CONSERVATION DU FEU I 6 I
invention que Mouat leur avait attribuée1. D'après ce voyageur, ces insulaires auraient entretenu, au cœur de gros arbres choisis à cet effet, un foyer toujours brûlant. Le feu, creusant le tronc de haut en bas, aurait formé une sorte de four vertical où la braise se conservait presque indéfiniment. M. Man ne voit dans cette description qu'une fable, inventée sans doute par Duradawan.
On peut dire que les Mincopies sont étrangers aux premiers rudiments de Fart du dessin. Leurs chefs-d'œuvre en ce genre consistent en de simples lignes en zigzag gravées sur leurs arcs, leurs poteries ou leurs pagaies, et dont l'effet est quelquefois assez gracieux2. Ils ne semblent pas avoir jamais tenté de reproduire la figure d'un animal ou d'une plante. A cet égard, ils sont au-dessous des Boschismans et des Tasmaniens eux-mêmes. Par suite il ne peut exister chez eux rien qui ressemble à la pictographie. Ils ne possèdent aucun moyen de communiquer à distance ou de fixer les souvenirs. Seulement, quand ils veulent indiquer la route à suivre dans le jungle, ils brisent ou inclinent quelques branches dans la direction du chemin.
La musique des Mincopies est aussi bien rudimentaire. C'est une courte phrase musicale, qui,
1 Mouat, Adventures, p. 308,
2 Journal ofthe anthropological Institute, -vol. VU, pl. XII, XIII, XIV, ctOnthe aboriginal inhabitants ofthe Andaman islands, pl. V, VI et VII.
Q.uatrefages, P y g mées. II