‹ Les pyométries: Dans le cancer du col de l'utérusChapitre 12 sur 18 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Pyométries latentes

Observation I

(Rouville : Montpellier médical, 17 janvier 1909)

« Malade âgée de 60 ans, ménopausée depuis 12 ans; elle a eu 8 enfants sans incidents ; depuis trois mois seulement elle perd en rouge; ses pertes sont irrégulières et d’abondance variable; elle éprouve dans le bas-ventre quelques vagues douleurs ; sa température, prise matin et soir depuis son entrée dans le service, n’a pas dépassé 37°; l'état général est bon; les urines sont normales, aucun trouble de la miction, pas de constipation. à

Le volume de l'utérus dont on délimite le fond à trois travers de doigts au-dessus de la symphyse, l’immobilisa-

tion partielle de cet organe, l'induration commençante du

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ligament large gauche, enfin l'invasion néoplasique du eul-de-sac latéral gauche, contre-indiquent, à mon sens, toute tentative d'exérèse totale et, en quelques coups de curette, tout le col infiltré, ramolli jusqu’à l'orifice interne, est rapidement abrasé; je me trouve alors en présence d'une vaste surface saignante, recouverte ça et là de saillies bourgeonnantes et, avant d'aller plus loin, je juge prudent de repérer l'orifice utérin; j'y parviens facilement ; une fine curette dont je me sers en guise d’explorateur pénètre brusquement dans la cavité utérine et immédiatement un flot de pus franc, bien lié, sans odeur, fait irruption dans le vagin, il y en a environ 150 grammes. Après dilatation prudente, aux bougies d'Hegar, de l'orifice interne, j'introduis l'index droit dans la cavité utérine; celle-ci est dilatée, mon doigt s'y meut aisément et perçoit partout la muqueuse régulière et lisse sans fongosités ni ulcérations : drainage de l'utérus, injection intrautérine au lysol. Ce traitement est continué 8 jours : la

malade quitte alors le service en excellent état. »

Observation II

(Rouville : Montpellier médical, 17 janvier 1909)

« Malade âgée de 61 ans, ménopausée depuis 10 ans; elle a eu 5 enfants sans ineidents ; il ÿ a un an, elle s’est aperçue qu'elle perdait en rouge; ses pertes étaient peu

abondantes ; elles cessèrent pour réapparaître à différents

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intervalles toujours modérées ; il y a 8 jours cependant, elle à saigné assez abondamment pendant 3 jours ; elle s'est alors décidée à entrer à la clinique. Elle ne souffre pas ; depuis son entrée dans notre service, sa température est restée normale : quelques pertes blanches non fétides dans l'intervalle des hémorragies ; l'état général est bon. Urines normales, pas de troubles de la miction, pas de constipation.

L'utérus est augmenté de volume, on sent le fond à deux travers de doigts au-dessus de la symphyse ; ilest mobile et non douloureux à la mobilisation ; les culs-desac sont libres ; le col utérin est atteint d'atrophie sénile, mais une tumeur née dans la lèvre antérieure fait saillie dans la cavité cervicale ; cette tumeur est interstitielle et n’a pas ulcéré la muqueuse qui lui adhère cependant.

I s’agit, à n’en pas douter, d'un épithelioma nodulaire et l'indication se pose nettement d'une intervention radicale par voie abdominale. Le ventre ouvert, l'utérus apparait globuleux et mou; on pourrait penser, en d’autres circonstances, à un utérus gravide ; une pince à 4 dents en saisit le fond, mais l'utérus se déchire à ce niveau et un pus franc, bien lié, sans odeur, s'échappe sur les compresses qui, nombreuses, isolent l'intestin ; sans hésiter, je fends l'utérus au bistouri sur la ligne médiane, il s'écoule environ 200 grammes de pus que je reçois sur de nouvelles compresses superposées aux premières et dont je me débarrasse immédiatement. L'utérus vidé, l'opération se poursuit sans incidents et, trois semaines plus tard, la malade sort de l'hôpital sans avoir présenté la moindre élévation de température.

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Observation ITI

(Bithaut : Annales de Chirurgie et Orthopédie 1907)

Mme B., 63 ans, est atteinte d'un cancer de l'utérus dont le diagnostic ne peut laisser de doute. .

Col détruit en partie par un ulcère fongueux absolument typique. Le corps de l'utérus remonte à 2 travers de doigts au-dessus de la symphyse pubienne. Il n'est pas induré, mais, en raison de la masse adipeuse qui le recouvre, il est diflicile d’être bien édifié sur ses caractères de dureté ou de mollesse. J'introduis un hysteromètre dans le col et j'éprouve un peu de résistance au niveau de l’isthme. Après quelques tâtonnements, la tige pénètre d’un seul coup dans la cavité et je vois sourdre du pus.

J'introduis dans la même direction que l’hysteromètre une pince longuette dont je fais écarter les mors. Aussitôt le pus coule abondamment et j'estime à un grand verre à boire la quantité qui s’est échappée de la cavité utérine.

Un nettoyage avec la sonde de Doleris est fait avec soin; je fais un curettage de la muqueuse. Je lave de nouveau avec la solution à l'oxycyanure de mercure et je laisse une gaze aseptique à l'entrée de la cavité utérine pour assurer le drainage par capillarité. Deux jours après, je pratique l'hystérectomie vaginale et la

malade guérit dans les meilleures conditions.

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Observation IV (Begouin : Gazette de Gynécologie 1907)

J. S., 73 ans, entre à l'hôpital pour pertes utérines.

À eu 2 enfants, les règles ont cessé à 60 ans. Il y à 3 mois, s est aperçue qu’elle perdait un peu de sang par le vagin, écoulement peu considérable, presque continu, remplacé entre temps par des pertes blanches ou rousses qui n'eurent jamais d’odeur fétide et ne vinrent jamais par flots brusques.

Quelques vagues douleurs insignifiantes dans le basventre sans caractères paroxystiques. Ni troubles urinaires, n1 troubles digestifs, pas d'œdème. Etat général excellent.

. A l'examen direct, cancer du col infiltré et bourgeonnant, sans envahissement des culs-de-sac ni de la base des ligaments larges, le corps utérin mobile ne parut pas augmenté de volume, les annexes ne se percevaient pas.

Sept jours après, on pratique l’hystérectomie par voie abdominale. Le ventre ouvert, l’écarteur de Ricard en place et le champ opératoire limité par de grandes compresses, le fond de l’utérus apparut rétrofléchi, rouge et un peu gros, sans qu’il y eût cependant là quelque chose d'assez saillant pour retenir l'attention. Aussi il est saisi avec une pince de Museux : aussitôt s'écoule, le long des mors de la pince, un pus horriblement fétide qu'on peut. recueillir sur des compresses. Alors pendant de longs moments, on dut exprimer du pus de l'utérus et l’éponger

Le

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