CARACTÈRE, INTELLIGENCE
étaient très tombants, bien qu'elle assurât n'avoir jamais eu d’enfants ! (fig. 22).
Les caractères physiologiques des Akkas sont ceux de la plupart des races sauvages. Il possèdent à un haut degré l’acuité des sens, et Schweinfurth insiste à diverses reprises sur leur agilité extraordinaire. Au dire des Mombouttous, ces petits Nègres bondissent dans les hautes herbes à la façon des sauterelles. Nsévoué avait en partie conserve cette allure pendant son séjour auprès de Schweinfurth, et n’a jamais pu porter un plat sans en renverser plus ou moins le contenu.
Les Akkas sont très courageux. « Ce sont des hommes, et des hommes qui savent se battre », disait Moûmmerien parlantde ceux qui l’accompagnaient. Ils sontgrands chasseurs d’éléphants;ilsles attaquent avec unarc très court et des lances à peine plus longues qu’eux-mêmes *. Long-Bey confirme: tous ces détails et ajoute que les femmessont aussi œuerrières que les hommes, ce qui rappelle de tous. points les renseignements donnés par Battel *.
Schweïinfurth fait un assez triste tableau du caractère et de l'intelligence de Nsévoué. II le représente comme aimant à voir souffrir les hommes et les animaux, comme n'ayant pu apprendre.
1 Loc. cit., p. 269. Toutefois ce voyageur lui attribue des pieds et des mains très petits.
? Voir le portrait de Bômbi, Loc. cit. Schweinfurth ne dit pas que leurs flèches soient empoisonnées.
3 Long-Bey, loc. cit., p.269.
266 LES NÉGRILLES OU PYGMEES D'AFRIQUE
ni l'arabe ni aucun des dialectes du pays. Au contraire, le comte Miniscalchi a trouvé dans Tébo et Chairallah des élèves affectueux, reconnaissants et très disposés à s'instruire. Tous deux, mais surtout Tébo, avaient de véritables dispositions pour la musique. Deux ans après leur arrivée en Europe, ces deux Akkas savaient lire et écrire. Leur père adoptif a mis sous les yeux de ses collègues, en 1879, deux lettres écrites et rédigées par eux sans aucune aide, et dont le fac-simile a été inséré dans les actes du Congrès. Ils n'avaient pas pour cela oublié leur langue maternelle. M. Miniscalchi a pu recueillir auprès d'eux plusieurs centaines de mots, et rédiger, d’après leurs dires, une grammaire de ce langage, qu'il regarde comme étant la même que celle des idiomes niam-niams *.
Que sont devenus ces Akkas sous l'influence du climat européenet d’une éducation, appliquée pour la première fois à des représentants de cette antique race, toujours sauvage et constituée à deux ou trois degrés de l'équateur? On comprend tout l'intérêt qui s'attache à cette question, et nous devons savoir grand gré à M. Giglioli d’y avoir répondu avec détail ?. |
Tébo a toujours parfaitement supporté les hivers
1 M. Miniscalchi usait avec eux de la langue arabe, qu'ils parlaient couramment.
2 Giglioli, Gi Akka viventi in Italia, loc. cit, Ce Mémoire a été écrit en 1880, par conséquent cinq ans après celui du comte Miniscalchi.