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CHAPITRE VI

LES NÉGRILLES OU PYGMEES D*AFRIQUE

Anciens voyageurs ; découvertes modernes. — Négrilles occidentaux ; M'Boulous; Babonkos ; Akouas. — Métissage. — Négrilles du Livingston ; Voatouas ; Boitouas. — Négrilles orientaux; Cincallès ; Mazo ; Maléas. — Négrilles de l'Ouellé ; Akkas. — Taille ; traits ; teint; proportions. — Téboet Chairallah. — Observations générales. — Migrations primitives. — Importance des traditions et des légendes.

Les petits hommes d'Afrique entrevus par les anciens, et dont l'existence très réelle a donné lieu à tant de fables, n'ont été retrouvés que bien tard par les modernes.

En 1625, Battel fit le premier connaître quelques faits recueillis par lui dans leLoango 4.

A huit journées à l'est du cap Négro2se trouve,

1 André Battel, marin anglais, fait prisonnier par les Portugais en 1589, fut conduit au Congo, où il demeura captif pendant près de dix-huit ans. Il a publié ses aventures dans le recueil de Purchas. Walckenaer en a donné un résumé détaillé, après avoir fait ressortir les caractères de véracité que présente cette relation. (Histoire générale des voyages, t. XIII, p. 12 et 434.)

2 II ne s'agit pas ici du cap Negro, situé au sud du Benguela par

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d'après lui, le territoire de Mani Kesock, et au nord-est de celui-ci « habite une nation de Pygmées qui se nomment Matimbas, de la hauteur d'un garçon de douze ans, mais tous d'une grosseur extraordinaire. Leur nourriture est la chair des animaux, qu'ils tuent à coups de flèche. Ils payent à Mani Kesock un tribut de dents et de queues d éléphant. Quoiqu'ils n'aient rien de farouche dans le caractère, ils ne veulent point entrer dans les maisons des Marambasni les recevoir dans leurs villes... Leurs femmes se servent de l'arc et des flèches avec autant d'habileté que les hommes; elles ne craignent point de pénétrer seules dans les bois sans autre défense que leurs flèches empoisonnées \ »

Sans faire connaître les sources auxquelles il a •emprunté ses renseignements, Dapper donne des détails analogues sur les Mimos ou Bakkè-Bakkès, qu'il semble placer un peu plus au sud, au cœur du Loango 2.

Des observations toutes récentes, et dont la plus ancienne ne paraît pas remonter au delà de 1 86 1 3,

l6°3' de latitude sud et 90 34' de longitude est. (Malte-Brun.) Le cap Negro de Battel borne à l'ouest la baie de Mayorrba et e5t peut-être le cap Yumba que Malte-Brun place à 30 30 'de latitude sud.

1 Histoire générales des voyages, X. XIII, p. 441.

2 Description de la basse Ethiopie.

3 F. Touchard, Notice sur le Gabon, dans la Revue maritime et coloniale, t. III, p. 9, cité par M. Hamy dans son Essai de coordination des matériaux récemment recueillis sur V ethnologie des Négrilles eu Pygmées de l'Afrique équatoriale (Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, 1879, P- 82)«

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sont venues confirmer ses anciennes données. Les

Fig. 21. — Akoa, d'après l'amiral Fleuriot de Langle.

membres d'une expédition allemande ont retrouvé

Q.U ATREFAGESjPygméeS. 16

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dans le Loango, sous le nom de Babonkos, les Bakké-Bakkés de Dapper, et en ont rapporté des portraits, des photographies l. M. le Dr Touchard a signalé la disparition récente d'une population gabonaise, les Akoas 2, dont un petit groupe était pourtant encore, en 1868, cantonné dans les bois, au nord de la rivière de Nazareth. Si bien que l'amiral Fleuriot de Langle a pu photographier un de ses représentants 3 (fig. 21). Cet Akoa était un véritable nain. Il en est de même des M' Boulons, Cbehianis ou Osièhanis, visités par MM. Touchard et Marche4. Étouffés entre les Fans et les Pongoués, ceux-ci sont en voie de disparaître comme leurs frères les Akoas.

En groupant les renseignements divers empruntés à ces photographies, à ces descriptions, M. Hamy a pu tracer le portrait à peu près complet de quelques-uns de ces nains d'Afrique. L'Akoa étudié par l'amiral Fleuriot « paraissait âgé d'environ quarante ans et mesurait de 1 "\ 3 9 à im,40, Il était admirablement pris dans sa petite per-

1 Zeit schr if t fur Ethnologie, 1874. — R. Hartmannn, Die Negritier, pl. XIII. J'emprunte au travaille de M. Hamy ces indications bibliographiques ainsi que la plupart des suivantes relatives à l'histoire des Négrilles occidentaux.

2 Touchard, Notice sur le Gabon (Revue maritime et coloniale, t. III, p. 9).

3 Fleuriot de Langle, Croisières à la côte d'Afrique, 1868 (Tour du monde, 1876, p. 279, et figure p. 283). Par suite de quelque méprise, cet Akoa ou Akona (Fleuriot) est désigné comme étant un Obongo*

4 Marche, Trois voyages dans V Afrique occidentale , p. 106.

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