TRAITEMENT
Comme toute collection purulente, la pyométrie doit être évacuée,
C’est dans ce but qu’ont vu le jour, nombre de procédés, dont certains sont délaissés à l’heure actuelle. Voyons quels ils sont :
Tout d’abord, la ponction. Cette intervention dont Boyer s était fait le protagoniste, surtout en ce qui concerne lhématométrie, est tombée en désuétude parce qu’inefficace et dangereuse. En effet, son action radicale est nulle, puisque l’abcès, n’ayant pas un débouché permanent, pourra se řeformer, à mesure que les règles réapparaitront; de plus, si elle est mal pratiquée, elle peut produire des lésions de utérus, voire même une perforation.
En présnce de cés faits, la plupart des auteurs se sont re: portés sur l’incision et c’est vers 1875 qu’on voit apparaître ce genre d'intervention, La technique facile, si l’incision n’a qu’un but évacuateur passager, est plus délicate si elle а pour objet de livrer un passage permanent au rétentum. En effet il faut introduire un bistouri à travers le col normal, dans Putérus sain, et fendre aveuglément à cé niveau le septum interne. Les résultats obtenus par ce procédé ne sont pas très positifs et l’on peut voir notamment dans [observation de Von Holst, rapportée ici-même, que l’un des inconvénients les plus fréquents qu’offre cette intervention, en plus de sa difficulté de technique, est la possibilité qu’elle laisse à la tumeur de se refermer, De cette façon, la collection purulente peut se reformer comme si elle avait été seulement ponctionnée,
La dilatation avec drainage proposée plus tard, constituait déjà un notable progrès, puisque ce procédé établissait une communication permanente entre la cavité utérine purulente et l'extérieur. Mais ici encore son grand défaut est la possibilité laissée àla lésion de se prolonger, de passer pour ainsi dire à la chronicité. Les lésions profondes de l’utérus étant longues à se cicatriser.
Les progrès de l’asepsic ayant ouvert à la chirurgie des horizons nouveaux, on а pu, à mesure que les procédés opératoires se perfectionnaient, envisager un traitement radical de cette affection.
L’hystérectomie vaginale, qui eut une si grande vogue à l’époque de Segond, peut être pratiquée ici; nous en avons un exemple dans l’une de nos observations, Elle а cependant un défaut, c’est celui de ne pas permettre à l’opérateur de se rendre compte dés adhérences souvent énormes qui 86 sont produites, et par conséquent d’être une opération longue et difficile; de plus, elle ne permet pas de protéger suffisamment le péritoine contre le pus qui peut jaillir de l’utérus lors de son ablation. `
Certains ont proposé une intervention par voie haute en laissant en place les annexes. Cette manœuvre est discutable, car très souvent, ovaires et trompes sont lésés.
Pour ce qui nous concerne, nous estimons que lorsqu'on intervient pour üne pyométrie développée dans un utérus double, on doit avoir en vue le traitement d’une malformation et celui d’une affection développée à son niveau. Par conséquent, la seule manière d’arriver à un résultat positif c’est dé pratiquer l’hystérectomie totale par voie haute. De cette facon l’opérateur voit nettement ce qu’il fait et peut se rendre compte de la configuration anatomique de Іа région. Cette intervention se fera suivant les techniques habituelles de l’hystérectomie, en ве souvenant cependant que le manuel opératoire pourta être dans certains cas modifié par des détails inhérents à la malformation ou à la lésion.
П faut signaler en effet, quand il s’agit d’utérus bifide, les
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inclinaisons quelquefois très accentuées des deux utérus, inclinaisons qui peuvent entraîner un raccourcissement et un épaississement du ligament large, d’où immobilité de l’utérus. П faut mentionner aussi la possibilité d’existence d’une cloison vesico-rectale, allant du rectum à la face postérieure de la vessie et partageant le bassin en deux parties. C’est surtout dans les utérus bicornes et pseudo-didelphes qu’on la rencontre. Son développement, fort variable, peut aller de quelques centimètres à 12 centimètres, comme l’ont constaté Dupuytren et Ollier.
D’autres difficultés opératoires, mais exceptionnelles, peuvent tenir à la présence d’autres malformations. Il ne faut pas oublier, en effet, que quelquefois les malformations utérines sont accompagnées de malformations des organes urinaires; c’est ainsi que Picquand, Meyer, Puech, citent . des cas où les deux utérus étaient séparés par les urétères et le rectum. Souvent, comme l’a constaté Halban, du côté de la corne la moins développée, il peut y avoir absence d’un rein ou d’un urétère.
Si nous ajoutons enfin toutes les adhérences inflammatoires contractées par l’utérus ou ses annexes avec les organes voisins, et la septicité du pus, on comprendra que seule la laparotomie permet de se rendre compte de ces accidents et de les traiter efficacement.
Les opérations, telles que ponction, incisions, dilatations, ne sont pas à mettre systématiquement à Гесагі; en effet, si leur pouvoir curatif est presque nul, elles ont l’avantage de pouvoir constituer un traitement d'attente lorsque l’hystérectomie ne peut être pratiquée, et même de pouvoir préparer cette intervention en diminuant notablement la masse du liquide et sa septicité.
Enfin, quel que soit 16 procédé opératoire choisi, on devra loujours se souvenir que le milieu sur lequel on va agir est un milieu septique et qu’il est de toute nécessité d’empécher, par les moyens habituels, la propagation de l’infection aux organes voisins.