HOTTENTOTS ET BOSCH ISM AN S
vie, répondit : « Jamais! mon Tsûi-goa est aussi bon que votre Christ. » Il reçut bientôt le coup mortel.
Nous verrons plus loin que M. Hahn identifie Tsûi-goa avec d'autres divinités. Mais c'est là le résultat d'une critique reposant sur une théorie que j'aurai à faire connaître. Les Khoï-Khoï, à en juger par ce que dit l'auteur lui-même, ne semblent pas avoir songé à cette fusion. Leur Dieu suprême paraît bien avoir son existence propre. Il est à regretter que notre auteur ne soit pas plus explicite sur ce point et ne dise rien des idées que ces peuples ont pu se faire relativement à la nature du Père des pères. L'anthropolâtrie, dont on trouve la trace évidente dans la légende citée plus haut et dans quelques autres, aboutit parfois à des conceptions remarquablement spiritualistes. En Polynésie, Taaroa, le chef indonésien qui découvrit les îles Tonga, a été regardé d'abord comme un dieu secondaire S puis comme un dieu de première classe 2 ; puis enfin il a été déclaré toïvi, n'ayant
1 A Tonga, qu'il avait pêchée, on montra à Mariner le rocher auquel s'était arrêté l'hameçon de Tangaroa (Taaroa). Cet hameçon lu-même fut longtemps conservé dans la famille du Tui-Tonga, regardée comme descendant du dieu en ligne directe. (An account of the natives of Tonga island.)
2 A la Nouvelle-Zélande, Tangaroa (Taaroa) est un des six premiers dieux, fils de Rangi et de Papa, c'est-à-dire du Ciel et de la Terre. George Grey, Polynesian Mythology.