‹ Les pygméesChapitre 52 sur 137 · FUNERAILLES · texte numérisé non relu

FUNERAILLES

père, tenant serrés dans ses bras les enfants qui lui restent, chante quelque vieux chant, dont le refrain est repris par les femmes, tandis que tous les assistants expriment leur sympathie par de bruyantes lamentations. Puis les parents, après avoir exécuté la danse des pleurs (tiiolatnga), se retirent duns la hutte, et la danse dure encore pendant plusieurs heures.

La mort d'un adulte donne lieu à des manifestations à peu près semblables à celles que je viens d'indiquer. Lui aussi est enterré assis, la face tournée vers l'orient. Un feu est allumé sur la tombe ou sous la plate-forme qui supporte le corps; une coquille de nautile pleine d'eau et divers autres objets sont déposés auprès. Le village est également abandonné et entouré de Y ara. Au temps voulu, les ossements sont nettoyés et distribués pour être disposés en colliers. Les crânes conservés dans le campement sont portés à tour de rôle pendant quelques heures par tous les membres de la communauté \

i LesMincopies sont, parmi les populations actuellement existantes, la seule chez laquelle on ait constaté ces singulières coutumes destinées à rendre hommage aux morts. Mais peut-être ont-elles existé chez quelques-unes de nos tribus quaternaires. Cette hypothèse expliquerait la découverte faite à diverses reprises d'ossements humains brisés et de crânes isolés, alors que bien d'autres circonstances tendent à faire écarter la croyance à l'anthropophagie. Peut-être pourrait-on ajouter qu'on retrouve des traces de ces anciennes pratiques dans la coutume qui existe dans quelques-unes de nos provinces et qui consiste à distribuer aux parents et aux amis divers objets ayant appartenu au défunt en souvenir de celui qu'ils ont aimë.

l6o CARACTÈRES DES MINCOPIES

Industries. — Au point de vue des manifestations industrielles, les Mincopies ont été à la fois trop abaissés et trop vantés.

Constatons d'abord chez eux une lacune bien remarquable.il paraît démontré par les recherches de M. Man que ces insulaires ne connaissent aucun moyen de se procurer du feu. Ils ne savent que l'entretenir. M. Man pense qu'ils ont dû remprunter primitivement à l'un des deux volcans situés dans des îles voisines de leur archipel. Euxmêmes disent le tenir directement de leur Dieu suprême. Mais, dans leurs traditions à cet égard, figurent quelques détails permettant, ce me semble, de conjecturer que leurs ancêtres ont su obtenir du feu par le procédé si commun chez les sauvages, du frottement de deux sortes de bois. Quoiqu'il en soit, leur ignorance actuelle à ce sujet les place au-dessous de toutes les autres races humaines, peut-être de toutes les populations connues1.

On comprend que la conservation du feu soit l'objet de soins tout particuliers. M. Man donne sur ce point des détails inutiles à reproduire*. Il enlève d'ailleurs aux Mincopies le mérite d'une

1 On a attribué la même ignorance aux habitants de quelques îlots de la Micronésie. Mais ces observations, faites en passant, ont besoin d'être confirmées. On sait que les Tasmaniens avaient été représentés longtemps comme incapables aussi de produire du feu, et que cette assertion a été démentie plus tard.

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