NÉGRITOS DE MALACCA
Luçon et à Mindanao, a retrouvé tous les caractères de ce type chez quelques-uns de ces Sakays.
Ces trois photographies ont une grande importance, précisément parce qu'elles témoignent des différences que présente la chevelure dans une même tribu. Ce fait explique la contradiction qui existe entre certaines descriptions, entre certaines opinions adoptées par divers auteurs. Par exemple, dans la note que je viens de citer, Anderson décrit trois Sakays, appartenant à une tribu à demi civilisée et leur attribueun teint analogue à celui des Malais, des cheveux bouclés mais non laineux, une taille variant
m \ 1 phie de M. Bro de Saint-Pol Lias, de 1 ,057 a L, 474 + donnée par M. de La Croix.
1 Anderson, loc. cit., p. 320.
Il est évident que cette description pourrait induire en erreur et faire méconnaître la présence du sang négrito qui reste attestée par la photographie.
Grâce à celle-ci nous pouvons encore apprécier à leur valeur réelle d’autres documents tels que les deux portraits de Sémangs publiés par M. Giglioli d’après les photographies du colonel Yule‘. Ni l’un ni l’autre, du moins à en juger par les gravures, n'étaient des Négritos purs. Les cheveux de l'homme originaire de la province de Wellesley paraissent avoir été presque droits ou seulement ondulés ; ceux de la femme, tombant jusqu'aux épaules, ont l’air d’être assez crépus. Mais ni chez l’un ni chez l’autre rien ne rappelle une tête vraiment laineuse, et ces dessins pourraient fournir un argument à ceux qui nient l'existence de véritables Nègres dans ces contrées. Ils n’en attestent pas moins à mes yeux la présence du sang négrito chez les individus qu'ils représentent; seulement le type a été altéré par le métissage.
Les populations précédentes sont meétisses. Mais Malacca garde encore un ou plusieurs témoins de l’ancienne population restée pure, dans toute la partie élevée du grand massif montagneux situé entre Perac, Sélangou et Kelantan. Là vivent des tribus que les Sakays traitent de sauvages, habitant
1 Enrico Hyllier Giglioli, Viaggio intorno al globo della reale pirocorvetta italiana MAGENTA ; relazione descrittiva e scientifica, 1875, p. 240.