‹ Les pupazzi, inéditsChapitre 43 sur 89 · UNE SOIRÉE SOIS LA DÉCADENCE · texte numérisé non relu

UNE SOIRÉE SOIS LA DÉCADENCE

I ELIN

J'en conviens! Mais Cadet ne fait pas mes recettes, Je les fais seul!

SARAH

Et moi de même !

COQUELIN

Les cassettes

Se vident à mes pieds!

SARAH

Dans les petits Etats D'Amérique du Sud, — j'ai les certificats — Gomme l'on redoutait justement mon absence, On a mis un impôt pour payer ma présence Et chaque citoyen allongea son dollar!

On appelait cela : l'Impôt Sarah-Bernhardt !

COQUELIN

Ce n'est rien ! Vous encor, vous jouiez quelque rôle, Mais moi, je ne disais pas un mot ; c'est plus drôle. Oui ! Partout où j'allais, un homme intelligent Disait : C'est Coquelin ! et demandait l'argent. A l'hôtel, on faisait payer tous les convives; Lorsque je m'embarquais, des agents, sur les rives, Passaient de l'un à l'autre et se faisaient payer ; Quand je prenais le train, précédé d'un huissier, Les voyageurs munis d'un ticket pour leur place Prenaient un supplément pour contempler ma face! Partout où j'ai passé, le peuple est indigent Et seul, mon souvenir a remplacé l'argent,

UNE SOIRÉE SOUS LA D lDI I 129

coquelin, à part.

Et puis, de la réclame elle a tant abusé Que le public sait bien ce qu'il faut qu'il en prenne ! Et qu'est-ce donc enfin qu'une comédienne?

sarau, à part.

Qu'est-ce qu'un pauvre acteur, sinon un perroquet !

coquelin, à part, Dans un an, tout au plus, un silence complet L'accueillera dès qu'elle abordera les planches I

sarau, à part.

Il tombe ! En ce moment il se raccroche aux branches.

coquelin, haut.

Je suis vraiment heureux de vous voir de retour, Sarah !

sarah, haut.

Permettez-moi de le dire à mon tour, Mais je repars !

coquelin Et moi de même !

SARAH

Bonne chance !

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