‹ Les pyométries: Dans le cancer du col de l'utérusChapitre 18 sur 18 · PRE ES · texte numérisé non relu

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de peine à opérer entièrement-par l'abdomen, car il fallait faire une ablation à peu près complète du vagin, aussi se décida-t-il à une vagino-abdominale.

Dans un premier temps vaginal, il a fait une incision circulaire du vagin à quelques millimètres ou un centimètre environ de la vulve et à une distance de 2 ou 3 centimètres, avec gants de caoutchouc.

Ensuite Wertheim.

Il a d’abord trouvé sur le corps utérin un peu de fibrine, des fausses membranes récentes dont l’origine était une salpingite gauche. La cause de celle-ci était un pyomètre

absolument fermé par en bas.

Examen de la pièce. — La pièce comprenait l'utérus, les annexes et la partie supérieure du vagin.

La cavité utérine mesurait environ 11 centimètres 5, le corps était volumineux avec des traces nettes de péritonite sur la face séreuse.

Le col offre une masse en pleine dégénérescence cancéreuse, obstruant complètement sa cavité. Dimensions comprises entre une grosse noix et une petite mandarine. Aspect papillomateux, en choux-fleurs. La propagation a envahi la partie supérieure du vagin.

A l'incision du corps utérin, il s'échappe environ 200 centimètres cubes de pus horriblement fétide qui y était contenu sous forte tension. La muqueuse n’est pas érodée. Le pavillon de la trompe gauche est fermé par l’accolement de ses franges repliées.

L'ovaire est cerné par des adhérences péritonéales récentes. Pas de dilatation de la trompe.

Lx SRE

Examen du pus : eytologique : nombreux globules blancs.

bactériologique direct : pas de bacil-

les de Koch, nombreux cocci ; cul-

tures : colonies de staphylocoques.

Le 3 février, on enlève les drains, la température se maintient entre 37° 8 et 38° 3.

Le 7 février, ablation des mèches, la température s'élève jusqu’à 38° 8, lel0 février, pour redescendre à 37° 2-le12, jour où on enlève les fils, et se maintenir aux environs de 37° 3 jusqu'au 2 mars.

Cette observation est particulièrement intéressante; il s'agit, en effet, d'un cas de pyométrie avec distension des trompes, salpingite et pelvi-péritonite légère, celle-ci avait occasionné des douleurs en dehors de l'utérus, qui auraient pu tromper et faire admettre l'inopérabilité du. cas. Mais, à l’incision abdominale, on a reconnu les traces de cette pelvi-péritonite et sa cause, on a alors continué avec succès l'intervention. |

14 novembre. — Etat général toujours excellent, quelques légères pertes rouges.

Observation XIV Rapportée par Récamier en 1905 (Rouville, Montpellier médical, 17 janvier 1909)

Une de mes malades entra à Saint-Michel pour une douleur vive et persistante de la région pelvienne, rendant

la station debout presque impossible. Chaque soir, elle

ere

avait une légère élévation de température, 38°, et des signes généraux d’'anorexie sans que sa santé générale fût cependant celle d’une infectée : quelques hémorragies, très peu de pertes blanches. A l'examen, on trouvait, à la place du col de l'utérus, une petite masse dure, saignante au contact. L'orifice du col était déplacé en arrière. Par le palper bimanuel, on reconnaissait l'utérus, du volume d’une grossesse de 4 mois environ, dur et très sensible à la pression. L'examen ayant prouvé que le col était bien le siège d’un épithelioma, j’attaquai à la curette ce néoplasme, creusant une sorte de canal qui, peu à peu, me conduisit dans la cavité utérine dilatée. Il s'écoula alors presque un demi-litre de pus. Après un premier lavage, je fis un tamponnement lâche à la gaze ; il n'y eut aucune hémorragie ; la malade fut soulagée immédiatement. Cette malad resta quelque temps à l'hôpital, puis s’éloigna et revint avec de nouvelles douleurs quelques semaines plus tard ; je constatai que le pyomètre s'était reproduit en partie, et il suflit d’une simple cautérisation au fer rouge complétant un curettage, pour créer un large canal qui ne se referma plus. La malade a été revue; le cancer progressait lentement et les douleurs ne reparurent que plus d’une année après, lorsque les ligaments utéro-sacrés furent complètement envahis. Elle était opérée depuis

plus de 15 mois.

Pen

Observation XV. Récamier (In thèse Lomon)

Femme âgée de 70 ans, souffrant depuis plusieurs mois de douleurs très vives dans le bas-ventre, que l'intensité des coliques décidèrent à consulter assez tardivement.

A l'examen, je trouvai l'utérus du volume d’une grossesse ‘de trois mois et donnant, à la palpation, la sensation élastique d’une tumeur liquide. Le col était le siège d'un cancer squirrheux formant un anneau épais et solide; il donnait passage à un écoulement sanieux et horriblement fétide.

Instruit par mon expérience précédente, je fis à cette malade non seulement un curettage qui, dès les premiers coups de curette, donna issue à un flot de pus, mais une cautérisation profonde au fer rouge de toute l'étendue du col, créant un large canal où l’atrésie ne sembiait plus devoir se produire.

Par ce canal, je fis, de suite, puis fis faire des lavages au permanganate. La douleur et l'odeur disparurent pour ne plus reparaître. La malade partit pour la campagne et je sais qu’au moyen d'une longue canule, elle continua elle-mème les lavages intra-utérins journaliers, moyennant lesquels elle n'eut jamais d'infection. Les douleurs ne reparurent pas, elle devint cachectique et mourut plus d'une année après cette intervention.

Vbservation XVI, Legueu et Rebreyend (n thèse Lomon)

À. B., 60 ans, entrée le 14 juillet 1897. Pertes rouges datant d'un an ayant beaucoup augmenté ces derniers temps.

Depuis quelques semaines, douleurs très vives par intermittence, Un peu d’amaigrissement, mais état général

bon. Dix couches normales, ménopause datant de 10 ans.

Etat actuel. — Etat général bon, abdomen flasque, aspect extérieur des organes génitaux normal, vagin large, de longeur moyenne.

L'orifice du col, d'où s’écoule un liquide sanglant, épais, admet l'extrémité d’un doigt.

Le corps utérin, gros comme le poing, est piriforme, lisse à sa partie supérieure, élastique, libre, antéfléchi.

Rien aux annexes ni au paramétrium.

On décide de dilater le col et, d'après le résultat, de faire l’extirpation totale ou l’amputation du col.

Opération le 4 août 1897. Chloroforme. La plus petite bougie d'Hegar est introduite et bute au niveau de l'orifice interne sur un rétrécissement serré qu’elle franchit difficilement. En appuyant plus fort, on la fait pénétrer de 12 centimètres. Il sort, du col un liquide épais, de couleur brun café, avec une dilatation plus forte, on en fait sortir 60 centimètres cubes. En même temps sortent plusieurs petits fragments de tissu dont la curette permet de

retirer une plus grande quantité.

NT: qu

A ce moment, l'examen bimanuel montre que l'utérus est devenu plus petit, plus plat, plus mou: On se décide à l'hystérectomie totale qui est faite sans difliculté. Ovaires atrophiés, trompes normales.

Suites opératoires simples. La malade quitte l'hôpital

le 49 août en parfait état.

Examen de la pièce. — La muqueuse du col, dans sa partie inférieure, est normale ; à 2 centimètres 9 au-dessous de l'orifice interne, on trouve, sur toute la circonférence, une masse néoplasique dont la curette a enlevé une large part. Elle s'étend sur une hauteur de 3 centimètres jusqu’à l’orifice interne et le dépasse même par endroit ; lé néoplasme se termine en haut par une ligne sinueuse bien visible.

Cavité du corps élargie, muqueuse d'aspect lisse; parois musculaires très épaissies; à la coupe, orifices vasculaires dilatés.

Péritoine normal.

Au microscope, Carcinome cylindrique du canal cervi-

cal ; épaississement de la muqueuse du corps.

li RP

Fibrome, Cancer et Pyométrie

Observation XVII (Inédite)

Service du Professeur Polosson, due à l’obligeance

du Docteur Violet

Néopiasme de la cavité cervicale

avec pyométrie dans un gros utérus fibromateux

M..., 65 ans, entrée dans le service le 13 septembre 1906, opérée le 15. La malade présente une grosse tumeur abdominale remontant à l’ombilic, dure, douloureuse, nettement en connexion avec le col utérin, il s’agit d'un fibrome. La malade avait de grandes oscillation de température avec 3995 le soir. Depuis quelques jours elle souffrait énormément, avec de l’anorexie, quelques vomissements et un amaigrissement progressif. Par le vagin s'écoulent des sécrétions sanguinolentes assez abondantes.

On se demande s’il s’agit d’un fibrome gangrené auquel

cas l'intervention immédiate s'impose, ou d'un fibrome

avec complications péritonéales voisines. On ne sent rien à côté de l'utérus et c’est l'utérus lui-méme qui parait douloureux.

Une chose attire l'attention, c'estau toucher rectal l’envahissement du ligament large droit. À ce niveau il existe comme du phlegmon ou de l’infiltration néoplasique. Le toucher vaginal montre que le museau de tanche est sain, mais la cavité cervicale légèrement entr ‘ouverte saigne facilement et on songe à la possibilité d’un cancer isthmi-que avec infiltration phlegmoneuse du paramètre droit pour expliquer la fièvre et on décide comme intervention une extirpation de l'utérus seule façon de drainer ce foyer

infectieux.

Intervention. — On pratique la laparotomie et on tombe sur un gros fibrome. On fait un pédicule supérieur et on pince les artères utérines mais au moment de luxer, la tumeur se déchire en plein néoplasme, un flot de pus fétide s'échappe dans le pelvis protégé par des compresses.

On dissèque l’uretère à droite et on enlève le col. Mais on a l'impression qu'il ne s'agit que d'une opération palliative. On fait un tamponnement, la malade meurt au bout

de 48 heures de péritonite septique.

Examen de la pièce. — La pièce se présente en 2 portions. Le premier morceau du volume d'une tête d'adulte comprend la cavité du corps avec ses myomes. La cavité utérine est revenue actuellement sur elle-même mais on

peut se rendre compte de sa dilatation en longueur et en largeur. -

et

Le second morceau comprend le col. Le museau de tan-

che est sain, au-dessus existe une moitié du champignon

néoplasique dont l’autre moitié reste adhérente au corps

utérin. La déchirure qui intéresse la cavité cervicale S est

faite en plein néoplasme. Pas de distention tubaire, aucune

lésion du péritoine.

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