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PYGMÉES D'HÉRODOTE

figure, un peu ronde, est assez agreable. Évidemment le type nègre proprement dit est ici modifié par places par un élément ethnologique distinct; et nous pouvons considérer toute cette region comme ayant été jadis, comme étant encore jusqu’à un certain point, un centre de population négrille. Je reviendrai plus loin sur cette distinction à faire entre le passé et le présent.

Je crois devoir considérer comme un autre centre de même nature, mais situé bien plus au nord et plus à l’ouest, le Tenda Maié, pays peu étendu, renfermé dans un coude que forme le Rio Grande. Voici ce qu’en dit Mollien, qui visita ces contrées en 1818 : « Il y a peu d’uniformité dans le caractère général de la physionomie de ces Nègres. Mais les habitants du village de Faran sont remarquables par la petitesse de leur taille, la faiblesse de leurs membres et la douceur de leur voix. Ce sont réellement les Pygmées de l'Afrique *. » En dépit de tout ce qu’a d’incomplet cette brève indication, il est aisé de voir que le Tenda Maié nourrit une population mélangée, dont ces Pygmées sont un élément.

Bien que le Tenda Maié soit assez éloigné du point ou les Nasamons d’Hérodote furent faits prisonniers, il est difficile de ne pas rattacher les

1 Mollien, Voyage dans l'interieur de l'Afrique aux sources du Sénégal <t de la Gambie, 2° édition, t. Il, p. 216. Le village de Faran est situé vers 149 15’ de longitude ouest et 109 68’ de latitude nord,

petits hommes dont parle l'historien grec et les Pyemées de Mollien. Les hauts bassins du Rio Grande et du Niger ne sauraient être fort éloignés l'un de l’autre, et il est facile d'admettre qu'ils aient jadis nourri les mêmes races d'hommes.

Le Gabon, l'Ogooué, le Loango, sont bien loin du Tenda Maié ; et, entre les deux points extrêmes, on n'a pas encore signalé de traces de Négrilles. Je suis pourtant bien disposé à admettre que ces diverses populations de petite taille se rattachent les unes aux autres. Nous savons que toute la région guinéenne a été le théâtre d’invasions successives qui ont amené au bord de la mer des conquérants venus de l’intérieur. Le sens dans lequel marchaient ces flots de tribus, leurs habitudes meurtrières, dont les Dahomans donnent, de nos jours encore, un exemple trop connu, expliquent aisément comment une race relativement faible a pu, a dû nécessairement disparaître sur une aire considérable. Nous venons de voir cette disparition s’accomplir, de nos jours et sous nos yeux, chez quelques-unes de ces tribus. C’est là sans doute une des dernières scènes d’un drame dont les premiers actes remontent bien loin dans le passé.

Je crois pouvoir conclure de l’ensemble des faits, que les Négrilles du Rio Grande et ceux du fond du golfe de Guinée sont proches parents, et que les uns et les autres se rattachent aux petits hommes signalés à Hérodote par les pèlerins de Cyrène

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