GROUPE ORIENTAL
l’Abyssinie une rivière des Pygmeées. Le R. P. Léon des Avanchers pense pouvoir identifier cette rivière avec un cours d’eau qui prend naissance aux monts Anko, un peu au nord de l'équateur. C'est dans cette région et sous le trente-deuxième degré de longitude orientale, que l’éminent missionnaire à placé ses Wa-Bérikimos *, appelés aussi Cincalles, ce qui veut dire quelle merveille ! L’éminent missionnaire a vu lui-même, dans le royaume de Géra, plusieurs de ces «nains, êtres difformes, trapus, à grosse tête, ayant tout au plus 4 pieds de haut» (1,30 environ).
Les renseignements recueillis par M. d’Abbadie auprès d’'Amace, ambassadeur du roi de Kullo, et auprès d’une femme originaire des contrées voisines de Kaffa°, confirment les faits précédents. Les Malas ou Maze-Maleas auraient un peu plus de 1°,50 de haut ; ils sont noirs et rarement rougeatres (taym) *.
Les données qu'a bien voulu me communiquer M. d'Abbadie me semblent reporter un peu plus
1 R. P Léon des Avanchers, Esquisses géographiques des pays Oromno où Galla, dits pays Somali et de la côte orientale d'Afrique, avec une carte, extrait d’une lettre à M. A. d’Abbadie (Bulletin de la Societe de géographie, 4° série, t. XVII, 1879, p. 163).
2? Lettre à M. À. d'Abbadie, avec une carte (Bulletin de la Societé c'e £éographie, 5° série, t. XII, 1866, p. 171).
3 Environ 6° de latitude nord et 34° de longitude est. (Carte du R. P, Léon des Avanchers, loc. cit.)
# Communication manuscrite de M. d'Abbadie et note du même (Bulletin de la Societé d'anthropologie, 3e série, t. Il, p. 100).
au nord lhabitation de ces petits Nègres. Mais cela même indiquerait qu'ici, comme dans l'Afrique occidentale, ils sont disséminés sur un espace plus ou moins étendu, et que leurs tribus portent des noms differents. Tout indique donc qu'il existe au sud des pays Gallas un centre de population négrille, et je crois ne pas être trop hardi en rattachant ces tribus orientales aux Pygmées de Pomponius Mela, comme j'ai rapproché des petits hommes d’Hérodote les nains de la Sénégambie. (Voir page 249.) |
À mesure que les voyageurs modernes avançaient peu à peu vers le haut Nil, ils recueillaient de nouveaux témoignages relatifs à des populations de très petite taille. L'existence de véritables Pygmées devint ainsi de plus en plus probable, si bien, que dans les /nstructions rédigées par une commission de l’Académie des sciences pour l'expédition projetée par M. d'Escayrac de Lauture, le rapporteur crut devoir appeler sur ce point l’attention du voyageur ‘. Mais, ont le sait, les Européens eurent beau remonter le Nil et atteindre ses sources, ils ne rencontrèrent pas les petits hommes. Speke seul vit à la cour de Kamrasi un nain difforme dont il a donné le portrait. Mais ce dessin et les détails qui
1 D’Escayrac de Lauture, Comptes rendus de l’Académie des sciences, séance du 10 novembre 1856, et Bulletin de la Société de géographie, 4° série, t. XII, p. 267. La commission se composait de MM. Daussy, Cordier, Élie de Beaumont, Moquin-Tandon, Montagne, Is. Geoffroy Saint-Hilaire, Valenciennes, J. Cloquet et Jomard.