COLOQUINTE
On a employé aulrefois comme purgatif le fruit (péponide) de la coloquinte {Cucumis colocynthis, Cucurbitacées). C’est une plante originaire de l’Asie Mineure, des îles de l’Archipel grec, et de presque toutes les parties arides de r.4frique; elle est cultivée en Espagne et c’est
surtout de ce pays et des îles grecques-quelle nous arrive, après avoir été desséchée et privée de son enveloppe exte-
"'^ElTe' est alors de la grosseur d’une petite orange, très légère grâce à l’état spongieux de son tissu blanc ; elle est divisée intérieurement en trois secteurs représentant chacun un carpelle; ces secteurs, réunis par leur partie périphérique, sont partagés par une cloison en deux compartiments remplis d’une substance spongieuse, dune SmerTume extrêL, au milieu de laquelle on trouve un grand nombre de graines blanches, obovales, a bords arfondis mais non épaissis en bourrelets; on trouve dans ces graines un embryon charnu et huileux recouvert dun
épisperme cartilagineux. .
Les sortes commerciales de coloquintes ont ete
‘^'"loïa ''coloquinte d'Égypte, deux fois plus grosse que les autres; très légère et présentant une grande cavité intérieure; le nombre des graines est faible.
2» La coloquinte de Chypre présenteun diamètre de 2 centimètres; plus dense et plus blanche que la precedente; le nombre des graines est également plus considérable.
3“ La coloquinte de Syrie n’a pas ete debarrassée de son écorce extérieure jaunâtre; la partie spongieuse est blanche, le nombre des graines assez considerab e.
C’est la partie charnue ou mieux cellulovasculaire dont on a fait'usage comme drastique; Ce parenchyme parai avoir la composition suivante :
Huile grasse, principes résineux, colocyntlnne, matieies
extractives ot gommeuses, acide peclique, sels.
La eolocynthine est le principe amer de a coloquinte; elle a été étudiée par Braconnot et par llerheyer; elle est unie dans le fruit à des matières qui altèrent sa pureté et
compliquent son extraction.
La colocvnthine est une substance amorphe, rougeâtre en masses,'jaune 'en poudre, translucide et dune amertume extrême; elle est très soluble dans 1 eau, 1 alcool et l’éther; elle est azotée, d’aprèsBraconnot, et n estprecipitee
LES l’UUGATIFS.
ni par les alcalis, ni par le tanin. C’est un glucoside que les acides étendus dédoublent en glucose et colocyntliéine; on trouverait à côté d’elle, dans la plante, un autre principe cristallisable, soluble dans l’éther, auquel on a donné le nom de colocynthiline.
C’est un drastique puissant ; le seul fait de la triturer peut provoquer des effets purgatifs, grâce aux particules de poudre qui pénètrent dans les voies respiratoires. Les vapeurs qui se dégagent de son infusion pourraient même, a dit Janssen, produire des accidents toxiques. L’action purgative peut s’exercer à la suite d’injection intra-veineuse; on a même dit qu’il pouvait y avoir purgation à la suite d’application de la teinture alcoolique sur la peau.
Il ne serait pas nécessaire d’aprps cela d’administrer la coloquinte par la voie gastro-intestinale ; et l’on éviterait même ainsi les coliques, les nausées et les vomissements.
Prise par la bouche à la dose de dix à vingt-cinq centigrammes, elle purge sans douleur; les selles sont liquides et produites vraisemblablement par une excitation, d’origine nerveuse, des mouvements péristaltiques de l’intestin; à dose un peu plus élevée, des coliques apparaissent et les selles deviennent muqueuses.
Si l’on a porté la dose à 3 ou 4 grammes*, on voit apparaître les symptômes de l’empoisonnement : entérite vio- . lente, selles sanguinolentes, crampes dans les mollets. On a eu malheureusement à enregistrer des accidents mortels, dans des cas où des empiriques avaient fait prendre de ces doses exagérées pour guérir des blennorrhagies.
La coloquinte est un hydragogue; ses propriétés purgatives paraissent dues à une influence sur le système nerveux qui provoquerait alors l’exagération de la péristalse intestinale.
Peut-être cependant ne faut-il pas lui refuser dne action de contact, et Schmiedeberg rappelant la cathartine suppose qu il faut attribuer une certaine partie de l’action purgative aux substances colloïdes qui accompagnent la colocynthine et la rendent plus active en assurant son trajet dans l’intestin et en empêchant son absorption. La colo-
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