EPILOGUE
J'avais résoin de m'épargner la peine d'écrire un chapitre de conclasion, et de laisser au lecteur le soin d'arranger à sa guise les événements qui devaient être la conséquence nécessaire de la mort de lord Evandale.
L'expédient me semblait heureux, et le public comme l'auteur y trouverait son compte ; mais ce manquement à la règle ne laissait pas, je l'avoue, de me causer quelque perplexité. Dans cette redoutable alternative, il m'arriva, par bonheur, une invitation pour le thé de la part de miss Marthe Ducorset, jeune personne qui, depuis une quarantaine d'années, exerce, avec un éclatant succès, l'état de couturière eu robes à Gaudercleugh et autres lieux. Connaissant sou goût pour les ouvrages d'imagination, je lui envoyai celui-ci en feuilles dans la matinée, avec prière d'y jeter uu coup d'ceil et de m'éclairer de son expérience, acquise aux dépens de tous les cabinets de lecture qui existent h dix lieues à la ronde.
Le soir, en me présentant chez elle, palpitant d'émotion, je la trouvai dans une humeur des plus complimenteuses.
« Jamais roman ne m'a remué le cœur à ce point, » me dit-elle en essuyant les verres de ses lunettes, « excepté pourtant VHistoire de- Jemmij et Jenmj Jessanvj, qui, sans mentir, est le pathétique même ;; quant à votre idée de supprimer la conclusion, elle ne vaut rien. Libre à vous, dans le courant du récit, de nous agacer les nerfs tant qu'il vous plaira; mais laisser le dénouement dans un nuage, halte-là! Nous aimons à voir une éclaircie à la fin ; c'est d'une absolue nécessité.
— Rien de plus facile, Mademoiselle, que de me conformer à vos ordres, » dis-je. <t Les ijersonnages à qui vous m'avez fait l'honneur de vous iutéresser vécureut longtemps, furent très heureux, et eurent buaucoup d'eufauts. » .
Elle m'interrompit avec un geste de pruderie blessée.
« Il n'est pas besoin. Monsieur, de nous détailler leur félicité conjugale, » dit-elle. « Mais quel inconvénient y a-t-il à nous apprendre, eu termes généraux, qu'ils ont enfin rencontré le bonheur?
— Entre nous. Mademoiselle, plus l'histoire approche du dénouement, moins elle intéresse, vous ne l'ignorez i)as. Il en est de même du thé : le vôtre est excellent, eh bien! il s'affaiblira au point d'en être insipide à la dernière tasse, et ce n'est pas le délicieux morceau de sucre à moitié fondu qu'on y trouve liabituellement an fond qui lui donnera plus de saveur. Comme je vous le disais, un roman s'afi'adit déjà, en tirant vers sa fin : pourquoi l'écraser sous l'ennuyeux détail de choses que le lecteur a prévues d'avance, seraient-elles parées de toutes les fleurs de la rhétorique?
— Mauvaise raison! Votre fin n'en est pas moins mal bfitie et, passez-moi l'expression, faufilée en dépit du bon sens. S'il sortait des mains de ma dernière apprentie une pièce d'ouvrage si horriblement massacrée, je la traiterais de belle façon! Vous voilà donc averti. Rachetez votre impardonnable erreur en nous parlant du mariage des deux amants et de ce qu'il advint des autres i)ersouuages , depuis lady Marguerite jusqu'à Gibby les Oies, ou voias passerez pour n'avoir pas rempli votre tâche avec honneur.
— Fort bien, Mademoiselle. Les matériaux ne me manquent pas, et je me flatte de satisfaire votre curiosité, à moins qu'elle ne descende à <les bagatelles.
— Premièrement donc, — car c'est là le plus essentiel, — lady Marguerite rentra-t-elle en possession de ses biens et de son château?
— Oui, Mademoiselle, et le plus simplement du monde, c'est-à-dire comme héritière de son digne cousin 13asilc Olifant, mort intestat ; et ce fut ainsi que, lui trépassé, il restitua, après l'avoir sensiblement augmentée, la fortune de celle que, sa vie durant, il avait harcelée avec la malice la plus noire.
« Bonvin, investi à nouveau de la charge de sommelier, fit pins l'important que jamais.
« Ce fnt un jour d'allégresse inexprimable que celui où Cuddie rentra dans son ancienne chaumière en qualité de laboureur des champs de Tillietudlem. Mais notre matois, toujours prudent, ne se vanta à personne d'avoir tiré l'iieureux coup de fusil qui avait, au serviteur et à la
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maîtresse, rendu leurs foyers liéréditaires. a Après tout, » dit-il à Jenny, I'miique coufuleute de son exploit, « le vieil Olifant était le cousin de Milady, et un gros monsieur. Pour ce que j'en sais, il a iij,'i contre la loi, autrement il aurait montré sou maudat ou sommé lord Evaudale de se rendre. Quoique je me soucie autant d'avoir troué sa peau que celle d"uu coq de bruyère, le plus sûr en attendant est de n'en pas ouvrir la bouche. » Loin de s'en tenir là, il eut l'idée assez ingénieuse d'accréditer un bruit qui mettait le coup au comi)te de Bonvin ; cette honnête supercherie lui valut mainte rasade d'eau-de-vie de la part du sommelier, qui, au rebours de l'avisé campagnard, avait moins de penchant à taire qu'à exagérer ses prouesses.
« Bessie Maclure, la vieille aveugle, fut récompensée selon ses mérites, et l'on n'oublia pas la fillette qui savait si bien le chemin de la cascade.
— Mais le mariage? » s'écria l'impatiente demoiselle eu frappant à petits coups sur sa tabatière, k Tout cela n'a aucun rapport avec le mariage de nos amoureux.
— Il fut retardé de plusieurs mois, car la mort de lord Evaudale les plongea l'un et l'autre dans un long deuil; cependant ils finirent par se marier.
— J'espère, Monsieur, qu'ils eurent le consentement de lady Marguerite? J'aime les livres qui enseignent aux jeunes personnes à s'acquitter envers leurs parents des devoirs de bienséance. Dans un roman, elles peuvent s'éprendre d'amour sans leur aveu, parce que c'est une des nécessités de l'intrigue ; mais au dénouement il ne leur est pas permis de s'en passer. Voyez le vieux Delville : il se résigne à accepter pour bru Cecilia, malgré l'obscurité de sa naissance.
— Ainsi fit notre douairière, quoiqu'elle eiit de la peine à pardonner à son gendre d'avoir eu pour père un défenseur du Covenant. Edith était la dernière de ses affections , et elle désirait de la voir heureuse. D'autre part, Morton, ou plutôt Melville-Morton, comme on l'appelait généralement, tenait une haute place dans les suffrages du monde, et, pour le reste, c'était un parti avantageux. A la fin. mettant de côté ses préventions, elle se consola en songeant que les mariages sont écrits ià-haut, réflexion qu'elle avait recueillie de la bouche même de Sa très
sacrée Majesté Charles II d'heureuse mémoire, au moment où il regardait le portrait de Fergus, troisième comte de Torwood, le plus bel homme de son temps, et celui de Jeanne, sa seconde femme, qui était borgue et bossue. « Oui, disait-elle, ainsi s'exprima Sa Majesté, dans la matinée mémorable où elle daigna accepter à déjeuner...
— Oh! dès lors qu'elle couvrait la mésalliance d'une telle autorité, il n'j' avait plus rien à dire... Et la vieille gouvernante, mistress Chose, que devint-elle?
— Mistress Wilson ? Elle fut peut-être la plus heureuse de la compagnie. Une fois l'an, pas davantage, M. et M""^ Melville-Morton dînaient en cérémonie dans le grand salon aux lambris de chêne, les tapisseries déroulées, le tapis par terre, l'énorme chandelier de bronze sur la table, et des guirlandes de laurier tout autour. Alison consacrait six mois aux préparatifs de cette solennité et six autres mois à tout remettre en place, de sorte qu'il suffisait d'un seul jour de fête pour l'occaper toute l'année.
— Et Niel Blane?
— Celui-là vécut jusqu'à un âge avancé, buvant bière et eau-devie avec les gens de tonte croyance, jouant des airs politiques suivant le goi\t de ses hôtes, et il était en mourant si cousu de pistoles que Jenny épousa un propriétaire de campagne. J'espère, Mademoiselle. que votre interrogatoire est terminé; car vraiment...
— Mais Gibbie les Oies, Monsieur, ce malheureux dont l'intervention fut si grosse de conséquences pour vos personnages ?
— Ah! chère demoiselle, — pardon de la familiarité! — arrêtezvous de grâce : la mémoire de Scheherazade elle-même, cette reine immortelle des faiseurs d'histoires, serait eu défaut sur tant d'infimes détails. Quel fut le sort de Giliby les Oies? Je n'eu sais trop rien, pourtant s'il est le même qu'un certain Gilbert Dndden, autrement dit Gibby les Vaches, et j'ai des raisons de le croire, il fut fouetté eu place d' Hamilton pour avoir volé des poules. »
Mon aimable hôtesse allongea son pied gauche sur le garde-feu, •croisa la jambe droite sur son genou, se renversa en arrière dans sou fauteuil, et tint les yeux fixés an plancher. Eu la voyant prendre cette attitude méditative, j'en conclus qu'elle s'apprêtait à me faire subir un
LKS PURITAINS D'ECOSSE.
supplément d'enquCte, et, m'emparant de mon chapeau, je lui souhaitai le bonsoir, avant que le démon de la critique lai eût forgé de nouvelles armes.
Di! la même manière, aimable lecteur, eu te remerciant de la patience qui fa conduit jusqu'ici, je prends la liljcrté de (juitter la partie pour le moment.
Titre. — Les Puritains d'Ecosse (Old Mortality).
[En publiant cet ouvrage à la fin de 1816, Walter Scott lui donna le titre à'Old J/w/rt/î7y (Vieillard de la mort, ou Vieillard des tombeaux), sm'nom d'un fervent puritain du siècle dernier, qui s'était donné pour mission d'entretenir et de réparer les tombes de ses coreligionnaires. La façon dont il fit connaissance avec ce singulier personnage remplit le chapitre I". Comme cet épisode n'a qu'un rapport indirect avec l'œuvre même, nous l'en avons détaché, à l'exemple du reste des éditeurs anglais contemporains, pour le reporter à cette place, en nous bornant à en traduire les parties saillantes. — Note du trad.]
Un soir d'été, dans une de mes promenades, je m'approchais du cimetière de Gaudercleugh, depuis longtemps abandonné, lorsque je fus assez surpris d'entendre sortir de cette solitude autre chose que le murmure des eaux ou les plaintes du vent à travers un bouquet de frênes. Le bruit qui frappait mon oreille était celui d'un marteau. Un moment, je craignis que les deux propriétaires riverains ne fussent enfin tombés d'accord pour mettre à exécution leur projet de substituer aux gracieux détours de mon ruisseau fiivori un fossé tiré au cordeau.
Quelques pas de plus , et je fus agréablement détrompé.
Un vieillard était assis sur le monument élevé à la mémoire des presbytériens tués sur le lieu même après la bataille de Pentland. Un ciseau à la main, il s'occupait activement à dégager les caractères de l'inscription, qui annonçait, en style bibhque, les bénédictions promises aux victimes et les châtiments réservés aux meurtriers. Le pieux ouvrier portait une large toque bleue, d'où s'échappaient des mèches de cheveux blancs, une casaque de futaine grise, comme les paysans en avaient jadis, avec la veste et la culotte de même étoffe ; le tout attestait un long service. De lourds souliers ferrés et des houseaux en gros drap noir complétaient sou accoutrement. A ses côtés paissait, au milieu des tombeaux, son compagnon de voyage, un bidet, dont
le poil entièrement blanc, les os en saillie, les yeux caves indiquaient l'extiéme vieillesse. Son hiiriiachement, des plus primitifs, consistait en un licou de crin et un coussin de paille, en place de bride et de selle; une besace en toile pendait au cou de l'animal, sans doute pour renfeiiner les outils du maître et le reste de son bagaj^e.
C'était la première fois que je rencontrais ce vieillard. Néanmoins, à la sinjrularité de son travail et à son étrange équipage, je n'eus jias de peine à le reconnaître : j'avais souvent ouï parler de lui , et il était connu dans dilTércntes parties de l'Ecosse sous le nomd'OW MorUiUtij (Vieillard des tombeaux). D'après l'opmiou poitulaire, il était natif du comté de Dumfries, et descendait de quelqu'un de ces défenseurs du Covenant, dont il se plaisait à raconter les exploits et les souffrances. On disait qu'autrefois il avait possédé une petite ferme dans les landes; des pertes d'argent ou des malheurs domestiques l'obligèrent à l'abandonner et il renonça en même temps à toute espèce de métier salarié. Pour employer le langage de l'Ecriture, il quitta sa maison, sa famille, ses amis, et mena une vie errante jusqu'à l'heure de sa mort, c'est-à-dire durant une (luarantainc d'années.
Pendant ce long pèlerinage, notre pieux enthonsia-ste régla ses courses du manière à visiter, chaijue année, une partie des tombeaux des infortunés presbytériens qui axaient péri dans les combats ou par la maiu du bourreau sous le l'ègne des deux derniers Stuarts. Dans les comtés d'Ayr, de Galloway et de Dumfries, les districts occidentaux en contiennent un grand nombre; maison en trouve également dans les autres parties de l'Ecosse. Les tombes sont souvent éloignées de toute habitation hmnaine, et éparpillées dans les landes et les solitudes les plus sauvages où les fugitifs allaient chercher un asile. Partout où elles existaient, le vieillard ne manquait jamais de les visiter lorsque sa tournée annuelle l'amenait dans leurs parages, nu fond des retraites les plus solitaires de la montagne, le chasseur fut l)lus d'une fois surpris de le voir occupé à nettoyer les dalles funéraires de la mousse qui les avait envahies, à rétablir avec son ciseau les inscriptions à demi effacées, et à réparer les emblèmes de deuil dont ces simples monuments sont ornés.
Une piété sincère, quoique bizarre, porta le vieillard à consacrer plus de la moitié de sa vie à rendre cet hommage aux champions de la liberté de conscience. En faisant revi\Te aux yeux de la postérité les témoignages déchus du zèle et des malheurs de nos ancêtres, il croyait remplir un devoir sacré ; c'était, pour ainsi dire, perpétuer la flamme du divin phare qui devait inviter les générations nouvelles à défendre leur foi même au prix de leur sang.
Dans tous ses voyages, le vieux jK-Ieriii n'avait jamais recours à l'assistance pécuniaire, et il n'en acceptait jamais. Ses besoins , il est vrai, étaient très bornés; car, de quelque côté qu'il dirigeât ses pas, il trouvait l'hospitalité
chez un de ses coreligionnaires, les caméroniens, ou sous le toit d'une personne pieuse. Cet accueil, il ne manquait pas de le reconnaître en réparant, s'il y avait lieu, les tombes de la famille ou des ancêtres de son hôte. Comme on le rencontrait d'ordinaire dans l'enceinte de quelque cimetière de campagne ou près d'une tombe perdue au milieu des landes , troublant du bruit de son marteau le pluvier et le coq de bruyère , avec son poney tout blanc à ses côtés , cette habitude de vivre parmi les morts lui avait fait donner le sobriquet populaire de Vieillard des tombeaux.
Le caractère d'un pareil homme devait peu se prêter à la gaieté, même la plus innocente; cependant il passait, parmi ceux de sa secte, pour avoir été d'une humeur enjouée. Les descendants des persécuteurs, ceux qu'il soupçonnait d'avoir les mêmes principes, les esprits forts qui parfois ne lui ménageaient pas la raillerie, il les traitait crûment de race de vipères. Dans ses entretiens il était grave, sentencieux, quelque peu rigoriste. Jamais, à ce qu'on rapporte, on ne le vit s'abandonner à de violents accès de colère, si ce n'est un jour où un petit poli.sson s'avisa de mutiler, d'un coup de pierre, le nez d'un chérubin que le vieil amateur était en train de réparer.
En accostant le Vieillard des tombeaux, je ne faillis pas à rendre hommage à son âge et à ses idées , après m'être excusé de l'inteiTompre dans son travail. Il mit de côté son ciseau, ôta ses lunettes, les essuya, les replaça sur son nez, et répondit cordialement à mes politesses.
Encouragé par son affabilité, je me hasardai à le questionne!' au sujet des martyrs dont il réparait les monuments. Parler des exploits des covenantaires et entretenir leurs dernières demeures, c'était le plaisir et l'occupation de sa vie. Lorsqu'il s'agissait de communiquer tout ce qu'il avait appris de leurs personnes, de leurs combats et de leurs tribulations, il ne tarissait pas. On aurait pu croire qu'il avait été leur contemporain et qu'il avait joué un rôle dans tous ses récits, tant il avait identifié ses sentiments avec les leurs, tant ses paroles avaient la précision d'un témoin oculaire!
« Oui, » disait-il d'un ton inspiré, k les seuls vrais amis de la liberté, les seuls wMijs, c'est nous! Des hommes charnels, attachés à celui dont le royaume est de ce monde, ont usurpé ce titre glorieux. Lequel d'entre eux consentirait à rester six heures durant assis sur la pente humide d'un coteau pour entendi-e la parole divine ? Au bout d'une heure ils en auraient assez. Ils ne valent pas une fois mieux que ceux qui n'ont pas honte de s'aft'ubler du nom de tories, ces sanguinaires oppresseurs. Aussi égoïstes les uns que les autres, ils courent après la fortune, le pouvoir, les honneurs du monde; ils oublient tout ce qu'ont fait et enduré les hommes forts qui étaient sur la brèche au grand jour de la colère céleste. »
Comme j'évitai d'aller à l'encontre de ses opinions personnelles, son exaltation se calma. Désireux toutefois de prolonger l'entretien avec un person-
nage si original, je lui persuadai d'accepter l'hospitalité qu'un maître d'école des onvirous, il. Jedcdiali Cleisbotham, met toujours au service de quiconfjue en a besoin.
Chemin faisant, nous nous arrêtâmes à l'auberge des Armes de Wallace, où j'étais pres(|ue sûr de trouver alors mon patron. Après un échange de civilité.», le vieillard consentit, non sans quelque peine, à prendre un verre de lifpieur, à condition qu'il porterait une santé lui-même : il commen(;u par débiter une action de grâces qui dura cinq minutes, ôta ensuite .son bonnet, et, levant les yeux au ciel, Imt à la mémoire de ces héros de l'Église qui, les premiers, avaient déployé sa bannière sur les montagnes. Aucune instance ne put le décider à pousser plus loin ses libations. Mon patron le conduisit chez lui et l'installa dans la chambre du prophète, ainsi (ju'il se plaît à désigner la pièce réservée au repos du pauvre voyageur.
Le lendemain, je pris congé du Vieillard des tombeaux, qui parut touché de l'attention fervente avec hiquclle j'avais cultivé sa connai.s.sance et écouté sa conversation.
Après avoir monté assez péniblement sur le poney, il me prit la main et fit ce discours en manière d'adieu :
« Que la liénédiction du Tout-Puissant soit avec vous, jeune liomme ! JIcs heures ressemblent aux épis de la moisson dernière, et vos jours sont encore dans leur printemps. Et pourtant il se peut que vous soyez porté iivant moi dans les greniers de la mort , car sa faux moissonne l'épi vert aussi bien que l'épi miîr, et il y a sur vos jours une couleur qui, comme celle de la rose, ne sert souvent qu'à cacher le ver de la dissolution. Travaillez donc à l'exemple de celui qui attend l'arrivée de son maître. S'il est dans ma destinée de revenir dans ce village après la fin de votre voyage ici-bas, ces vieilles mains graveraient votre nom sur la pierre afin qu'il ne soit pas effacé de la mémoire des hommes. »
Je remerciai le vieillard de ses bienveillantes intentions à mon égard, et uu soupir involontaire m'échappa, moins de regret que de résignation, en songeant à la possibilité d'avoir bientôt besoin de ses bons oflBces. Quant à lui, il avait trop présumé de la durée de son pèlerinage terrestre. Vers le commencement de ce siècle, la mort vint mettre un terme à sa pieuse mission : il fut rencontré sur la grand'route de Lockcrby, dans le comté de Dumfries, épuisé de fatigue et presque mourant, à côté du poney, le compagnon inséparable de ses courses. On trouva sur lui une somme d'argent suffisante pour l'enterrer décemment , ce qui prouve que sa fin n'eût pour cause ni la violence ni la misère.
Le peuple a encore pour sa mémoire une vénération profonde. Beaucoup de gens sont même convaincus que les pierres qu'il répara seront désormais à l'abri des ravages du temps. A les en croire, dans les inscriptions funéraires
qui rappellent les supplices des martyrs de la foi, les noms de ceux-ci sont tracés en caractères indélébiles, tandis que ceux de leurs persécuteurs se dégradent d'eux-mêmes.
[Dans une édition postérieure de ce roman, W. Scott a donné sur le personnage ôi'Old MortalUij des détails circonstanciés. En voici le résumé :]
Celui qu'on avait surnommé le Vieillard des tombeaux s'appelait en «réalité Robert Paterson, et naquit en 171.5 sur la paroisse d' Hawick (comté de Eoxburghe). Après s'être marié, il obtint, du duc de QueensbeiTj, le bail d'une carrière de pierres de taille.
La secte religieuse des caméroniens était alors célèbre par l'austérité de ses pratiques. Xotre liomme en embrassa les principes avec enthousiasme. 11 fit de nombreux voyages dans le comté de Galloway pour assister à leurs conventicules , et il lui arrivait quelquefois d'y transporter de sa carrière des pierres sépulcrales , afin de les consacrer à la mémoire des justes.
A mesure que son exaltation s'accrut , ses voyages devinrent plus fréquents, au point de lui faire négliger le devoir imposé à un père de subvenir aux besoins de sa famille. Vers 1758, il cessa tout à fait de revenir du Galloway près de sa femme et de ses cinq enfants ; les démarches tentées auprès de lui 'ne le firent pas changer de résolution. Réparer les anciennes pierres sépulcrales et en ériger de nouvelles, telle fut la seule occupation que l'on connut à ce bizarre personnage pendant plus de quarante ans. Il est facile de distinguer son travail de celui de tout autre artiste par la sculpture grossière des emblèmes de la mort et des inscriptions qui ornent les pierres mal taillées élevées par lui.
Rien ne fut capable de le faire renoncer à sa vie errante. Il continua à voyager de cimetière en cimetière, monta sur son vieux bidet jusqu'au dernier jour de son existence, et mourut à Bankhill, près de Lockerby, le 14 février 1801, dans la quatre-vingt-sixième année de son âge.
A, page 3. ^ Le tir du 'papegai.
La fête du papegai ou du perroquet était naguère célébrée dans quelques villages de l'Ecosse. [Cet exercice d'adresse, pratiqué jusqu'aux premières années de ce siècle, en France, en Espagne, en Italie, en Belgique, remontait à des temps très anciens; on tirait d'abord l'oiseau de bois à coups de flèche ; puis l'arc fit place à l'arbalète, à l'arquebuse et au fusil. Après s'être conservé quelque temps sur les champs de foire, il s'est transformé dans le jeu tout aristocratique du moderne tir aux j>igeons. — Note du trad.]
B, page 16. — Le Covenant.
[Au propre, covenant s,\gn\?it contrat, convention. En l'applii^uant aux relations
de Dieu et des hommes , k'S théologiens anglais ont étendu le Bens du mot. Dieu, dans sa toute-puissance, est regardé comme exigeant de ses crciitures certaines conditions auxquelles elles no peuvent se soustraire ; mais leur adhésion donne au rapport (pii s'établit entre les parties contractantes la nature d"uu covenant. De la sorte, on a dit que Dieu avait fait deux covenants : avec Adam, il s'engagea à dispenser la vie et le bonheur aux hommes sous condition d'obéissance absolue; c'est le covenant des œuvres; avec Jésus- Christ, il leur promit le salut, ne leur demandant en retour que de croire au rédempteur ; c'est le covenant de la grâce.
Dans l'histoire politique, fow/;rt«/ prend le Rvw^A'union, d'alliance. Lorsque le roi Charles I" résolut de rapprocher le culte anglican des formes du catholicisme, et d'imposer ce culte, ainsi réformé, aux royaumes d'Angleterre et d'I'À-osse, il souleva contre lui ce dernier pays tout entier. Nobles, prêtres et bourgeois s'assemblèrent à Edimbourg, et y signèrent, le 28 février 1638, sous le nom de Covenant, un acte d'union nationale jiour la défense de la religion presbytérienne. La gueiTe s'ensuivit. Les Ecossiiis, victorieux k Newca-stle, trouvèrent un allié dans le parlement anglais, qui venait d'entrer en lutte avec le pouvoir royal. Ils s'empressèrent de conclure avec lui un traité d'alliance sous le nom du Solemn leaijue and covenant (17 août 1643). La mort de Charles P' mit fin au règne des presliytériens en Angleterre et à l'alliance des Anglais avec les Ecossais. Ceux-ci se crurent indignement trompés par leurs anciens amis; et joignant à ce dépit une secrète aft'ection nationale pour les Stuarts, leurs compatriotes, ils se rapprochèrent de cette famille. Dans l'espoir de remonter sur le trône, Charles H, alors prétendant, signa le Covenant (1650), et se fit battre à Worcester. Cromwell traita l'Ecosse en province conquise. Aussi la restauration de Charles II y fut-elle accueillie avec une joie universelle. Se croyant dégagé de toute obligation envers les presbytériens, ce prince fit lacérer le Covenant sur la grand'place d'Edimbourg (1660). Des évêques furent imposés , et exigèrent de tous les ministres du culte le serment d'obéissance à leurs ordres, l'abjuration du Covenant, et l'aveu de l'autorité absolue du roi en matière ecclésiastique. La dureté des mesures prises contre les réfractaires amena un premier soulèvement, qui se termina par la victoire des royalistes à Pentland-hills ; quant au second, qui éclata en mai 1679, il fait précisément le sujet de ce roman.]
C, page 52. — Francis Stuart, comte de Bothicell.
L'histoire de ce noble turbulent occupe une place importante sous le règne de Jacques VI d'Ecosse, premier du nom en Angleterre. Après avoir été gracié plusieurs fois pour des actes de rébellion , il fiit à la fin obligé de passer sur le
continent, où il mourut misérable. Francis Stuart, fils du comte exilé, servit comme simple soldat dans l'armée royale lors des gueiTcs civiles, et devint carde du corps sous Charles II. — Le caractère du sergent Bothwell est, sauf le nom, tout à fait idéal.
D, page 82. — L' archevêque Sliarpe.
[James Sharpe fut nommé, en 1661, archevêque de Saint-André et primat d'Ecosse. Il se montra dur et tyrannique envers le clergé presbytérien, ce qui lui attira une impopularité générale. Un predicant lui tira, sans l'atteindre, un coup de pistolet, dans une rue d'Edimbourg, et aucun des assistants ne fit effort pour arrêter l'assassin. Comme il revenait de Londi'es, il fut massacré près de sa ville épiscopale, le 3 mai 1679. Le chef de la bande des meurtriers était d'abord David Hackston de Rathillet, mais, sur son refus, le commandement fut donné à son beau-frère, John de Kinloch, dit Burley : c'était un petit homme aux yeus louches et à l'aspect sauvage, d'un cœur honnête et brave soldat.]
E, page 64. — Uti engin d'une nouvelle espèce.
Il est question des machines employées par les femmes pour vanner le grain, qui ne reçurent leur forme actuelle que vers 1730. L'usage en fut d'abord rejeté par les plus rigides sectaires, d'après le motif que Madelon développe dans le texte.
F, page 75; — Vieux usages.
L'usage de tenir la porte d'une maison ou d'un château fermée durant le temps du repas vint sans doute de ce que, toute la famille étant rassemblée dans la salle à manger, on pouvait craindre une surprise ou une attaque du dehors. Quand la paix se rétablit dans le pays, l'ixsage continua d'être observé comme un point d'étiquette.
G, page 85. — Le serment du test.
[On appelle ainsi, du mot tesf, épreuve, une loi rendue en 1673 à l'effet d'interdire aux catholiques l'accès des fonctions publiques. Outre le serment d'allégeance et de suprématie, tout ofiicier, civil ou militaire, était tenu de déclarer qu'il ne croyait pas à la transsubstantiation, c'est-à-dire à la pré-
sence de Jésus-Christ dans lo pain et le vin de l'Eucharistie, sous peine d'incapacité légale et d'une amende considérable. C'est par excès de pouvoir que le sergent Bothwell impose à des presbytériens le serment du test. ]
H, paire 98. — Gare au clieval de lois!
Jlonter le cheval de bois était, sous Charles II et même longtemps après, un des moyens les plus cruels auxquels avait recours la discipline militaire. Un engin de cette espèce était placé devant l'ancien corps de garde de la Grande rue (fh'ffk-strerl) à Edimbourg; pour la moindre offense, un vieux soldat pouvait être condamné à l'enfourcher, avec un lourd mousquet à chaque pied.
I, page 109. — On usait duplaidpour se voiler la figure.
Le déguisement d'un individu, soit en public, soit dans une société nombreuse, était alors une chose fort ordinaire. Eu Angleterre, où l'on ne portait pas de plaids, les dames se servaient de masques, et les jeunes galants jetaient le pan de leur manteau sur l'épaule gauche, de manière à dissimuler en partie leurs traits.
J, page 127. — Romans du XVII' siècle.
[A cette époque où la langue française était comprise, sinon parlée, dans les rangs de la haute société d'Angleterre et d'Ecosse, les ouvrages de la Calprenèdc, de d'Urfé, de Georges et Madeleine de Scudery avaient de nombreux lecteurs, car, nous ne sachons pas qu'il en ait été fait des traductions. A l'exceptiûu de deux ou trois auteurs des plus médiocres, le roman ne fut cultivé avec succès au-delà de la Manche que dans le siècle suivant, par Defoe d'abord, puis par Swift, Kichardson et Fielding.]
K, page 128. — Le château de Tillietudlem.
Ce château n'existe point; mais celui de Craignethan, qui est en ruines, a beaucoup de ressemblance avec la description ci-dessus.
L, page 176. — Lciisaumc LXXVI.
[Nous avons emprunté à la traduction de Clément Marot et de Théodore de Bèze, adoptée par les calvinistes, les strophes de ce psaume ainsi que celle du psaume XXIV, citée page 276.]
M, page 194. — Claverhouse.
Cet homme remarquable unissait les qualités les plus incompatibles en apparence : le courage et la cruauté, le dévouement à son maître et un mépris absolu des droits de ses concitoyens. Il se fit l'instrument peu scrupuleux du conseil privé d'Ecosse et l'exécuteur des impitoyables rigueurs du gouvernement sous les règnes de Charles II et de Jacques II. ]\Iais il racheta en quelque sorte son passé par le zèle avec lequel il défendit la cause du dernier monarque après la révolution, par le talent militaire dont il fit preuve à la bataille de KiUiecrankie , et enfin par sa mort dans les bras de la victone. Telle était la terreiu- qu'il inspii'ait; aux covenantaires qu'ils allaient jusqu'à croire qu'il avait obtenu du diable un charme pour se rendre invulnérable [John Grahame de Claverhouse, né en 1643, appartenait à la famille du célèbre Montrose. Après avoir fait l'apprentissage des armes au service de la France et des Pays-Bas, il revint en Ecosse (1678), et y fut mis à la tête d'un corps de dragons, devenu tristement fameux par ses persécutions contre les puritains. A Drumclog, Claverhouse, battu, perdit une quarantaine d'hommes; au pont de Bothwell , il prit une sanglante revanche, puisqu'on rapporte que plus de quatre cents rebelles furent massacrés par ses ordres. A la veille de la révolution (1688), il fut élevé à la pairie avec le titre de vicomte de Dundee. Il était alors major général. Il périt d'un coup de feu à la bataille de KiUiecrankie (27 juin 1689), qu'il venait de gagner sur les troupes royales commandées par le général Mackay.]
K, page 206. — Le combat de Drumclog.
Cette afiTaire, dite aussi combat du mont Loudon, se passa à peu près comme il est rapporté dans le texte. Claverhouse perdit une quarantaine d'hommes. Le chef des presbytériens, ou plutôt des covenantaires, était Robert Hamilton, un jeune homme de la plus belle espérance. D'après une lettre même de Claverhouse, adi'essée le soir même au général en chef des forces royales, le. comte de Linlithgow, l'armée rebelle consistait en quatre bataillons d'infanterie armés de mousquets et de fourclies , et en trois escadrons de cavalerie. Le premier choc renversa un cornette et un capitaine. « D'un coup de fourclie, dit-il, ils ouvrirent le ventre de mon cheval ; ses entrailles pendaient de plus d'une demi-aune hors de sa blessure, et cependant il me porta encore près d'un quart de lieue. » Cet événement décoiu'agea les soldats à tel point qu'ils se débandèrent. [Drumclog est situé à deux Heues environs à l'ouest de la petite ville de Strathaven.]
0 , ])aj;e 204. — Une dévotion fanatique.
Les querelles qui divisèrent la petite arm(!'e de rebelles avaient uniquement pour cause ce point de contestation : « Faut-il reconnaître les droits et l'autorité du roi ? Les presbytériens qui ont pris les armes doivent-il.s se contenter du libre exercice de leur foi ou exiger le rétablissement du presbytérianisme arec le pouvoir de prédominer sur toute autre espèce de culte ? » Les nobles campagnards qui se joignirent en petit nombre ;i rinsurrection, ainsi que la majorité du clergé, étaient d'avis de restreindre les demandes à ce qu'il était possilile d'obtenir. Ceux qui partageaient ces vues modérées avaient reçu des plus ardents dévots le surnom à'crasticns. [Quant aux caméroiiiens, ou discij)les de Richard Cameron, ils composaient le i)arti extrême de l'église réformée, non seulement ils repoussaient toute ingérence de l'autorité laïque dans les affaires religieuses, mais ils tenaient comme article de foi à, l'exécution pleine et entière du Covenant, et en politique ils inclinaient vers la république.]
P, page 2'JC. — Le duc de Monmouth.
[Jacques, duc de Monmouth, était le fils naturel de Charles II et d'une jeune et charmante galloise nommée Lucie Walters. Les Mémoires de Grammont offrent une brillante esquisse de son caractère et de ses qualités extérieures : « Sa figure et les grâces de sa pereonne étaient telles, que la nature n'a peut-être jamais rien formé de plus accompli. Son visage était tout charmant : rien de fade, rien d'efféminé ; cependant chaque trait avait son agrément et sa délicatesse particulière, f ne disposition merveilleuse pour toutes sortes d'exercices, un abord attrayant, un air de grandeur, enfin tous les avantages du corps parlaient pour lui; mais son esprit ne disait pas un petit mot en sa faveur. Il n'avait de sentiments que ce qu'on lui en inspirait. » On sait comment, entraîné par des conseils pernicieux à se soulever contre Jacques II, il fut battu à Sedgeinoor. et condamné par son oncle, qui resta sourd à son repentir, à porter sa tête sur l'échafaud, le 2.ï juillet 1G85. Dans l'opinion populaire, il fut regardé comme un martyr de la religion protestante.]
Q, page 33^i. — Le yètiéral Dahell et Je combat du pont de Bothtcell.
[Ce qu'on a nommé pompeusement la bataille du pont de Bothwell ne fut tout au plus qu'une écliauffourée. Elle fut livrée le 22 juin 1G79, dans les conditions mêmes qu'a rapportées l'auteur. Trois cents hommes postés sur le pont, sous la conduite d'Hackston de Rathillet, de Burley et d'autres, firent
XOTES.
une vigoureuse résistance ; mais une charge à fond des royalistes les délogea au bout d'une demi-heure, et dès lors le reste des rebelles s'enfuit ou posa les armes. Les dragons de Claverhouse en massacrèrent quatre cents. La plupart des chefs parvinrent à se réfugier en Hollande. — Thomas Dalzell y joua le rôle d'un fanatique. Dans l'interrogatoire d'un des prisonniei's jugés à Edimbourg, il le frappa si violemment du pommeau de son épée que le sang jaillit. Ce farouche soldat a été peint au naturel.]
R, page 383. — Entrée des troupes royales à Edimbourg.
David Hackston de Rathillet, qui fut blessé et pris, le 20 juillet 1680, dans un conventicule de puritains tenu à Aird's Moss, fut envoyé à Edimbourg. D'après l'ordre du conseil, il fut reçu, en manière de dérision, par les magistrats à l'une des portes de la ville, et placé à cru sur un cheval, la tête du côté de la queue. Trois de ses compagnons furent attachés à une barre de fer armée d'aiguillons. C'est dans cet état qu'on les promena dans les rues, en portant devant eus, au bout de hallebardes, la tète et les mains de Richard Cameron , qui avait trouvé la mort dans la même affiiire.
S, page 477. — Retraites des covenantm'res.
Les cruautés exercées par les persécuteurs obligèrent souvent leurs victimes à se cacher dans les cavernes et les souterrains : les malheureux religionnaires n'y avaient pa.s seulement à combattre les dangers réels de l'humidité, des ténèbres et de la famine, mais leur imagination troublée devait lutter encore contre les puissances infernales par lesquels on supposait que ces liens se trouvaient habités.
T, page 49.i. — Balfour de fiurhy.
Le retour en Ecosse de .John Ralfour de Ivinloch, appelé Burleij, ausM bien que sa mort violente et la manière dont elle est décrite, sont des faits entièrement imaginaires. Il fut, en effet, blessé au combat de Bothwell, et prononça l'imprécation que nous avons rapportée, bien qu'elle soit peu d'accord avec ses prétentions religieuses. Puis il passa dans les Pays-Bas, où il trouva un asile comme les autres fugitifs de cette époque. Il obtint du prince d'Orange « la liberté de travailler à la cause du Seigneiu', > suivant l'expression d'un liiographe, et périt sur mer avant d'arriver en Écos!<e.