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CORPS, PROPORTIONS

dont il s’agit varie et qu'il change avec l’âge, avec la taille. Chez l’enfant, chez le nain’, la tête entre pour une proportion beaucoup plus forte dans la hauteur totale du corps que chez l'adulte et le géant ?. C’est une suite du mouvement de transformation morphologique qui commence après la naissance. On devait donc s'attendre à trouver chez les Négritos une tête relativement plus forte que chez nous.

Chez tous les Mincopies, hommes ou femmes, le corps est presque d’une seule venue et s’élargit à peine au bassin et aux trochanters (fig. 4) *. À cela près, les deux sexes sont bien proportionnés. Chez les jeunes filles, le sein est très petit et conique; chez la femme, il reste plein et tombe fort peu. Dans les deux sexes, la poitrine, les épaules sont larges, les pectoraux très forts, les bras et les avant-bras musculeux, tout en conservant des contours très arrondis; les mains, plutôt petites

1 Il s’agit ici des véritables nains et non des individus microcéphales trop habituellement confondus avec eux. J'ai insisté sur cette distinction dans une note relative au vrai nain qui se montre sous le nom de prince Balthazar. (Bulletins de la Societé d'anthropologie, 18810. 703.)

? Quételet, Anthropometrie, p. 205 et suiv.

3 Voir Hommes fossiles et Hommes sauvages, fig. 114, p. 312. La figure permet bien d'apprécier les caractères anatomiques. J'avais déja fait cette remarque dans mon premier Mémoire. M, Giglioli m'oppose une de ses femmes qui a, dit-il, le bassin plutôt large. S'il en est ainsi, cette femme ne figure pas dans la gravure qu'il a publiée, (Viaggio intorno al globo della firocorvetta italiana MAGENTA, p. 249, et S/uli della razza negrita ; Archivio, t, V, p. 308.)

que grandes, portent des doigts longs, bien déta-

chés, parfois de forme très élégante, terminés par

des ongles longs et étroits. L’abdomen ne fait aucune saillie exagérée. Les membres inférieurs présentent les mêmes caractères généraux que les supérieurs. Pourtant la cuisse et la jambe sont assez souvent moins charnus que le bras et l'avant-bras, et le mollet est généralement placé un peu haut, au moins chez les femmes. Ce dernier caractère, sur lequel j'avais insisté dans mon premier travail, comme rappelant ce qui existe chez le Nègre africain, manque chez le seul homme dont on voit bien les jambes, dans les phototypies de M. Dobson. Chez lui, le mollet, très prononcé, est parfaitement conforme *. Enfin, dans les cas assez rares où il est placé de manière à être bien vu, le pied se montre petit, haut, cambré, et le talon n’est nullement projeté en arrière *.

Les photographies de M. Montano montrent, chez les Aëtas, des caractères presque entièrement semblables dans tout le haut du corps (fig. 6 et 17).

1 Dobson, loc. cit., pl. XXXI. Ce même individu est remarquable par son aspect général, Tout en lui indique la force. La poitrine est large, les pectoraux très développés, comme du reste chez tous les hommes; les cuisses sont très charnues. Et pourtant on retrouve ici cette rondeur des contours, ce manque de saillies musculaires signalés chez bien des sauvages, en Amérique en particulier.

2 Le colonel Fichte avait déja insisté sur ce caractère comme distinguant l’Andamanien du Nègre africain, (On certain aborigenes of the Andaman islands; Transactions of the ethnological Society, new series, vol. V, p. 40.)

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