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CARACTÈRES PHYSIQUES

n'a encore présenté un minimum aussi faible que la Boschismane mesurée par Barrow ( i m , 1 4) et surtout que l'individu de même racce auquel le DrWeisbach attribue 1 mètre seulement. Toutefois les observations du DrWolff que j'ai rappelées plus haut, paraissent confirmer la conclusion générale qui ressort de ces diverses mesures. Il pourrait bien se faire que ces Négrilles africains, évidemment tous de même. souche, fussent en réalité la plus petite race humaine.

Schweinfurth attribue aux Akkas une tête très forte, un crâne large et presque sphérique. Ce dernier détail est à coup sûr exagéré. L'indice le plus élevé, mesuré directement, est celui qui résulte des mesures de Marno ; il n'atteint que 82,85, ce qui revient à environ 80,85 sur 'e crâne sec. La moyenne, pour trois jeunes sujets, est de 78,03, c'est-à-dire encore plus de 76 pour le crâne sec1. Nous voilà encore loin de la véritable dolichocéphalie des Nègres proprement dits, et nous retrouvons, au contraire, les chiffres que nous avons vus caractériser les Négrilles.

Le teint des Akkas, d'après Schweinfurth, rappelle la couleur du café légèrement brûlé. Les observations faites sur Tébo et Chairallah confirment

1 M. Hamy, tenant compte du peu de développement des muscles temporaux dans les jeunes sujets, ne diminue que d'une unité le rapport obtenu sur le vivant pour le ramener à ce qu'il serait sur le crâne sec. Il regarde donc la moyenne dont il s'agit comme devant être au moins 77. (Loc. cit., p. 98.)

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assez bien cette appréciation. Mais le comte Miniscalchi a remarqué que ce teint, plus foncé en été pâlissait beaucoup en hiver. La chevelure est à peu près de même couleur, plus claire chez Chairallah que chez Tébo. Chez tous les deux elle est franchement laineuse et forme des glomérules. La barbe, qui a poussé, chez Tébo, au menton et à la lèvre supérieure, présente les mêmes caractères.

Schweinfurth a représenté Nsévoué comme très prognathe avec un nez à profil aquilin, mais dont l'extrémité est comme noyée dans l'épaisseur de la lèvre supérieure. Chez lui le menton est assez avancé. Il est au contraire très fuyant chez Bômbi dont le nez est aussi plus détaché. La photographie de Tébo se rapproche, sur ces deux points, du dernier type plutôt que du premier. Les lèvres sont d'ailleurs moins épaisses que chez les Nègres, et sont même indiquées comme minces par M. Vossion aussi bien que par Schweinfurth.

Toutes les descriptions s'accordent pour attribuer aux Akkas, hommes ou femmes, un développement abdominal exagéré, qui fait ressembler les adultes à des enfants nègres ou arabes. Dans les photographies de Tébo et de Chairallah, ce trait est des plus prononcés. M. Panizza, étudiant en anatomiste, au moyen de l'auscultation, les causes de ce développement, l'attribue aux dimensions inusitées que présentent le lobe gauche du foie et la rate, ainsi qu'à la forte proportion dégraisse accumulée dans le mésentère.

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Cette exagération du contenu de l'abdomen entraîne des conséquences anatomiques qui ont aussi attiré l'attention de tous les observateurs. La poitrine, relativement étroite et aplatie dans le haut, se dilate en bas pour enfermer cette énorme panse. D'autre part, la saillie de l'abdomen exige, pour le maintien de l'équilibre, que le bas de l'épine dorsale se porte également en avant. De là résulte, chez les Akkas, l'ensellure remarquable qui a fait comparer à un S la courbe décrite par l'épine dorsale1.

Mais il est évident que le développement anormal de l'abdomen n'est pas chez, les Akkas, un véritable caractère de race, et qu'il tient en grande

1 Cette conformation a donné naissance à une singulière méprise, qui a entraîné bien des discussions. Dans une communication faite à l'Institut égyptien (séance du 5 décembre 1873), Schweinfurth avait comparé la courbure de la colonne vertébrale à un C. L'éminent voyageur n'avait évidemment voulu parler que de la portion inférieure de cette colonne, et entendait bien que la concavité du G était placée en arrière. Mais, sous l'influence d'idées préconçues et dans l'espoir de trouver chez les Akkas ce chaînon entre l'homme et les singes, après lequel on court depuis si longtemps, quelques esprits aventureux admirent qu'il s'agissait de la colonne vertébrale entière, que la concavité du C était tournée en avant, et que, par conséquent, les Akkas ressemblaient, sous ce rapport, aux singes anthropomorphes. Avant même d'avoir vu les photographies, j'avais combattu, à la Société d'anthropologie et ailleurs (loc. cit., p. 159), cette interprétation incompatible avec le mode de locomotion de l'homme et avec l'agilité que tous les renseignements attribuaient aux Akkas. Broca (loc. cit., p. 284) aussi bien que MM. Mantegazza et Zannetti (loc. cit., p. 148) ont, plus tard, développé les mêmes arguments à l'appui de l'opinion qui nous est commune et que justifient toutes les données aujourd'hui acquises.

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partie à leur genre de vie, à la qualité de leur nourriture, peut-être aussi aux conditions générales de leur habitat. Ce fait résulte des observations du compte Miniscalchi, qui a vu, au bout de quelques semaines, sous l'influence d'un régime sain et régulier, « le développement excessif de l'abdomen disparaître et la colonne vertébrale reprendre son état normal ». Le même changement s'est effectué chez Saïda.

Pour terminer ce portrait physique des Akkas,. il reste à parler des membres. Les supérieurs sont longs et terminés par des mains d'une extrême finesse K (Schweinfurth.) Les inférieurs sont courts relativement au tronc et légèrement courbés en dedans. Les pieds aussi sont tournés, dans le même sens, plus que ceux des autres Africains.

Les femmes akkas paraissent ressembler beaucoup à leurs maris. M. Giglioli parle de Saïda comme ayant la taille épaisse, le cou court, les bras ni grêles ni longs, les mains plutôt grandes que petites. Le teint de cette Akka est, comme celui de Chairallah, assez semblable à celui d'un mulâtre. Les cheveux, d'un noir fuligineux, forment des glomérules moins nettement isolés ; le prognathisme est assez prononcé. Cette description concorde fort bien avec les figures de M. Chaillé-Long. Ce dernier ajoute que, chez sa Tiki-Tiki, les seins

i Les photographies de Tébo et de Chairallah ne justifient pas ceséloges, non plus que le moulage pris sur Tébo.

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