‹ Les pygméesChapitre 50 sur 139 · LANGAGE · texte numérisé non relu

LANGAGE

geurs et les linguistes, tout en me permettant une observation générale.

De toutes les langues employées par les Négritos, les plus importantes à étudier seraient sans contredit celles des Mincopies. Grâce à l'isolement à peu près absolu dans lequel ont vécu ces insulaires, surtout dans les îles de la Grande-Andaman", le langage n’a dû s’altérer chez eux que par suite d'une évolution naturelle et en dehors de toute influence étrangère. Or ce langage remonte à coup sûr à une antiquité très haute et a probablement précédée tous ceux quise parlent aujourd’hui à Malacca, au Siam et peut-être dans l'Inde elle-même. A ce titre la connaissance en serait évidemment du plus haut intérêt, au point de vue de l’ethnologie aussi bien que de la linguistique.

C'est ce que paraît avoir compris M. E.-H.

Man. Avant lui Symes, Colebrooke, Roepstorff, Tickel, etc., s'étaient bornés à recueillir de courts vocabulaires. Mis journellement en rapport avec les indigènes par suite même de ses fonctions, M. Man a appris leurs langues ainsi que je l’ai déjà

1 On sait aujourd’hui que les terres désignées encore assez récemment sous le nom de Grande-Andaman forment en réalité trois îles séparées par d’étroits canaux. (The Andaman Islands, by E.-H. Man,

Esq. ; Journal of the anthropological Institute, t. VII, p. 105.) Dans ma première Étude sur les Mincopies et la race negrito en general, j'ai montré que l'on trouvait des signes de métissage dans la Petite-Andaman, placée au sud des précédentes. (Revue d'anthropologie, t. 1, p. 213.)

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dit ; il en a fait le sujet de plusieurs publications ‘; il a recueilli un vocabulaire d'environ six mille mots?; il a traduit en une d’elles la prière que répètent tous les chrétiens, et l’a publiée avec un commentaire et des notes dues au lieutenant KR. €. Temple”. Dans deux communications, le colonel Lane Fox a reproduit cette traduction“ et résume trop brièvement les conclusions genérales des auteurs”. Je traduis textuellement ce qu'il dit de ces dernières et crois aussi pouvoir être utile ou agréable aux lecteurs occupés de linguistique en transcrivant ici le document qui a servi de point de départ à cette étude‘. Cette traduction est faite dans la langue de la tribu qui occupe l'île méridio-

1 Indépendamment du travail que je cite plus particulièrement ici, M. Man a donné des détails très circonstanciés dans son livre (p. 49 et 195).

? C’est principalement sur ce vocabulaire et sur les phrases entières données par M. Man dans l’appendice F de son livre qu'est basé le travail de M. Ellis que j'ai cité plus haut,

3 The Lord's Prayer translated into Bojig-ngi-ji-da. by E.-H. Man, with preface and notes by R. C. Temple. Calcutta, 1877.

4 The Andaman islands (Journal of the anthropological Institute, vol. VIT, p. 108).

5 Observations on Mr. Man's collection of Andamanese and Nicobarese

objects (ibid., p. 434).

6 He Maw-r0 koktar-len yâte molläduri Ab-Mäyola. O Heaven in ({is)whe our (lf. allofus of) Father. Noa ting-len dai-i-mügiü-en-inga îtân. Noolla-len mollädürt Thy nane-to be reverence paid Let. You (to) we all meta mäyôla ngenâke ab-chanag iji-la bédig. Maw-r0 koktär-len our chief wish for supreme only and. Heaven in tegi-lut-malin yaté ngia kânik, kâ-bada ärla-len ärla-len

is obeyed which thy will, in the same way ever (daily, always)

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