CONCLUSION
et, sous l'influence de la civilisation, elle deviendrait intelligente et industrieuse. ^Nousavons vuM. Man confirmer toutes ces appréciations.
M. Montano me dit dans une de ses notes : « Non seulement les Négritos ne sont point féroces, mais ils sont vraiment humains. Ils soignent les malades avec beaucoup de dévouement, même quand ils n'appartiennent pas à leur famille. »
« Le Manthra, écrit le même voyageur, ne manque pas d'intelligence, mais l'insouciance et la paresse semblent lui interdire tout progrès. » En même temps, il attribue à cette population des mœurs douces, dont nous avons déjà vu la preuve. M. Montano s'accorde ici entièrement avec Logan. Toutefois celui-ci reconnaît, en outre, à ces tribus du Bermun, en général, une certaine inconstance et une susceptibilité facile à émouvoir. Il faut, ditil, les traiter comme des enfants. C'est précisément l'expression que Saint John emploie en parlant des Mincopies. Les deux populations se ressemblent, -on le voit, au moral comme au physique, et nier leur identité ethnique fondamentale est évidemment impossible pour quiconque aura quelque peu étudié la question.
Conclusion. — Il ressort, de cette étude, ce me semble, une conclusion évidente et facile à formuler. D'un accord à peu près unanime, les populations dont nous venons de parler ont été considérées comme placées à l'un des derniers échelons de
l'humanité. En particulier, lorsqu'on a commencé à s'occuper des Mincopies, des savants, d'un grand mérite d'ailleurs, ont paru croire qu'enfin on avait mis la main sur le chaînon intermédiaire entre l'homme et le singe. On vient de voir qu'il n'en est rien; et que, là même où ils ont vécu le plus en dehors du mouvement et du mélange, qui seuls élèvent les sociétés, les Négritos se montrent de vrais hommes en tout et pour tout.