‹ Les pygméesChapitre 41 sur 137 · LANGAGE · texte numérisé non relu

LANGAGE

geurs et les linguistes, tout en me permettant une observation générale.

De toutes les langues employées par les Négritos, les plus importantes à étudier seraient sans contredit celles des Mincopies. Grâce à l'isolement à peu près absolu dans lequel ont vécu ces insulaires, surtout dans les îles de laGrande-Andaman L, le langage n'a dû s'altérer chez eux que par suite d'une évolution naturelle et en dehors de toute influence étrangère. Or ce langage remonte à coup sûr à une antiquité très haute et a probablement précédé tous ceux qui se parlent aujourd'hui à Malacca, au Siam et peut-être dans l'Inde elle-même. A ce titre la connaissance en serait évidemment du plus haut intérêt, au point de vue de l'ethnologie aussi bien que de la linguistique.

C'est ce que paraît avoir compris M. E.-H. Man. Avant lui Symes, Colebrooke, Roepstorff, Tickel, etc., s'étaient bornés à recueillir de courts vocabulaires. Mis journellement en rapport avec les indigènes par suite même de ses fonctions, M. Man a appris leurs langues ainsi que je l'ai déjà

1 On sait aujourd'hui que les terres désignées encore assez récemment sous le nom de Grande-Andaman forment en réalité trois îles séparées par d'étroits canaux. (The Andaman Islands, by E.-H. Man, Esq. ; Journal of the anthropological Institute, t. VII, p. 105.) Dans ma première Etude sur les Mincopies et la race négrito en général, j'ai montré que Ton trouvait des signes de métissage dans la Petite-Andaman, placée au sud des précédentes. (Revue d 'anthropologie, t. I, p. 213.)

i 5O CARACTERES DES MINCOPIES

dit; il en a fait le sujet de plusieurs publications1; il a recueilli un vocabulaire d'environ six mille mots2; il a traduit en une d'elles la prière que répètent tous les chrétiens, et Fa publiée avec un commentaire et des notes dues au lieutenant R. C Temple3. Dans deux communications, le colonel Lane Fox a reproduit cette traduction4 et résumé trop brièvement les conclusions générales des auteurs5, je traduis textuellement ce qu'il dit de ces dernières et crois aussi pouvoir être utile ou agréable aux lecteurs occupés de linguistique en transcrivant ici le document qui a servi de point de départ à cette étude0. Cette traduction est faite dans la langue de la tribu qui occupe l'île méridio-

1 Indépendamment du travail que je cite plus particulièrement ici, M. Man a donné des détails très circonstanciés dans son livre (p. 4<> et 195).

2 C'est principalement sur ce vocabulaire et sur les phrases entières données par M. Man dans l'appendice F de son livre qu'est basé le travail de M. Ellis que j'ai cité plus haut.

3 The Lord' s Prayer translated into Bojig-ngi-ji-da, by E.-H. Man, with préface and notes by R. C. Temple. Calcutta, 1877.

4 The Andaman islands (Journal of the anthropologie al Institute, vol. VII, p. 108).

5 Observations on Mr. Man' s collection of Andamanese and Nicobarese . abjects (ibid., p. 434).

G He Maw-rô kôktâr-len yâtê môllâdûrû Ab-Mâyôla..

O Heaven in (is)whe our (lit. ail of us of ) Father. Ngîa ting-len dai-î-î-mûgû-en-inga îtân. Ngôlla-len môllâdûrû Thy name-to be révérence paid Let. You (to) we ail meta mâyôla ngenâke ab-chanag iji-la bêdig. Maw-rô kôktâr-len our chief wish for suprême only and. Heaven in tegî-lut-malin y aie ngîa kânik, kâ-ûbada ârla-len ârla-len is obeyed which thy will, in the same way ever (daily, always)

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