MOYS
des cavernes et n’employant que la pierre pour fabriquer leurs outils ou leurs armes.Ces sauvages. sont noirs, ont tous les cheveux crépus, sont de très petite taille et se vêtissent de feuilles pendantes autour du corps. Ils fuient dès qu’ils aperçoivent unétranger.M. de Morgana vu deloin les feux allumés par ces Négritos, mais n'a pu les approcher *. M. de La Croix a recueilli sur les lieux des renseignements identiques.
Comme la presqu'île malaise, la péninsule annamite a ses représentants du type négrito, connus. sous les noms de Mois on Moys. Depuis longtemps Logan considérait le fait comme démontré *. Les. doutes exprimés bien souvent à ce sujet me paraissaient ne pouvoir guère subsister en presence: des témoignages déjà anciens rappelés par M.G:i-. glioli lui-même”, de ceux que Earl à obtenus des. Annamites et des Cochinchinois, en présence des. indications communiquées à M. Hamy par deux médecins de la marine française. Ces derniers ont affirmé à mon savant collaborateur que des tribus. nègres habitent vers les frontières septentrionales.
1 Bulletin de la Societé normande de géographie, 1886, p. 157. ? Logan, The ethnology of the Indian Archipelago (Journal of the Indian Archipelago, vol. IV, p. 316, 1850).
3Giglioli, J’agio intornoal globo della reale pirocorvetta italiana MAGENTA, p. 105, et Archiuio per l’antropologia e la etnologia, t. V; Rivista, 189. M. Giglioh se déclare fort sceptique à l'endroit de l’existence de veritables Negritos dans l’Annam. Le portrait d’un Choug, indigène de Siam, publié par Crawfurd, et que l’éminent anthropologiste italien a men-
tionné, semblerait autoriser au moins à conjecturer le contraire.
de notre province cochinchinoïise de Bien-Hoa'. Les derniers renseignements fournis par M. Allen me semblent devoir lever les derniers doutes. L'un des auteurs cités par lui (Tomlin's Geography) attribue aux Moys des cheveux laineux, un teint vraiment noir et une figure rappelant celle des Caffres*. IIme semble difficile qu’un écrivain eût été aussi explicite sans aucune raison. Tout indique que les tribus noires de l’Annam doivent ressembler à celle de Malacca, et qu’à côté d'individus vraiment nègres il s’en trouve quis’éloignent plus ou moins du type pur. De là les appréciations diverses et en apparence contradictoires comme il s'en est produit si longtemps au sujet de la presqu'île malaise”.
Nous sommes bien mieux informés au sujet des populations dela presqu'ilecis-gangétique.Leslivres tamouls, dit Logan, rapportent que les habitants primitifs avaient les cheveux « en touffes », ce qui ne peut s'appliquer qu’à des Nègres *. Les témoignages, les descriptions d’une foule de voyageurs, confirmées par des photographies, des dessins, des moulages, des têtes osseuses, font comprendre
4 Hamy, Rapport sur l'anthropologie du Cambodge (Bulletin de la Societe d'anthropologie, t. VI, p. 147).
2 Woolly haired, very black and savage and with faces ressembling Kaffirs.
3 The original range of tbe Papuar and Negrito races (Journal of tbe anthropological Institute, t. VIIT, p. 41, 1878).
4 Tufted. Logan, Ethnology of the Indo-Pacific islands (Journal of the Indian Archipelago, vol. VIT, p. 25).
tout ce que ces vieux textes doivent avoir de vrai. Cet ensemble de documents nous montre dans toute l’Inde méridionale et centrale des populations à teint plus ou moins noir, au milieu desquelles se montrent des individus dont la chevelure laineuse atteste encore la pureté de sang, au moins relative, et indique clairement la nature d’un des éléments ethniques qui ont donné naissance à ces populations.
Les mêmes moyens d'étude permettent de préciser à quelle branche du tronc nègre appartient cet élément, et d'affirmer qu'il est essentiellement négrito.
Pour M. Justice Campbell, l'ensemble des tribus qu il appelle aborigènes se rattache physiquement au type négrito ‘. Il en résume les caractères et signale en particulier leur taille, petite et svelte *, leur teint vraiment noir, leurs cheveux emmêlés, parfois frisés et même laineux. Ce dernier caractère se montre assez souvent sur les dessins faits d’après les photographies, bien que l’auteur ne le signale pas dans la description, et quelquefois lors
1 Justice Campbell, The ethnolog v of India (Journal of the Asiatic Society of Bengal, vol. XXV, part Il; supplementary number, p. 22).
2 Slight. — On a souvent attribué aux Aëtas et aux Mincopies un ventre très développé. Je ne trouve ce caractère ni dans les photographies de quarante-huit Négritos des Philippines faites à Luçon par M. Montano, ni chez les sept Mincopies des photographies que je dois au colonel Tytler, ni chez les seize individus de la même race représentés dans les phototypies de M. Dobson. (Journal of the anthropolcgical Institute, vol. IV, p. 457, pl. XXXI, XXXII et XXXIII.)
6o HISTOIRE DiS PYGMEÉES ORIENTAUX
même qu'il a dit le contraire. Ainsi en parlant des: Santals qui habitent le bassin du Gange à l’est et à l’ouest de Bhagalpore, le colonel Dalton mentionne leurs cheveux droits ‘. Mais le dessin, qui reproduit une photographie, montre deux individus de cette tribu dont la tête est couverte de fouffes aussi arrondies et aussi serrées que celle de n'importe quel Négrito *, et l’un d'eux est un vrai Mincopie, tandis que l’autre tient plus de l’Aëta. Ce que le même auteur dit des cheveux des Oraons prêterait à bien des doutes; mais la planche ôù sont figurés cinq membres de ces tribus présente chez une femme tous les traits de la Négrita et des cheveux au moins à demi laineux”. Le portrait du Dhoba Abor, d’une tribu du haut Brahmapoutre, prête aux mêmes observations. Dans le texte Dalton ne dit rien de la chevelure; sur le dessin toujours copié d’une photographie, c'est celle d’un Nègre pur sang, bien qu'ici le type négrito soit manifestement altéré par un mélange de sang mogol. Je citerai encore la planche où Fryer a représenté les Mulchers du district de Coimbatore, dans la province de Cochin*. On y voit des individus de taille, :
1 Straight, Edward Tuite Dalton, Descriptive Ethnology of Bengal, p’212.
2 Loc, ,ett;y pL'XXIX.
3 Ibid. Frontispice. Je suis d'autant plus certain de ne pas me tromper dans cette appréciation que dans une note adressée à Campbell le colonel Dalton déclare avoir vu des têtes laineuses (woolly heads) chez les Oraons. (Loc. cit., p. 22.)
4 Fryer, À few words concerning the wild people inbabiting the forests
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10. -- Djiangal du Sirgoudja, d'apres un dessin de M. Rousselet.
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de proportions et de traits fort différents ; mais, la femme placée à droite est une véritable Aëta ; elle a la chevelure qui caractérise l’ensemble de la race
et les traits du sous-type philippinien *
Le Bandra Lokh ou Djangal des forêts de l’Amarkantak, dont M. Rousselet nous a rapporté le portrait *, peut laisser des doutes relativement au sous-type nègre dont on doitle rapprocher (fig. 10). Les traits ne sont pas ceux d’un Négrito. On y
trouvequelquechose qui rappelle certains Papouas. Chez lui la misère et la faim ont altéré les formes et décoloré la peau ; mais la chevelure laineuse que
of the Cochin state (Journal of the royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland, 2° série, vol. III, p. 478).
1 On vient de voir plus haut que mes appréciations reposent sur la comparaison que j'ai pu faire de ces divers dessins avec soixante et onze portraits photographiques. A ce titre, elles peuvent, je crois, être accueillies avec confiance.
Cette abondance de matériaux m'a permis de constater une certaine différence entre les Aëtas et les Mincopies. Les premiers ont les traits plus grossiers, le nez plus écrasé à la racine, plus gros et plus épaté. Les membres inférieurs sont aussi moins fournis chez eux que chez les Andamaniens. En somme, ces derniers sont mieux doués au point de vue physique. Les Négritos de l’Inde paraissent se rattacher au soustype des Aëtas, plutôt qu’à celui des Mincopies.
? Rousselet, Nofe sur ux H6 autochtone des forêts de l'Inde centrale (Revue d'anthropologie, t. 1, p. 245 ; Bulletin de la Société d'anthropologie, 2e série, t. VII,610), et Tableau des races de l'Inde centrale dans Revue d'anthropologie, t, I, p. 267, avec figure et carte, — L’appellation H6, employée ici, doit être un terme genéral, pouvant s'appliquer à des races fort différentes. Hodgson l'emploie en parlant d’une population de Singhbhum qu’il décrit comme étant remarquable par son teint clair et la beauté de sestraits. (Journal of th: Asiatic Society of Ru vol, XXV, p. 501.)
notre compatriote n’a pas oublié de mentionner dans la description ne laisse aucun doute sur le type général auquel se rattache cet individu.