagne a suivi une politique constante vis-à-vis des Arabes. Elle a compris depuis longtemps que laisser les Turcs prendre possession de TArabie, c'était perdre, pour son commerce et son industrie, son influence sur une région immense et permettre à la Turquie de devenir ime puissance militaire formidable. C'était aussi donner à l'Allemagne, protectrice de la Turquie, le moyen d'accaparer l'Arabie et de menacer les autres nations européennes dans la Méditerranée et dans l'océan Indien.

La lutte pour la vie est la raison d'agir d'un peuple. En favorisant la création d'un empire

arabe, l'Angleterre arrêtait tout danger; elle se ménageait en outre une clientèle considérable. Grâce à cette tactique elle a réussi dans son entreprise et on peut dire que, indirectement, elle a permis Talliance du Sultan de Koweyt et de Témir du Nedjed, et en même temps donné le moyen aux Arabes du Nedjed et du Yémen de se constituer un armement moderne qui en fait de redoutables adversaires. Les maxims de Séoud ont été cause de la déroute de Feizi-pacha en Mésopotamie.

Parmi les projets les plus intéressants préparés en Angleterre pour la pénétration de TArabie, il importe de citer celui du chemin de fer de Port- Saïd à Bassorah, le long du trentième degré de latitude, avec une branche vers Koweyt. De Bassorah la ligne traversera le Chatt-el-Arab sur des ponts tournants et suivra la côte du golfe Persique jusqu'à Kerachi. Cette ligne raccourcirait de huit jours le transit entre Londres et ce dernier point. Ce sera une entreprise entièrement anglaise.

L'ALLExMAGNE

AU sujet du rôle joué par TAUemagne en Asie Mineure et des intérêts qu'elle y possède, M. Negib-Azoury adressait le 22 juillet dernier, à un grand quotidien de Paris, la très curieuse lettre suivante :

<c L* Allemagne est un grand pays de cinquante millions d'habitants dont le commerce et Tindustrie ont pris un développement considérable. Il fallait donc tout d'abord trouver des débouchés à la surabondance des produits. D'autre part, les capitaux s'étant accrus dans l'Empire ne trouvaient plus aisément un emploi fructueux, d'où la nécessité de chercher aussi un territoire vierge, riche et fertile qui, tout en servant de débouché au commerce germanique, serait organisé, mis en valeur et exploité avec un personnel et des capitaux allemands.

« Or, TAlIemagne ne possède presque pas de colonies, et il n'y a plus aucune terre à coloniser dans le monde. Guillaimie II voulut résoudre ces difficultés par un système tout à fait nouveau, offrant cet avantage particulier qu'il ne pouvait occasionner aucune dépense pour une expédition armée et qu'il ne pouvait rencontrer d'opposition ouverte de la part d'aucune puissance européenne. Ce système consistait à ressusciter chez tous les Musulmans de la terre le fanatisme religieux pour les soumettre à Abdul-Hamid, son vassal, et constituer à celui-ci un empire allant de l'Indus à l'Atlantique et de Constantinople à l'Equateur.

« A cet effet, la diplomatie allemande tint au Sultan de Constantinople le langage suivant :

« Depuis votre avènement au trône vous avez perdu la moitié de votre empire ; la Russie menace de vous enlever le reste; l'Angleterre et la France ne veulent vous protéger que si vous introduisez des réformes dans votre gouvernement, ce qui provoquerait le soulèvement de toutes les nationalités de votre empire contre vous. Méfiez- vous donc des uns et des autres et écoutez-moi.

<c Voici ce que je vous propose : Si vous voulez devenir calife et souverain de tous les musulmans

de la terre, il faut d'abord soumettre à votre autorité immédiate tous les peuples encore indépendants de votre empire asiatique, les Kurdes, les Arabes de la Mésopotamie, de Tlrak, du Nedjed, du golfe Persique, de TOman, de THadramaut, du Yémen, du Hedjaz, de la Palestine et de la Syrie. Il est donc nécessaire de construire des chemins de fer stratégiques pour dompter ces populations guerrières. Il faudra aussi tracer des routes, et mettre en valeur les terres incultes afin de rendre sédentaires les tribus nomades, puis vous leur enverrez des ulémas pour les islamiser et les fanatiser. Fort de cette puissance, vous pourrez facilement devenir le maître, de l'Afrique jusqu'à la Chine.

« Vous aurez mon concours et ma protection à la condition de confier à mes Allemands les travaux à faire chez vous, de commander vos armements chez Krupp et d'employer un personnel et des capitaux allemands pour organiser vos différents services et mettre en valeur les terres incultes. »

(c Abdul-Hamid a cru à ce rêve grandiose et s'est mis à l'œuvre. Le chemin de fer de Bagdad, celui de Damas-la Mecque, celui de Caiffa-Mzerib et la ligne télégraphique de Constantinople à

Bassorah, toutes entreprises concédées à des Aliemands^ sont les résultats de ce projet.

« L'influence allemande est devenue tellement puissante en Turquie qu'on peut considérer d'ores et déjà l'empire du Sultan comme une colonie allemande. »

Quelles que soient les raisons qui aient motivé la conclusion de l'alliance réelle entre le Sultan et l'Empereur d'Allemagne, constatons qu'il a suffi à Guillaume II d'entreprendre deux voyages à Constantinople pour affaiblir d'une manière notable le prestige séculaire de la France dans toute l'Asie Mineure et la Méditerranée orientale. Les Allemands ont remplacé les fonctionnaires et officiers français chargés autrefois d'organiser l'armée turque et les différentes administrations ottomanes. Constantinople et les autres villes de la Turquie ont été inondés d'émigrants et de capitalistes allemands auxquels Abdul-Hamid a accordé toutes sortes de concessions et de commandes. Le marché de Berlin est devenu, aux lieu et place de celui de Paris, le restaurateur des finances ottomanes, et le commerce allemand dans la Méditerranée a atteint ces derniers temps un chiffire qui dépasse de beaucoup celui des exportations françaises.

Dans le domaine moral, Tinfluence allemande a suivi la môme proportion. La Palestine, la Syrie et TÂnatolie ont été inondées de missionnaires catholiques et d'établissements de bienfaisance allemands dont le but est de détourner au profit de TEmpire d'Allemagne la clientèle des chrétiens orientaux.

Cep(»ndant, si les entreprises des chemins de fer stratégiques ont été concédées à T Allemagne, il ne s'ensuit pas que leur réalisation soit prochaine. La ligne de Damas à la Mecque (2 500 km.) ne dépasse pas Mâan et à partir de ce point elle pénètre dans les territoires des grandes tribus actuellement révoltées contre le Sultan.

La ligne d'Anatolie au golfe Persique (2800 km.), est loin d'être achevée. En novembre dernier, un débat des plus intéressants a été soulevé à la Société scientifique allemande de Berlin, à ce sujet. En voici le résumé :

« Le docteur Wiedermann, de Hambourg, avait présenté un rapport où il pressait l'Allemagne d'intervenir auprès de la Turquie pour obtenir directement la construction du chemin de fer allant de Bassorah à Bagdad, c'est-à-dire du sud au

nord, sans attendre que la construction du chemin de fer au nord de Bagdad soit terminée.

<c Le ministre plénipotentiaire Raschdau, parlant au nom du gouvernement, a répondu en ces termes :

« La question a déjà été examinée, mais c'est à la Turquie qu'il appartient de répondre. Le gouvernement turc a le plus grand intérêt à ce que le chemin de fer au nord de Bagdad soit achevé avant celui de Bassorah à Bagdad, car ce chemin de fer est destiné à hâter la mobilisation militaire,

« Il ne faut pas oublier non plus que si le chemin de fer d'Anatolie avait été construit avec des capitaux allemands, le chemin de fer de Bagdad, qui commence à Koniah, a été construit avec de l'argent turc, c'est-à-dire avec les emprunts que la Turquie émet ; que le coût de ce chemin de fer de Koniah à Bagdad s'élève à plus d'un demi-milliard ; il ne faut pas s'attendre à le voir bientôt achevé. Jusqu'à aujourd'hui, quelques rails ont été posés, mais il est certain qu'il reste encore plusieurs montagnes à percer et plusieurs fleuves à franchir au moyen de ponts et que tout cela entraînera des frais énormes. Qui paiera ces frais?...

« Tout ce que la Turquie possède en fait de gages sérieux a été aliéné déjà pour garantir des emprunts antérieurs.

<( Nous ne pourrions obtenir de nouvelles garanties que si les douanes de la Turquie étaient élevées, mais le consentement de toutes les puissances européennes est nécessaire.

« Dans ces conditions, reste-t-il encore quelque espoir?...

« Nous avons fait trop de bruit dans cette a/faire du chemin de fer de Bagdad y la Turquie ne peut plus accepter de donner Fargent nécessaire à la construction de la ligne j parce que l'attention des puissances étrangères a été mise en éveil par nos propres cris de triomphe et qu'elles ne consentiront certainement plus à l'élévation des douanes.

c( C'est la résistance de TAngleterre contre les élévations de douanes qui impose la construction du chemin de fer de Bagdad. »

L'Angleterre est, ainsi que la France, Tennemie contre laquelle TAUemagne lutte de toutes ses forces, par tous ses moyens, ainsi que le témoigne la note récente dont il est intéressant de donner ici la teneur :

c( Comme réponse a certain projet anglais qui aurait pour but de rendre navigable TEuphrate et le Tigre, M. Waechter, de Berden, vient de publier un projet de construction d'un canal d'une longueur de 4S0 milles, qui réunirait la mer Caspienne au golfe Persique.

« Suivant ce projet de grand intérêt, le canal commencerait à Engeli et prendrait une direction sud-ouest, allant vers Bagdad et détournant à son profit les eaux du Kizil-Uzen et du Dyala, les deux gros tributaires du Tigre.

« Comme le Kizil-Uzen est quelque peu desséché en été, M. Waechter doit trouver un réservoir naturel pour alimenter cette rivière en été. Il a réussi à trouver un lac aussi large que les lacs suisses, et tout le projet du canal dépend de la position de ce lac, car s'il est plus élevé que le pays qui s'étend entre le Kizil-Uzen et le Dyala, ses eaux peuvent être facilement amenées dans cette rivière durant la saison sèche ; si, au contraire, le lac a une altitude plus basse, ses eaux ne sont d'aucune utilité pour rendre le Kizil-Uzen navigable.

« Appréciant ce projet, la presse allemande dit :

« Par la construction de ce canal, par l'extension du chemin de fer russe d'Amadan au nord-ouest de la Perse jusqu'à l'extrémité du golfe Persique, le but de la politique britannique qui est de faire échec au Transsibérien au moyen d'un chemin de fer partant de Smyrne et courant à travers l'Asie Mineure vers Kandahar et Quetta et atteignant Hong-Kong, recevrait un coup mortel ; il suffirait, en outre, pour cela, qu'une puissance européenne occupât Bunder-Abbas avant que la Grande-Bretagne ait eu le temps de faire de cette place un autre Gibraltar. »

Quoi qu'il puisse résulter de cette lutte économique, il n'en reste pas moins acquis que l'Allemagne possède en ces pays des intérêts supérieurs. M. Negib-Azoury, dans une récente conférence, les a résumés en ces termes :

« Il ne reste plus à l'Allemagne, pour transformer l'Asie Mineure en colonie allemande, qu'à se faire confier par le Sultan l'admistration et la mise en valeur de son immense domaine privé qui comprend la meilleure cinquième partie des terres de tout l'Empire : soit les trois quarts de la vallée de l'Euphrate et les inépuisables puits de pétrole de Tikrit et de Moussoul, toute la vallée du Jour-

dain, la moitié de Tadmirable plaine de Damas et toute celle de Saint-Jean d'Acre.

« Cest dans cette perspective que l'Allemagne à déjà orienté vers l'Orient une partie de son émigration. Les colonies agricoles qui se sont établies à Jaffa, Ramleh, Jérusalem et Caiffa, où les Allemands ont en moins de dix ans réussi à accaparer tout le commerce local et où ils ont atteint un degré de prospérité vraiment merveilleux, prouvent ce que deviendraient la Syrie et la Mésopotamie si ce dernier projet du gouvernement allemand venait à se réaliser. »

RUSSES, Américains, Autrichiens, Italiens, Grecs et Américains ont également des intérêts politiques et religieux en Asie Mineure*.

La Russie principalement a depuis longtemps des vues sur cette contrée. La guerre qu'elle vient de subir, l'attention qu'elle doit donner aux événements intérieurs qui la secouent, l'empêchent de continuer sa politique. Elle a été contrecarrée déjà par l'Allemagne en Mésopotamie et l'Angleterre a manifesté une vive opposition lors des tentatives russes pour créer un port dans le golfe Persique. Sa situation priviligiée en Perse lui permet cependant de peser d'une façon très sérieuse sur les événements.

En dehors d'elle, les autres puissances désignées plus haut ne pourront jouer dans le futur conflit qu'un rôle secondaire.

i . Voir dans le livre de M. Negib-Azoury les chapitres qui Irailent ces questions.

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