SOLENNITÉS RELIGIEUSES
Les Hottentots ne s'en tiennent pas à ces grandes fêtes publiques. Ils ont leur culte domestique ou, mieux, individuel. Le matin, aux premiers rayons de l'aube, ils quittent leur hutte et vont s'agenouiller derrière un buisson. Là, la face tournée vers l'orient, ils adressent leur prière à Tsûigoa, le père des pères.
Je crois inutile d'insister sur le caractère de ces pratiques et de ces chants, sur la nature des sentiments qu'ils attestent. Quiconque tiendra compte de ces renseignements comprendra la calme confiance du guide de M. Hahn. On voit aussi d'où viennent les difficultés spéciales que rencontre chez les Hottentots l'œuvre de conversion entreprise par les diverses sectes protestantes, qui seules ont abordé cette partie du monde païen. Le missionnaire ne peut s'en prendre ici à aucun symbole matériel; il ne peut renverser ni temples ni statues, et démontrer ainsi l'inanité des dieux de pierre ou de bois. C'est contre des idées qu'il a à lutter. Or, le convertisseur et le néophyte ont en commun la même notion fondamentale, celle d'un Etre suprême, créateur et père bienveillant de ses créatures, que l'on doit honorer et prier. Le Hottentot peut donc répondre aux missionnaire qu'on ne lui apprend rien de nouveau, et l'on ne saurait être surpris que Tsûi-goa ait eu ses martyrs. M. Hahn en cite un exemple. Un chef célèbre dans la colonie, Nanib, entouré d'ennemis et sommé d'embrasser le christianisme s'il voulait sauver sa