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CARACTÈRES PHYSIQUES

Cette exagération du contenu de l'abdomen entraine des conséquences anatomiques qui ont aussi attiré l'attention de tous les observateurs. La poitrine, relativement étroite et aplatie dans le haut, se dilate en bas pour enfermer cette énorme panse. D'autre part, la saillie de l’abdomen exige, pour le maintien de l'équilibre, que le bas de l’épine dorsale se porte également en avant. De là résulte, chez les Akkas, l’ensellure remarquable qui a fait com-

parer à un S la courbe décrite par l'épine dorsure:

Mais il est évident que le développement anormal de l’abdomen n'est pas chez, les Akkas, un véritable caractère de race, et qu’iltient en grande

1 Cette conformation a donné naissance à une singulière méprise, qui a entrainé bien des discussions. Dans une communication faite a l'Institut égyptien (séance du 5 décembre 1873), Schweinfurth avait comparé la courbure de la colonne vertébrale à un C. L'’éminent voyageur n'avait évidemment voulu parler que de la portion inférieure de cette colonne, et entendait bien que la concavité du € était placée en arrière. Mais, sous l'influence d'idées préconçues et dans l'espoir de trouver chez les Akkas ce chaïnon entre l’homme et les singes, après lequel on court depuis si longtemps, quelques esprits aventureux admirent qu’il s'agissait de la colonne vertébrale entière, que la concavité du C était tournée en avant, et que, par conséquent, les Akkas ressemblaient, sous ce rapport, aux singes anthropomorphes. Avant même d’avoir vu les photographies, avais combattu, à la Société d'anthropologie et ailleurs (loc. cit., p. 159), cette interprétation incompatible avec le mode de locomotion de l'homme et avec l’agilité que tous les renseignements attribuaient aux Akkas. Broca (loc. cit., p. 284) aussi bien que MM. Mantegazza et Zannetti (loc. cif., p. 148) ont, plus tard, développé les mêmes arguments à l’appui de l'opinion qui nous est commune et que justifient toutes les données aujourd'hui acquises.

partie à leur genre de vie, à la qualité de leur nourriture, peut-être aussi aux conditions générales de leur habitat. Ce fait résulte des observations du compte Miniscalchi, qui a vu, au bout de quelques semaines, sous l'influence d’un regime sain. et régulier, « le développement excessif de l’abdomen disparaître et la colonne vertébrale reprendre: son état normal ». Le même changement s’est:

effectue chez Saïda.

Pour terminer ce portrait physique des Akkas,. il reste à parler des membres. Les supérieurs sont. longs et termiués par des mains d’une extrême: finesse *. (Schweinfurth.) Les inférieurs sont courts. relativement au tronc et légèrement courbés en dedans. Les pieds aussi sont tournés, dans le même sens, plus que ceux des autres Africains.

Les femmes akkas paraissent ressembler beaucoup à leurs maris. M. Giglioli parle de Saïda comme ayant la taille épaisse, le cou court, les. bras ni grêles ni longs, les mains plutôt grandes. que petites. Le teint de cette Akka est, comme celui de Chairallah, assez semblable à celui d’un. mulitre.Les cheveux, d’un noir fuligineux, forment des glomérules moins nettement isolés ; le prognathisme est assez prononcé. Cette description concorde fort bien avec les figures de M. Chaillé-Long. Ce dernier ajoute que, chez sa Tiki-Tiki, les seins.

1 Les photographies de Tébo et de Chairallah ne justifient pas ces: éloges, non plus que le moulage pris sur Tébo.

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