‹ Les pygméesChapitre 94 sur 139 · MÉLANGE DES RACES · texte numérisé non relu

MÉLANGE DES RACES

restées plus ou moins pures du Gabon, du bas Ogooué, du Loango. Il l’a suivi bien plus loin et a montré que ce type a joué un rôle ethnologique important très réel dans la formation de plusieurs populations des mêmes contrées et des contrées voisines, populations dont l’ensemble se rattache d’ailleurs au type nègre proprement dit. Mettant encore à profit les renseignements de toute nature, il a fait voir que le croisement entre les Nègres dolichocéphales et brachycéphales pouvait seul rendre compte du mélange de caractères et surtout des différences morphologiques de la tête constatées d’individu à individu chez diverses tribus des bassins de l’Ogooué, du Fernand-Vaz *. A leur retour du périlleux voyage que couronna la découverte de l’Alima et de la Licoma, MM. de Brazza et Ballay recueillirent dans une île du haut Ogooué quatre crânes et un squelette complet,

1 Je dois rappeler entre autres l'étude faite par M. Hamy des résultats craniométriques obtenus par M. Owen sur une collection rapportée de ces régions par M. du Chaillu. Le savant anglais avait publié les chiffres bruts. Notre compatriote calcula les indices et montra que, sur 93 têtes osseuses qui composaient cette collection, 49 seulement étaient dolichocéphales ou sous-dolichocéphales ; que 33 étaient mésaticéphales, 11 sous-brachycéphales et 2 brachycéphales. L'intervention d’un élément ethnique appartenant à ce dermer type ressortait clairement de cette discussion, qui a été, pour M. Hamy, le point de départ de tous ses travaux sur le même sujet. (Note sur l'existence de Neègres brachycephales sur la côte occidentale d'Afrique, dans le Bulletin de la Societe d'anthropologie, 2€ série, t. VII, P;, 210.) |

aujourd'hui déposés dans la galerie anthropologique du Muséum. Or, de ces cinq têtes osseuses, il en est deux dont l'indice horizontal moyen monte à 82,24, et se trouve, par conséquent, tout près de la brachycéphalie vraie *. Les trois autres sont dolichocéphales. Les premières sont des têtes de Négrilles, les secondes des têtes de Nègres. Ajoutons que les observations recueillies par M. Marche chez les N'Javis, les Apindijis, les Okotas, les Okoas, montrent que, chez ces populations à crânes relativement arrondis, la taille est, en outre, sensiblement réduite *. Chez les N’Javis elle n'ateint pas 1*,60. Chez les Okoas, la moyenne des hommes est de 1*,50 à 1°,52, celle des femmes de 1",40 à 1°" ,43 *. En même temps, le teint s’éclaircit, le prognathisme diminue, les formes sont élégantes, surtout chez les femmes, dont la

1 Hamy, Nofe sur l'existence de Negres brachycephales, etc., p. 96.

? M, Hamy rattache aux tribus précédentes les Obongos rencontrés par du Chaillu près de Niembouai dans le pays des Ashangos (1° 58’ 54/ de latitude sud, et 11° 56’ 38’ de longitude est). Ces Obongos rentrent en effet dans ces groupes de populations de très petite taille que nous étudions. Le jeune homme adulte mesuré par le voyageur n'avait que 1,366; une des femmes, 1,340. Mais la couleur jaune sale, et surtout la chevelure très courte et croissant en petites touffes naturellement frisées avaient fait rapprocher ces nains des Boschismans. Toutefois le voyageur n’a signalé, chez aucune des femmes qu'il a vues de près, ni la stéatopygie ni le tablier caractéristiques. I] peut donc rester, relativement aux affinités ethniqués des Obongos, quelques incertitudes, que lèveraient seules des mesures craniennes. (Du Chaillu, L'Afrique sauvage, p. 260.)

3 Marche, Trois voyages dans l’Afrique occidentale, p. 342.

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