‹ Les purgatifsChapitre 52 sur 80 · PURGATIFS FOURNIS PAR LA FAMILLE DES EUPHORBIACÉES · texte numérisé non relu

PURGATIFS FOURNIS PAR LA FAMILLE DES EUPHORBIACÉES

hdile de croton

Cette huile est retirée des graines de Tilly produites par le Crolon Tiglium (Euphorblacées), arbrisseau originaire de rilindoustan et desMoluques, qu’on cultive dans les Indes, la Cochinchine et la Chine ; il s’élève à peine à quelques pieds et ses rameaux sont remarquables par la pauvreté de leur feuillage ; les fleurs sont unisexuées, petites, odorantes et réunies en grappes, dont les fleurs mâles occupent le sommet et les fleurs femelles la base ; l’ovaire est a trois loges, contenant chacune un ovule anatropc, et devient alors un fruit tricoque; la graine contient un albumen considérable à cellules remplies de corpuscules huileux et amylacés et un embryon très petit ; elle porte trois enveloppes ; une interne, \etegmen, membraneuse et en rapport direct avec l’amande ; une moyenne, le testa, noirâtre, dure et cassante; une extérieure, Vepitesta, jaune fauve, fine et délicate, se fendillant et s’enlevant avec facilité.

Les graines de crôton sont tantôt jaunâtres, tantôt noirâtres ou présentent à la fois des parties jaunâtres et des parties noirâtres (les premières sont dues à des portions de 1 enie-

loppe extérieure qui ont persisté en certains points) ; elles ont la grosseur de petits haricots, une longueur de 10 à 15 millimètres, une largeur de 7 à 9, une épaisseur de 6 à 8 : leur forme est ovale, ohlongue, présentant deux faces également conve.xes, portant chacune une saillie mousse qui la subdivise en deux plans ; il en résulte une section transversale presque régulièrement quadrangulaire. La saveur est nulle à l’extérieur, mais devient âcre et brûlante si l’on mâche la graine ; elle est due au principe actif que certains auteurs, Tournefort, Hermann et Valmont de Bomare, considèrent comme localisé dans l’embryon, mais que la majorilé des autres, et en particulier Marchand et Vautherin, considèrent comme uniformément répandu dans la graine.

On donne quelquefois à cette graine le nom de petit pignon d'Inde, mais il ne faut pas la confondre avec le véritable pignon d'Inde (Curcas purgans), dont il sera parlé plus loin.

D’après les analyses de Pelletier, Caventou, Brandes, les graines de croton contiennent de Yacide crotonique, des matières résineuse, grasse, gélatineuse, de la crotonine, de la gomme et de Y albumine végétale.

L’acide crotonique est considéré par Pelletier et Caventou comme une des parties actives de l’huile; c’e.st un liquide volatil extrêmement âcre, répondant à la formule

CHPO® acide méthacrylique CO*H — C % correspondant à

l’acide isobutyrique et qu’il ne faut pas confondre avec ses isomères les acides crotonique et isocrotonique correspondant à l’acide butyrique. Brandes admet comme origine de cet acide crotonique l’oxydation d’un principe volatil, irritant qui existerait dans la graine ; à l’appui de cette opinion, Brandes prétend que la liqueur obtenue en distillant les graines de croton est plus acide le lendemain que le jour de sa préparation, et que ses vapeurs au moment de la distillation ne sont pas absorbées par une solution de potasse, ce qui aurait lieu infailliblement si elles étaient acides ; en tout cas ce prétendu principe n’a pas été isolé.

Pour Bucheim, le principe actif de l’huile de croton est l’acide crotonique qui existerait partie a 1 état libre, par tie à l’état de corps gras ou glycéride qu’on pourrait appeler crotonoline, et qui serait inactif. r i

Von Hirscheydt, en traitant l’huile de croton par 1 alcool absolu, obtient une huile acide renfermant 1 acide crolonioue et purgative, et une huile neutre privée d acide crotonique et qui, injectée dans le sang, ne produit pas plus d’effet purgatif qu’une graisse quelconque.

Les matières grasses sont formées de corps gras ord nahïs “ d’une matière brune, soluble dans l’eau et l’alcool et donnant de l’acide crotonique par ks acides.

Les matières gommeuse et gélatineuse ne présentent rien de particulier ; la résine est molle, brun clair, soluble dans l’alcool, insoluble dans l'eau et lether. La crotonine est d’une existence douteuse ; Soubeiran la considéré comme un sel de magnésie à acide gras. .

A propos des matières gélatineuse et albuminoïde contenues dans les semences de croton, Stillmark a fait remarquer qu’il devait y avoir une certaine analogie entre la composition de ces graines et celles de ricin ; il pense que les semences de croton contiennent également de la ricine.

Une partie seulement de ces principes entre en dissolution dans riiuile de croton ; l’acide crotonique, les matières grasses et la résine; c’est à eux qu’est due 1 activité de œtte huile. Celle-ci doit avoir une couleur jaunâtre avec des reflets bleuâtres, une odeur désagréable, une saveui âcre et. caustique qui prend à la bouche; sa densite es 0 9-'>0- elle doit se dissoudre entièrement dans t etlier a 62 degrés et l’alcool à 90 degrés; l’alcool absolu n en dissout que 1/30 de son volume; on la falsifie soit avec de l’huile de ricin qu’on reconnaîtra à sa facile dissolution dans l’alcool à 95 degrés, soit avec des huiles fixes insolubies dans l’alcool absolu et qu’on reconnaîtra a cette insolubilité même., , ,,

On a contrefait l’huile de croton avec des mélangés d’huiles de ricin et d’épurge; un tel mélange dissous dans l’alcool donne un liquide blanchissant par 1 eau.

A l’inlérieur, administrée par la bouche, à la dose de une à trois gouttes mêlées à une autre huile, elle produit d’abord une sensation cuisante et désagréable à la bouche et au pharynx; la soif est intense, les lèvres, les muqueuses buccales deviennent rouges et luisantes ; les papilles de la langue, qui est elle-même très rouge, sont irisées, et cet organe semble quelquefois comme dépouillé de son épithélium. Ces accidents ne se manifestent pas si l’huile de croton a été prise en pilules convenablement enrobées.

Pour Bucheim, l’action de l’huile sur la partie supérieure du tube digestif serait due à l’acide crotonique libre ; à partir du duodénum elle serait due à l’acide crotonique mis en liberté, sous l’influence du suc pancréatique sur la crotonoline. Cet acide agirait alors d’autant mieux qu’il serait à l’état naissant.

L’huile de croton détermine peu de douleur à l’estomac et provoque rarement les vomissements ; mais elle agit sur l’intestin comme un drastique énergique et produit des coliques accompagnées de selles liquides et abondantes ; l’effet purgatif est moindre si l’huile a été administrée par la voie rectale ; elle produit néanmoins alors quelques garde-robes avec cuisson très vive à l’anus et à la partie inférieure du rectum.

L’action irritante de l’huile de croton administrée comme purgatif peut se faire sentir aux voies urinaires et l’on constate chez quelques malades de la polyurie et de la dysurie.

^ De plus, d’après Lassar, elle pourrait être absorbée et, en s’éliminant par l’urine, produire une néphrite albuminurique.

C’est un purgatif énergique qu’il faut réserver pour les cas où il est nécessaire et difficile d’obtenir l’évacuation : la colique de plomb, robstruction de l’intestin par des corps étrangers et des matières fécales durcies que les autres purgatifs n’ont pu expulser, dans quelques cas de volvulus. Elle se donne à la dose de une à trois gouttes.

Le mode d’administration le meilleur paraît être la forme pilulaire, qui évite le contact de l’huile avec la première

LES PÜBGATIFS.

partie du tube digestif ; le mélange à l’huile de ricin donne également de bons résultats. On pourra prescrire :

Huile de-croton.1 ou 2 gouttes

Huile de ricin.30 grammes

On a donné le nom d’huile de ricin artificielle au mélange suivant ;

hoile de ricin artificielle [Hufeland)

Huile de pavot.

Huile de croton.

50 grammes 1 goutte

C’est ici que la forme capsulaire Pourrait être employée, on pourrait par exemple diluer une goutte d huile de cioon dans 5 grammes dfiiuile de ricin et faire cinq capsule contenant chacune 1 gramme d’huile, soit un cinquième de goutte de croton ; de telles capsules f ®

nées à la dose de 10, une toutes les heures, dans 1 occlu

“"si “ule pilules, il „e«iam.iscelles-ci renferment plus d’une goutte; on prescrira .

Huile de croton.^ gouttes

Miel blanc |.Q. S.

Poudre de guimauve \

Pour 4 pilules argentées ou toluinées; à prendre' en

^ oVprat émulsionner l’huile de croton dans un looch suivant la formule suivante ;

Looch blanc. . .

Huile de crûton.

120 grammes 1 à 2 gouttes

A prendre par cuillerées à bouche d’heure en heure.

Les pastilles de croton ne paraissent pas une préparation bien recommandable, et on les remplacera toujours avantageusement par des pilules qu’on aura formulées.

Quand on administrera l’huile de croton par la voie rectale, la dose sera poMée à 3 ou 5 gouttes.

LAVEMENT A l’hüILE DE CROTON

Huile de croton.5 gouttes

.faune d’œuf.n° 1

Eau.50Ü grammes

, L’huile de croton est un médicament qu’il convient d’administrer à l’intérieur, avec do grandes précautions ; on évitera les doses trop fortes ou trop longtemps répétées. Dans le cas où son ingestion aurait produit une inflammation vive des premières voies digestives on administrerait des boissons émollientes; en cas d’empoisonnement on fera vomir, s’il en est temps encore, à l’aide d’injections hypodermiques d’une solution d’apomorphine ; la soif sera calmée par des boissons mucilagineuses, les coliques par des lavements d’eau de guimauve additionnée de quelques gouttes de laudanum; l’état adynainique sera combattu par des boissons chaudes et alcooliques.

PIGNONS d’inde

Les pignons d’Inde sont les semences du Jatropha Curcas ou Médicinier, qui contiennent une huile drastique, beaucoup moins énergique que l’huile de croton ; il en faut dix à quinze gouttes pour purger et elle ne rougit pas la peau. Ses semences sont semblables à celles du ricin, mais noirâtres et de dimensions plus considérables : elles ont environ 18 millimètres de longueur, 11 de largeur et 9 d’épaisseur. L’huile de Médicinier n’est pas usitée.

Nous avons vu, il y a quelques années^plusieurs enfants à

aui l’on avait donné des pignons doux et , en avaient mangé un certain nombre sans qu il en soit résulté d ac cidents bien graves.

HDILE d’ÉPüHGB

Cette huile est retirée des semences à’épurge, f uphorhia Lalhyris-, elle est environ dix fois moins active qi l’huile de croton et n’est pas employée.

Les semences d’épurge sont caronculées, «omme ceUes du ricin ; mais elles sont plus .petites, reticulees a la surface de couleur brunâtre ou gris bleuâtre.

On rencontre communément en France deux especes de mercurïïle, toutes deux de la famille des Euphorbiacees la mercuriale vivace {Mercuriahs perenms) et k meicu riale annuelle {Mercurialis annua) on foirole, qui est seu

Ta te;curiale annuelle ou officinale se trouve lieux cultivés et on la récolte entière, au moment de a floraison. Plante herbacée de 20 à 50 “nt‘™etres ^ i teur, elle porte des feuilles opposées, d un rert paie^, F tiolées, ovales, lancéolées, crénelees et finement ciliees sur le bord, glabres sur les faces. . j

La mercuriale est dioïque; la plante mâle P^rte de longues inflorescences à l’aisselle des feuilles supei leu , plante femelle montre simplement des deurs solitaires ou Liées presque sessiles à l’aisselle des feuilles. Le irait est SéXi formé par la réunion de deux coques mo-

"°FeneulTe attribue à la mercuriale la ro«‘POsjt'“ suivante • vrincipe amer (mercuriabne), gomme, albumine matièiJqrassi nne faible guanlité d’huile volatile,-quelques seh. Le suc de la mercuriale contiendrait en petite

quantité le principe colorant très abondant dans la maurelle ou tournesol (Croton tinctoriiim).

Le principe amer est amorphe, jaunâtre, soluble dans l’eau et l’alcool, et possède une faible action purgative; la solution aqueuse précipite, par le sous-acétate de plomb, le chlorure mercurique et l’infusion de noix de galle.

La mercuriale vivace ne doit pas être substituée à la précédente, car elle se rapproche des euphorbes et pourrait provoquer des accidents; elle est drastique et dangereuse.

La mercuriale s’emploie rarement seule : 20 grammes par litre en décoction, pour lavement. On emploie généralement le miel de mercuriale. Celui-ci se préparait autrefois avec le sucre de la plante non dépuré; le Codex le fait préparer à présent par infusion. '

LAVEMENT PDBGATIF Aü MIEL DE MERCURIALE

Miel de mercuriale.100 grammes

Eau tiède. 400 —

Citons, à propos des Euphorbiacées, Vanda assa, dont on tire una buile, purgative à doses trois ou quatre fois moindres que l’huile de ricin, ainsi que la johanésine, dont le sulfate et le chlorhydrate, dépourvus de toxicité, sont diurétiques à la dose de 1 gramme.

PURGATIFS FOURNIS PAR LA FAIVlILLE DES CUCURBITACÉES

Page 1