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CHAPITRE XVI

Mais voyez ! A travers les fulfjurantes détonations de la bataille , quel coursier précipite au loin sou galop f urieux vers le désert?

Th. Ca-MPBELl, les Plaisirs de l' Espérance.

TIRANT la vigoureuse écliaufiourée dont nous venons de rap-

Pl porter les détails, Henri Morton, ainsi que le révérend

,) Prêche-à-mort , Caddie et sa mère, étaient restés sur le

haut de la colline , près du petit tertre au pied duquel Cla-

verhouse avait tenu une sorte de conseil de guerre ; ils purent donc avoir de là un spectacle complet de la lutte qui se livrait au-dessous d'eux. Us étaient sous la garde du caporal luglis et de quatre dragons, bien plus occupés, on le. concevra sans peine, à suivre les péripéties de l'action qu'à surveiller les faits et gestes de leurs prisonniers.

« Si les gars tiennent solidement là-bas, » fit remarquer Ouddie à Morton, « nous aurons quelque chance de tirer nos têtes du licou. Je ne m'y fie pas trop cependant, car ils n'ont pas la tournure de fameux guerriers.

— Cela n'est pas absolument nécessaire , » répondit le jeune homme. « La position est forte, ils ont des armes, et leur nombre est triple de celui de l'ennemi. S'ils ne savent pas combattre aujourd'hui pour leur liberté, ils méritent, eux et leurs chefs, de la perdre à jamais.

— 0 bonnes gens ! » s'exclama Jladelon. <i Quel réjouissant spectacle! Mou àuie est comme celle du bienheureux Elle, elle me brûle; mes entrailles, comme le vin nouveau qui fermente, sont près d'éclater. Que le Seigneur abaisse les yeux sur son peuple en ce jour de jugement et de délivrance !... Eh mais, qu'as-tu, cher monsieur Gabriel? qu'astu donc? ïoi qui étais tout-à-l'heure un Nazaréeu plus pur que la neige, plus blanc que le lait, plus rose que le safran, [elle voulait dire le saphir] , qu'as-tu, je te le répète? Ts voilà plus noir qu'un charbon, ta grâce a disparu, ta beauté s'est flétrie à l'égal d'une herbe sèche. L'heure est venue, certes, de se lever et d'agir, de crier à pleiue gorge, et de tout mettre en œuvre, de lutter enfin en faveur de nos pauvres frères, qui rendent là-bas témoignage avec leur sang et celui de leurs oppresseurs. »

Cette apostrophe de la vieille Madelon cachait an fond une réprimande. Dans la chaire, et loin du danger, le révérend Prêche-à-mort groudiiit comme an tonnerre; même au pouvoir de l'ennemi, ainsi que nous l'avons vu, il montrait assez de fermeté. Mais la crépitation de la fusillade et les vociférations qui s'élevaient de la vallée lui avaient ôté l'usage de la parole, et plus d'un honnête homme, empêché comme il l'était, de fuir ou de se battre, eût ressenti les mêmes effets. Trop dérouté pour songer à profiter de l'occasion , soit en fulminant les anathèmes presbytériens, — la vaillante Madelon n'attendait pas moins de lui, — soit en priant pour l'heureux succès de la bataille, il ne ]ierdit tout pas à fait la présence d'esprit ni le soin jaloux de conserver sans tache le renom d'un éloquent défenseur de la vérité.

« Tenez-vous eu paix, femme! » dit-il. « Ne troublez point les méditations de mon âme et les assauts qu'elle est forcée de soutenir... On dirait que le feu des combattants redouble... Une balle peut s'égarer jusqu'ici, voyez-vous... Hélas! Je vais me reculer un peu ; cette butte me servira de rempart. »

Cuddie, pourvu d'une large dose de cette espèce de courage qui naît de l'ignorance du péril, se prit à dire :

« Bah! ce n'est qu'un poltron, un poltron carabiné. Il ne chaussera pas de sitôt les bottes de Fleur du Désert. Eu voilà im diable à quatre qui se démenait comme un dragon volant ! Pauvre Fleur du Désert l

quel malhenr qu'il n'ait jias su faire la nique à la potence ! Mais on assure qu'il y marcha en cliautaut et tout guilleret , comme moi, par exemple, j'irais à une platée de soupe si j'avais faim, ce qui ne va pas tarder... Hélas! mon Dieu, (|ue de choses terribles on voit là-bas, et pourtant ou ne peut s'empêcher de les regarder. »

En effet, tandis que le révérend s'était mis prudemment à l'abri, la curiosité d'une part, le fanatisme de l'autre retinrent les prisonniers à la place la plus favorable pour assister au combat. Du sommet de la colline ils purent en suivre les vicissitudes , mais non présumer quelle en serait l'issue. Que les presbytériens se défendissent avec vigueur, il était facile d'en juger aux tourbillons de fumée, qui, sans cesse déchirés par des éclairs de flamme, et roulant le long de la vallée, enveloppaient les deux partis dans leurs ombres sulfureuses. Aux abords du marais, des décharges réitérées annonçaient la persévérance de l'ennemi. L'affaire était chaudement disputée, et si elle se prolongeait, il y avait fort à craindre qu'une multitude sans discipline ne finît par plier devant l'attaque de troupes régulières , bien armées et bien commandées.

Ala fin, de cette masse confuse s'échappèrent d'abord deschevaux, reconnaissables à leurs harnais pour appartenir au régiment des gardes ; puis, çà et là, des soldats à pied qui, abandonnant leur poste, remontaient la côte, afin de se soustraire au danger. Le nombre des fuyards ne fit qu'augmenter, et le sort de la bataille se dessina de plus en plus. On vit ensuite émerger de la fumée un corps nombreux de cavaliers, marchant par échelons, en désordre, et que les officiers maintenaient avec peine , et bientôt suivi d'un second , qui jmrut aussi en pleine retraite.

La victoire était aux puritains, il n'y avait plus à en douter: Cuddie et sa mère accueillirent avec des transports d'allégresse l'espoir d'une délivrance prochaine.

« Pour le coup, l'afi'aire est dans le sac, » dit Cuddie, « ou elle n'y sera jamais.

— Ils fuient! ils fuient! » s'écria Madelon, au comble de l'enthousiasme. « Oh ! les affreux tyrans! s'en donnent-ils de galoper ! Allez. Eg)'ptiens menteurs, Assyriens farouches! allez. Philistins, Moabites,

Israélites, Iiliunôens qui.' vous ôtos! Le Seigneur a levé sur eux des plaives tninchivuts pour les douner eu pâture aux oiseaux du ciel et aux botes de la terre. Voyez, la nuée roule et le feu s'allume derrière eux ; ils précèdent les élus du Covenant, comme jadis la colonne de flamme et de fumée apparut au peuple d'Israël pour lemmeuer hors d'Egypte. Ah ! c'est nu grand jour, celui qui délivre les justes et qui répand la colère divine sur les persécuteurs et les impies !

— Au nom du ciel, la mère, » dit Cuddie, « bridez votre langue et allez vous blottir derrière le ta:> de pierres , comme ce brave révérend. Les balles ont beau être puritaines : qu'elles cassent la tête à une chanteuse de psaumes ou à uu païen de dragon, elles n'y mettent guère de différence.

— Rassure-toi, mon eufant, d dit Madelou, qui ne se possédait plus de joie depuis le triomphe de ses coreligionnaires; « il ne m'arrivcra rien. Tout eu haut du cairn, je vais , moi aussi , chanter, comme Débora, mou cantique de malédiction contre ces gentils d'Haroseth, qui, dans leur fuite rapide, ont rompu les sabots de leurs coursiers. »

La vieille fanatique, en eft'et, se disposait à grimper sur la butte pour y servir, disait-elle, de signal et de bannière à son peuple; mais Cuddie , qui avait pour elle plus d'aâ'ectiou que de respect, l'en empêcha rudement , malgré l'embarras que lui causaient ses liens.

1.1 13ou sang ! v s'écria-t-il, ce devoir filial accompli, « regardez donc là-bas, Miluwood... A-t-on jamais vu un homme se battre comme ce démon de Claverhouse ? Trois fois il s'est jeté en plein mitau , et trois fois il s'en est tiré. Mais notre tour d'être libres ne va pas tarder, je crois ; Inglis et ses soldats ne font que tourner la tête, comme s'ils préféraient la route de derrière à celle de devant. i>

Cuddie ne se trompait pas. Quand le gros des fuyards vint h passer non loin d'eux, le caporal et ses quatre hommes firent feu, au hasard, sur les rebelles lancés à la poursuite, et détalèrent avec leurs camarades. Les prisonniers étaient rendus à eux-mêmes. Morton et la vieille, qui avaient les maius libres , ne perdirent pas de temps à débarrasser Cuddie et le predicant des cordes qu'on leur avait attachées autour du corps et des bras.

Au mémo instant, l'arrière-garde arriva au pied de la butte, avec le

trouble et la précipitation qui accompagaent une retraite forcée ; elle formait encore pourtant une masse assez solide. Claverhouse venait le premier, tout couvert de sang : ses armes, son visage, ses vêtements en étaient souillés , de même que son cheval , qui chancelait de faiblesse. Evandale, au dernier rang, n'était guère en meilleur état ; il rassurait les soldats et les exhortait à se tenir ensemble. Il y avait parmi ceux-ci beaucoup de blessés, et il en tomba un ou deux avant d'atteindre le sommet.

Le zèle de Madelon s'enflamma \uie fois de plus à ce spectacle. Debout sur la lande, tête nue, cheveux au vent, elle ne ressemblait pas mal à une bacchante hors d'âge, on à une sorcière thessalienne en proie aux fureurs d'une incantation magique. Aussitôt qu'elle eut reconnu Claverliouse dans le chef des dragons en fuite, elle l'apostropha sur le ton d'une amère ironie :

« Arrête! arrête, toi qui te faisais une fête d'assister aux assemblées des saints, et qui aurais couru tous les marais d'Ecosse pour dénicher \\a conventicule! Demeure un peu, puisque ta en tiens un. Et le reste, ne veux-tu pas l'entendre? Allons, une halte pour le prêche du soir ! » Et changeant brusquement d'accent : « Malheur à toi ! » poursuivit-elle , « et puisse avoir les jarrets tranchés la créature dont la vitesse fait ta confiance! Va-t'en, toi qui as versé tant de sang et qui cherches à sauver le tien ! Va-t'en , avec ta malice, tes blasj^hèmes et ta rage meurtrière, comme un Rebsacès, uu Simi, un Doëg ! Galope aussi vite que tu voudras, l'épée est tirée et elle ne sera pas longtemps à t'atteiudre. »

Claverhouse avait, on le devine , bien autre chose à faire qu'à écouter les injures d'une matrone : il se hâta de franchir la colline, afin de mettre sa petite troupe à l'abri et de rallier autour de lui les débris du régiment.

Pendant que les derniers fuyards traversaient le plateau, le cheval d'Evandale fut frappé d'un coup de feu et tomba mort sous lui, en le blessant grièvement. Deux cavaliers rebelles, des plus ardents à la poursuite, coururent aussitôt pour l'achever, car on n'avait point fait de quartier jusque-là. A tout hasard, Henri s'élanra de son côté, pour lui sauver la vie ; en même temps qu'il cédait à un mouvement de gé-

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nérosité naturelle , il loi tardait de rendre au jeune lord le service qu'il en avait reçu dans la matinée, service qui lui avait mis l'âme à la torture.

An moment oh il aidait Evandale à se relever, survinrent les deux cavaliers.

a Mort à l'oppresseur! mort à l'iiabit rouge! » s'écria l'un d'eux, en portant au blessé un coup de sabre que Morton parvint à détourner.

<r Épargnez ce gentilhomme, » dit-il à l'assaillant, qui n'était autre que Burley;a: faites-lui quartier eu ma faveur... » Voyant que ce dernier ne l'avait pas reconnu, il ajouta : « C'est Houri Morton qui le demande, moi qui, l'autre nuit, vous ai donué asile.

— Henri Morton? » répondit Burley, en essuyant d'une main sanglante son front taché de sang, a Que t'ai-je dit? le fils de Silas Morton sortira de la terre de servitude et ne fera pas long séjour sons les tentes de Cham. Tu es un tison arraché aux flammes... Quant à cet apôtre botté de l'épiscopat, l'heure de sa mort est venue. Nous devons les passer tous au fil de l'épée depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher. Oui , c'est notre devoir de les exterminer comme des Amalécites, de détruire de fond en comble ce qui leur appartient, de n'épargner ni homme ni femme , pas même l'enfant à la mamelle !./. Ainsi donc, ne me retiens plus, » et il se tourna le bras levé contre Evandale ; « une telle œuvre ne veut pas être faite à demi. »

Mais Morton se plaça résolument entre l'officier et son agresseur, de manière à parer tous les coups qui lui seraient destinés.

« Vous ne devez pas le tuer, et vous ne le tuerez pas , » dit-il , « alors surtout qu'il est incapable de se défendre. Ce matin, il m"a sauvé la vie. Quel était mon crime ? Le secours que je vous ai prêté. Et vous demandez sa mort, la mort d'un homme réduit à un pareil état ? Non seulement ce serait une cruauté abominable à Dieu et aux hommes, mais un acte d'odieuse ingratitude envers lui et moi tout ensemble. »

Après un moment de réflexion :

d Tu es encore dans le camp des gentils , » dit Burley, « j'ai pitié de ton aveuglement et de ta faiblesse. La manne des forts n'est pas bonne pour les petits enfants, ni la suprême et écrasante mission qui

m"a fait tirer le glaive pour ceux dont le cœur habite encore des huttes d'argile, dout les pas s'embarrassent aux lacs des sympathies mortelles, et qui se drapent dans une justice semblable à un paquet de haillons. Après tout, mieux vaut gagner une âme à la vérité que d'en envoyer une à la voirie. Je fais donc quartier à ce jeune homme, pourvu que cette grâce soit ratifiée par le grand conseil de l'armée de Dieu, qui nous

a octroyé aujourd'hui une éclatante délivrance... Tu es sans armes ; attends ici que je revienne. Il me reste à poursuivre les Ismaélites et à consommer leur ruine, et j'y travaillerai tant que ces pécheurs n'auront pas entièrement j^urgé la face de la terre d'Israël, depuis Havila jusqu'à Sour. »

Pais il enleva son cheval et se remit eu chasse.

a Cuddie , » s'écria Morton, « au nom du ciel, amène-moi un cheval, et le plus vite possible ! H ne faut pas laisser lord Evaudale à la merci de ces fanatiques... »

Et se tournant vers le gentilhomme, (jui, ù moitié étourtli par sa chute, commeueait enfin à reprendre possession de liii-même, il ajouta :

« Votre Idcssnre, Milord, vous pemiettra-t-elle de continuer votre retraite ?

— Je l'espère, » répondit Evandale. a Mais ne me trompé-je point? Est-ce à M. Morton fjue je dois la vie?

— La simple humanité m'aurait dicté la même conduite : envers vous, j'acquittais un devoir sacré de reconnaissance. »

A ce moment Cuddie revint, tenant un cheval en bride.

« Pour Dieu, Milord, en selle! » dit le brave garçon. « Au galop, et tâchez d'avoir les ailes du faucon ; car le diable m'emporte ! ça tourne îi la boucherie : blessés et prisonniers, tout y passe ! »

Evaudale lunnta ;\ cheval tandis (jue l'honnête paysan lui tenait l'étrier.

« Sauve-toi, l'ami, » lui dit-il; « il pourrait t'en coûter d'avoir eu bon cœur. » iS'adressant ensuite à Henri : « Monsieur Morton, vous m'avez rendu la ]iareille, et au delà ; mais, comptez-y, je n'oublierai jamais uu si généreux service. Adieu ! »

Il fit faire volte-face à sa monture et s'éloigna comme un trait dans la direction qui semblait la moins périlleuse.

A peine était-il parti que i)lusieurs rebelles entourèrent Morton et Cuddie, en poussant des cris de mort contre les traîtres qui avaient favorisé la fuite d'un Philistin, comme ils appelaient le jeune lord.

« Que pouvions-nous faire? » s'écria Cuddie. a Comment arrêter, sans armes , un gaillard qui avait deux ])istolets et une épée? Il fallait accourir un jieu plus vite , au lieu de vous en prendre à nous. »

Une telle excuse n'aurait guère en chance d'être admise, sans la présence du révérend Prèche-à-mort, dont les transes avaient pris fin : il était connu de la plupart des rebelles, et traité avec respect, ainsi que îladelon , qui maniait non moins bien leur jargon mystique. Pour le moment, ils furent l'un et l'autre des intermédiaires ardents et précieux.

« Ne les touchez pas ! ne leur faites point de mal ! j> dit le predicant

de sa voix de basse la plus ronflante. c< Celui-ci est le fils du fameux Silas Morton , par qui le Seigneur a fait de grandes choses au temps oh ce pays fut délivré de l'épiscopat, le Verbe répandu à profusion, le Coveuant renouvelé ; ce fut un héros de ces jours de gloire , alors que, pour toucher et convertir les pécheurs, nous avions force et vertu, discipline des âmes, communion des élus, effusion abondante des parfums de l'Éden !

— Et celui-là est mon fils Caddie, » continua la vieille à son tour, « le fils de Gédéon Headrigg, qui était un brave et excellent homme, et de moi, Madelon Middlemas, indigne servante du pur Évangile et qui suis de votre peuple. N'est-il pas écrit : « Ne retranchez i)as d'entre les Lévites la race des familles de Kéhath? » Nombres, chapitre IV, verset 18. Allez donc, bonnes gens, et au lieu de chercher noise i\ d'honnêtes créatures, achevez la victoire que nous a dispensée la Providence. »

Cette troupe passa outre, mais elle fut suivie coup sur coup de \)\usieurs autres, avec lesquelles il fallut recommencer les mêmes explications.

Le révérend , qui avait retrouvé sa faconde depuis qu'il ne craignait pins rien de la monsqueterie , reprit de nouveau la tâche de médiateur. S'enhardissant à mesure que son intervention devenait nécessaire à ses anciens compagnons de captivité, il s'attribua dans la victoire une part qui n'était pas modeste. « Le sort de la bataille, disait-il en invoquant le témoignage de Morton et de Cuddie, n'avait-il pas changé du moment où il s'était, à l'exemple de Moïse, mis eu prières sur la montagne pour qu'Israël triomphât d'Amalec? n'était-ce pas à eux que revenait le mérite d'avoir soutenu en l'air ses bras devenus pesants, comme Aaron et Hor l'avaient fait pour le prophète ? » Insinuation captieuse! S'il les associait ainsi à l'honnenr qu'il réclamait pour lui-même, c'était sans doute pour ôter aux deux jeunes gens la tentation de divulguer le secret de sa défaillance et du soin par trop intéressé qu'il avait eu de sa propre personne.

Ces affirmations énergiques sur la conduite des prisonniers se répandirent rapidement, grossies outre mesure, dans les rangs de l'armée victorieuse. Chacun les répétait à sa façon ; mais le fond en était par-

tout le mètue. Lo jeniie Mortou de Milawood, fils de Silas Morton, le vaillant chatni)ion ilu Covenant, était venn, disait-on, en compagnie de Tinestimaljle révérend Prêche-à-mort et d'une vraie chrétienne, d'une piété singulière, qui le valait, au dire de plusieurs, dans Tari de développer une doctrine ou un texte de consolation on de menace ; ils arrivaient ensemble de la Marche moyenne de la Clyde, avec un renfort do cent hommes bien armés pour soutenir la bonne et vieille cause (N).

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