D'APRÈS LA SCIENCE MODERNE
Homere et Aristote; Pygmées du Nil. — Marais du Nil. — Pline ; Pygmées africains et asiatiques. — Buffon; les singes. — Roulin; populations boréales. — Béloutchistan; Brahouis.— Ctésias; Pygmées asiatiques. — Pomponius Mela; Pygmées africains orientaux. — Hérodote; Pygmées africains occidentaux — Voyage des Nasamons. — Le Niger. — Negritos et Négrilles.
Il n’est probablement pas de nation, pas de simple peuplade humaine, qui n'ai cru à l’existence d'hommes de taille plus on moins exigué, et ne leur ait fait jouer un rôle dans ses légendes".
1 Je n'ai pas l'intention d'examiner ici tout ce qui a été dit au sujet des Pygmées. On comprend que je ne m'occuperai pas des traditions puériles, des contes de nourrice que nous ont transmis à leur sujet divers auteurs anciens. Je n'ai pas à rechercher s'il a jamais existé une population plus ou moins rapprochée de celle qui assiégea, dit-on, Hercule endormi, et que le héros, à son réveil, emporta tout
QUATREFAGES, Pygmées. .
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On sait que les Grecs n'avaient pas échappé à la loi commune, et qu'Homère a emprunté à des croyances qui lui étaient sans doute bien antérieures le début du troisième chant de l'Iiade : « Lorsque, sous les ordres de leurs chefs, il se sont rangés en bataille, les Troyens s’avancent bruyamment, comme une nuée d'oiseaux faisant entendre de vives clameurs. Ainsi s'élève au ciel la voix éclatante des grues quand elles fuient les hivers et les pluies continuelles. Elles poussent des cris aigus, elles s’envolent au-dessus de l'Océan, elles portent aux hommes appelés Pygmées le carnage et la mort; et,du haut des airs, elles leur livrent de terribles combats". »
La patrie des Pygmées n’est pas mentionnée dans ce passage. Toutefois Homère connaissait certainement les migrations des grues; il savait qu'elles passent chaque année d'Europe en Afrique et réciproquement ?; et, comme à l'en croire, ces
entière dans la peau du lion de Némée. Je n’énumérerai pas non plus les nombreuses hypothèses émises par une foule d'auteurs et qui reposent uniquement sur des faits manifestement fabuleux ou des renseignements inexacts. Je me bornerai à discuter ce qui a été dit de moins éloigné de la vérité. Les lecteurs curieux d'en savoir davantage sur ce sujet pourront consulter la Dissertation sur les Pygmées de l'abbé Banier (Mémoires de l'Academie des inscriptions et belles-lettres, t. V. 1729, p. 101) et le Mémoire de M. Antonio Garbiglielli intitulé : / Pigmei della favola di Omero, adressé sous forme de lettre au. Dr Fredieri (Turin, 1867).
1 Traduction d'Eugène Bareste.
2 Ainsi que Buffon le fait justement observer, ce sont ces migrations opérées alternativement en sens inverse qui ont fait appeler la