CHAPITRE II
Mode d’action des microbes pathogènes dans les pyosepticémies
LEs microBes peuvent léser l’organisme directement, mécaniquement, en déterminant la formation de thromboses dans les organes.
Mais on tend actuellement à attribuer aux toxines qu’ils secrètent, le plus grand rôle dans la pathogénie.
LES BACILLES DE LA DIPHTÉRIE ET DU TÉTANOS SONT LES TYPES DES MICROBES TOXI- QUES. — Recherches de Bouchard et Charrin sur Ja pyocyanine.
RECHERCHES DE ROPET ET COURMONT sur les toxines du staphylocoque, de Roger sur celles du streptocoque.
MODE GÉNÉRAL D'ACTION DES TOXINES BACTÉRIENNES SUR L'INVASION DE L'ORGANISME. — Leur action sur les microbes eux-mêmes, substances empêchantes ou favorisantes ; les microbes antagonistes. Leur action sur l'organisme, nuisible par la production de toutes les lésions infectieuses ou de leurs symptomes ; favorable par les produits vaccinants.
ACTION par l'intermédiaire du système nerveux; les toxines et les vasomoteurs; pathogénie des hémorrhagies, de la fièvre.
Bouchard et Kannenberg ont vu, au cours de nombreuses maladies humaines, les microbes franchir les reins et passer ainsi du sang dans l'urine Il est certain que les embolies bactériennes peuvent provoquer des infarctus, des anémies, des dégénérescences de certains territoire vasculaires, etc. Pendant longtemps on s’est borné à voir l’action mécanique des micro-organismes, entravant les fonctions physiologiques par leur seule présence. Ce mode d'action appartient souvent aux staphylocoques.
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Il est certain encore que la consommation des éléments de l'organisme, solides, liquides et gazeux, et en particulier de l'oxygène, par certains microbes place aussi nos organites dans de mauvaises conditions de résistance.
Cependant, les progrès de la bactériologie ont modifié cette notion ; actuellement, il est démontré que la plus grande part de l’action pathogène des microbes est attribuable à l'intervention des poisons solubles qu'ils fabriquent. Parfois l'infection est générale et l’intoxication générale s’en suit ; dans d’autres cas, l'infection est locale et l’intoxication générale (tétauos, diphtérie). On connaît les travaux de Bouchard et Charrin sur les toxines pyocyaniques qui peuvent produire tous les accidents provoqués par le microbe lu1-même. Dans les infections générales qui nous intéressent, le rôle de ces toxines est également très considérable, et nous verrons qu'à elles seules, peuvent être attribuées certaines formes d'infection que nous aurors à décrire.
Tous les microbes pathogènes donnent naissance à des produits solubles multiples, mais souvent 1l existe pour chacun d’eux une substance dont les effets sont dominants : telle la toxine tétanisante du tétanos, telle La toxine respiratoire du vibrion septique entraînant la mort par action inhibitrice sur le centre inspiratoire; tel le poison circulatoire du streptocoque puerpéral. Souvent pour une même espèce, les toxines, très variables comme intensité et qualité, amène des effets opposés ; telles sont les toxines du staphylocoque pyogène bien étudiées par MM. Rodet et Courmont.