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PRODUITS SOLUBLES DU STAPHYLOCOQUE DORÉ. — 1° Toxicité d’une culture complète. — Culture provenant d'un panaris et âgée de dix jours. — Expérience sur le
chien à la dose de 27 cmc. par kgr. vivant : la mort n'est pasrapide et ne survient qu'après 6 heures ; mais, dès qu’on à inoculé À emc. par kgr.: on observe des perturbations profondes ; les troubles sont complexes : tendance de la respiration à s'arrêter en expiration, augmentation de la pression sanguine; les mouvements du cœur sont accélérés et diminués de force; abaissement thermique, convulsions généralisées.
2° Toxicité d’une culture complèle, mais stérilisée par la chaleur (+ 55° pendant 24 h.). Culture de staph. aur. provenant d’une endocardite, âgée de 24 jours. Le produit est privé de quelques-uns de ses produits solubles.
Injection sans filtration : troubles profonds dès l’injection de 1,3 cc. par kilogramme. La mort immédiate n’est pas obtenue ; elle survient 17 heures après l'injection de 35 cc. par kilogramme.
On observe surtout la tendance à r’arrêt du poumon en expiration ; élément convulsif ; hématuries. Le cœur surtout est touché : les battements sont diminués de force et de pression, s'inscrivant à peine.
Une culture de 24 jours est énormément plus toxique qu'une de 48 heures. Le maximum de toxicité existe vers le 20° jour. Une culture tuée par la chaleur et conservée perd la plus grande partie de sa toxicité en vieillissant.
3 Toxicité des cultures filtrées (sur filtre Chamberland). — Toxicité très faible, le filtre de porcelaine retenant
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une quantité de produits solubles. Ces cultures sont prédisposantes.
La toxicité varie beaucoup suivant l’âge auquel la culture à été filtrée ; le pouvoir prédisposant reste le même dans une culture jeune ou vieille.
Le liquide filtré perd rapidement la plus grande partie de sa toxicité en vieillissant.
Le chauffage à 55° pendant 24 heures d’une culture filtrée lui fait perdre le pouvoir prédisposant, mais sans modifier sa toxicité.
4° Toæicité des substances précipitables par l'alcool et reprise par l'eau. — Un litre de culture sur bouillon donne 0 gr. 50 de poudre sèche; repris par un volume d'eau égal au quart du volume primitif, ce précipité alcoolique est vaccinant tandis que l'extrait alcoolique est prédisposant. Ces substances sont plus toxiques que le mélange total, par suppression des substances antagonistes. La respiration est très modifiée (types de Cheynes-Stockes), dyspnée ; la circulation est peu atteinte (accélération du cœur, variation de pression), abaissement de la température, vomissements. Excitabilité nerveuse exagérée (tremblement, chorée, tétanos généralisé), mort rapide.
Le lapin est moins sensible ; il ne meurt que d’intoxication chronique, par une dose qui amènerait la mort d’un chien par accidents aigus.
5° Toxicité des substances solubles dans l'alcool (évaporation du liquide dans le vide ou à + 100).
Effets antagonistes du précédent ; plus toxique que le mélange ; mort avec tendance à l'arrêt du cœur et de la
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respiration (action cardiaque prédominante), anesthésie, abolition des reflexes, relâchement musculaire, abaissement thermique. Engendre des néphrites. Le lapin est moins sensible. — Mort par accidents chroniques.
PRODUITS SOLUBLES DU STREPTOGOQUE. — Roger à étudié les produits secrétés à l’abri de l’air par le streptocoque de l’érysipèle ; ils sont mortels à la dose de 13 à 20 centigr. par kilogramme d'animal vivant.
Ces toxines sont précipitées par l'alcool et détruites par la chaleur. Les cultures filtrées, non chauffées, injectées dans les veines à des doses variant de 0,5 à 12 centimètres cubes, exercent une action prédisposante et diminuent d'une facon durable la résistance au streptocoque. Les mêmes cultures chauffées à 110°, et injectées à des doses variant de 5 à 30 centigrammes augmentent la résistance et confèrent l’immunité : elles sont vaccinantes. L'auteur a pu également conférer l’immunité par injection intraveineuse des cultures atténuées ou par inoculation souscutanée d’une culture de virulence moyenne.
Thérèse, en injectant à un lapin une culture filtrée de streptocoque et en sacrifiant l'animal au bout de 3 mois, a pu constater une transformation autour des vaisseaux, premier stade d’un processus de sclérose.
Nous ne pouvons même indiquer ici toutes les recherches de Bouchard, Charrin, Gley, Babinsky,..…. sur les toxines pyocyaniques. (est surtout sur cette étude que reposent la plupart de nos connaissances sur les produits solubles des bactéries.
Mode d’action général des toxines
M. le professeur Bouchard, dans un travail dédié à La Faculté de médecine de Montpellier, à synthétisé nos connaissances sur l’action physiologique des sécrétions microbiennes.
Sur un milieu de culture, et probablement aussi dans l’organisme, les microbes cessent à un moment donné de se multiplier, ayant épuisé le milieu, et surtout ayant produit des substances empéchantes, analogues aux antiseptiques, qui s'opposent à leur développement.
Certaines bactéries sécrètent des substances favorisantes pour d'autres espèces, soit en renforçant artificiellement leur virulence, soit en mettant l’économie dans de mauvaises conditions de résistance. Mais parfois cette action favorisante est de courte durée, et fait place ensuite à une action empêchante plus persistante. Enfin, il y a des espèces microbiennes, antagonistes par leurs produits solubles.
Relativement à l'organisme animal, les sécrétions bactériennes peuvent déterminer la plupart des symptômes et des lésions de diverses maladies infectieuses.
Par contre, ces mêmes microbes peuvent sécréter des produits solubles favorables à l'organisme, agissant comme substances vaccinantes, modifiant profondément sa vitalité, sa nutrition, et lui permettant de sortir victorieux de la lutte.
C'est souvent par l'intermédiaire du système nerveux, que les toxines bactériennes agissent sur l'organisme tout entier. L'un des plus puissants moyens de défense de l'organisme contre les microbes est la phagocytose, dont nous parlerons ailleurs ; elle ne peut s'exercer qu'autant que les globules blancs interviennent ; or ceux-ci ne peuvent sortir des vaisseaux que si ces vaisseaux le permettent ; l'appareil vaso-moteur joue donc ici un grand rôle, et l’action directe des toxines vaso-dilatatrices ou vaso-constrictives sur cet appareil n'est plus à démontrer.
Si les produits solubles sécrétés dès l’abord par les microbes, qui ont pénétré dans l'organisme, sont assez puissants pour faire obstacle à la phagocytose, ces microbes pulluleront, l’envahiront, puis l’intoxiqueront tout à leur aise, ayant inhibé l’action de défense dépendant du système nerveux.
C'est également par une intervention analogue sur les vaso-moteurs que les toxines de la plupart des microbes pyogènes vulgaires provoquent l’issue hors des vaisseaux soit des globules sanguins, soit seulement de l’hémoglobine, produisant ainsi le purpura et des hémorrhagies, que nous retrouverons plus tard, produits par le streptocoque, le coli-bacille, le bacille pyocyanique.
C'est encore par l’action des toxines qu'on peut expliquer l’une des manifestations les plus communes et les plus importantes des infections, la fièvre; Charrin et Ruffer, en se servant du bacille pyocyanique, ont étudié sa pathogenie dans ces cas; ïls ont pu obtenir une hyperthermie de 08 environ en injectant des cultures
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entières, et de 1°,5 à l’aide de cultures filtrées et chauffées. |
L'ACTION PYOGÉNIQUE DES MIGROBES. — La suppuration est un processus particulier distinct de la nécrose et de l’inflammation, caractérisé par une diapédèse abondante amenant l'accumulation d'un grand nombre de cellules en un point, et la mort sur place de ces éléments exsudés.
L'action pyogénique est l’une des propriétés les plus importantes des microbes vulgaires des pyosepticémies ; mais elle ne leur est pas exclusive. Nous savons en effet, qu'en faisant varier les circonstances, on peut faire produire du pus à la plupart des microbes, et que l’on peut provoquer les lésions les plus diverses avec les microbes pyogènes proprement dits.
Les microbes, dans la suppuration, peuvent agir par action mécanique et par soustraction des produits nécessaires à la vie cellulaire ; où bien par action de leurs toxines.
Dans le premier cas, d’après Lemière, les cellules, dont le mode nutritif et le fonctionnement physiologique sont pervertis par action microbienne, sécréteraient des ptomaines sollicitant la diapédèse ; les globules blancs émigrés peuvent alors succomber par suite de l’action nuisible d'une sécrétion du microbe ; la suppuration est établie.
Dans le second cas, c’est le microbe lui-même qui sécréte la substance favorisant d’abord le diapédèse des leucocytes, puis amenant progressivement la dégénéres cence et la mort de ces cellules.
Ce mécanisme nous explique comment on a pu
déterminer la suppuration, par l'injection d'extraits de cultures microbiennes stérilisées, en particulier avec celles du staphylococcus aureus (Grawitz, Bary, Karlynski, Scheurlen).
De même, on se rend compte du mode d'action pyogène des substances irritantes aseptiques injectées dans les tissus.