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DÉVELOPPEMENT MUSCULAIRE I I

Ici encore, les épaules et la poitrine sont larges, les pectoraux très développés, les bras charnus et également sans saillies musculaires accusées. Mais la ceinture s'accuse et se rétrécit chez un certain nombre d'hommeset de femmes ; surtout, danslesdeux sexes, sauf chez deux ou trois femmes, les membres inférieurs sontbienmoinsfournisquelessupérieurs, et deviennent parfois vraiment grêles. De là même et de la pose adoptée par l'opérateur il résulte, au moins en partie, que les pieds paraissent plus gros et plus larges que chez les Mincopies (fig. 6).

Il en est tout autrement des Sakays, de ceux surtout que leur chevelure indique comme étant de vrais Négritos. Ici les membres inférieurs sont tout aussi développés que les supérieurs (fig. 8). L'un d'eux surtout est remarquable par la grosseur des jambes aussi bien que des bras, sans que la rondeur des contours y perde rien. Tous ont aussi le mollet placé où il doit l'être d'après nos idées européennes, et les pieds paraissent ressembler à ceux des Mincopies. Tout au moins le talon ne fait aucune saillie exagérée.

En réalité, les Mincopies ne ressemblent au Nègre africain que par les cheveux et le teint. Dans toutes mes photographies, la tête est rasée; mais les témoignages unanimes des voyageurs ne peuvent laisser de doute sur l'apparence laineuse de la chevelure. Fytche, Mouat, etc., ont ajouté que les cheveux semblent pousser en touffe et qu'ils forment ces singuliers glomérules tant de fois

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signalés par divers voyageurs chez certains Papouas. M. Giglioli a constaté sur deux photographies l'exactitude de ce renseignement l. Les portraits d'Aëtas et de certains Sakays attestent que ce caractère est exactement le même chez eux. Il en résulte, chez les métis, selon le degré du mélange des sangs, une chevelure ondée, bouclée ou même crépue, fort différente de celle des populations malaises. De son côté, M. Flower a reconnu que la coupe transversale de ces cheveux présente souvent une ellipse plus allongée que chez n'importe quelle race humaine.

Tous les voyageurs affirment que les Aëtas, comme les Mincopies, sont d'un noir très prononcé2. Quant aux tribus plus ou moins métisses de Malacca, le mélange des sangs paraît avoir généralement éclairci leur teint. Dans une des notes qu'il a bien voulu écrire pour moi, M. Montano attribue à celles qu'il a observées aux environs de Kessang 3 une peau souvent presque fuligineuse4. A en juger par les photographies, la teinte paraît être parfois plus foncée. Une statue de bronze noir ne donnerait pas d'autre épreuve que celle du

1 Giglioli, Studi sulla rafta negrita, loc. cit., p. 309.

2 Seuls Symes et le colonel Fytche ont parlé d'un noir de suie. J'ai déjà fait remarquer que cette appréciation tient sans doute à ce qu'ils avaient eu sour les yeux des individus ayant conservé des traces de la couche de terre jaunâtre dont les insulaires ont l'habitude de se couvrir le corps pour se garantir des moustiques.

S Au nord de Malacca.

4 Note inédite communiquée par M. le Dr Montano.

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