DIAGNOSTIC
Malgré l’existence de certains signes difficiles à déceler, mais ne prêtant pas à la confusion, le diagnostic reste particulièrement délicat. Si nous voulions le traiter en entier, ce serait tout le long chapitre du diagnostic des tumeurs abdominales qu’il faudrait entreprendre; aussi laissant de côté les cas les plus éloignés de celui qui nous intéresse, et ceux ой оп peut être amené à rechercher directement une malformation utérine, nous nous bornerons à envisager ceux qui s’en rapprochent le plus.
En présence d’un sujet jeune, atteint d’une suppression
absolue de règles, et de douleurs lombaires et abdominales remontant à plusieurs semaines, on peut penser tout d’abord à une grossesse. Mais bien que la malade en admette la possibilité et que les symptômes menstruels soient en faveur de cette hypothèse, les autres, tels que l’augmentation de volume des seins, la pigmentation de l’aréole et de la ligne blanche, font défaut. De plus, la tumeur abdominale moins développée que lorsque l’utérus est gravide, la fièvre et la sensibilité de l’abdomen parlent en faveur d’un processus pathologique.
ላ 18 suite de l’examen gynécologique, l’idée d’une grossesse extra-utérine qui aurait pu venir facilement à l'esprit étant donné l’anamnèse et l’arrêt subit des règles, doit être abandonnée pour les raisons suivantes :
1° Le minime volume de la tumeur et sa position. En effet, elle est moins bien palpable à travers la paroi abdomi-
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nale qu’un embryon de plusieurs mois, même s’il est déjà mort;
2° Le défaut de ramollissement du col;
3° L’absence des autres symptômes ordinaires de la grossesse.
À ces suppositions peut s’ajouter celle d’une hématocèle rétro-utérine. Mais ici l’absence d’une douleur fugace mais extrêmement vive dans le bas-ventre, l’absence de phénoménes syncopaux et la présence de la fiévre, en aideront le diagnostic, \
Il en est autrement en ce qui concerne l’abcès pelvien ou les collections purulentes développées dans le péri ou paramétrium. Si ordinairement dans ce cas, l’histoire clinique est d’une grosse importance, elle peut nous laisser ici dans le doute; en effet, l’état fébrile, l’écoulement de pus par le vagin, si la pyométrie est ouverte, peuvent faire penser à une métrite accompagnée de paramétrite dues vraisemblablement à une infection blennhoragique. Ce ne sont que l’aspect de la tumeur et la recherche de sa position par rapport à l’utérus qui permettront de faire Іа part des choses.
On peut envisager aussi la possibilité d’un myome cervical. L'arrivée brusque des douleurs, l’absence de menstruation, sembleraient aller contre cette supposition. Cependant certains faits plaident en sa faveur, tels la situation de la tumeur, sa consistance, la perméabilité du col; la présence enfin des pertes purulentes ne s’opposerait pas à cette hypothèse, puisqu'il est fréquent de voir des polypes múqueux donner naissance à un pareil écoulement accompagné d’une odeur fétide très prononcée. Le diagnostic de pyosalpinx si souvent établi, est excusable, surtout en présence d’une tumeur latérale, douloureuse, légèrement mobile, saillant dans un des culs-de-sacs, de pertes purulentes, et enfin d’une légère élévation de la température. C’est en effet l’affection dont le tableau clinique se rapproche le plus de la pyométrie ouverte.
Le cancer de l’utérus peut facilement être éliminé, le tou-
cher vaginal et Гехатеп au spéculum, la présence de pertes sanieuses auxquelles s'ajoutent par intervalle de véritables hémorragies, suffisent très souvent à le déceler. Si donc les symptômes pathognomoniques des malformations utérines, tels que les malformations portant sur le vagin ou sur l’appareil urinaire, font défaut, toutes ces éventualités pourront être admises. Seuls les symptômes fournis par la malformation elle-même et décelés par l’hystérométrie pourront éclairer le diagnostic. C’est donc à cette manœuvre que l’on devra avoir recours pour s’approcher le plus possible de la vérité. |