‹ Les Pyosepticémies MédicalesChapitre 31 sur 92 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

Il s'agissait d’une jeune femme de 22 ans, mariée depuis 11 mois, chlorotique, assez chétive. Tout à coup, aprés un léger refroidissement, elle présente tout à coup de la fièvre, de la céphalée. On constate un très léger degré d’ostéopériostite et d'adénite. Une dent, profondément cariée, est arrachée sans amener d'amélioration de l’état général. La température atteint 39°, l’haleine est fétide, le facies terreux, les règles sont venues avec une certaine abondance.

L'examen le plus minutieux ne permit de trouver aucune autre cause d'infection qu’une pyorrhée guigivale marquée. Une deuxième dent cariée fut arrachée ; antiseptie de la bouche.

Néanmoins la fièvre persiste, oscillant entre 39° et 40°, avec de

grandes rémissions momentanées. — Dans le pli interfessier se produit

une eschare noire, de la grandeur d’une pièce de 1 fr., couverte d’un sang d’odeur infecte ; des pétéchies apparaissent sur tout le corps, surtout sur les membres ; la face est terreuse, la peau sèche, sans sueur, quelques rares vomissements, pas ue diarrhée. Insomnie et délire nocturnes. Pendant que l’état général est si grave, l’adénite et l'ostéopériostite ont tout à fait disparu. — Hémorrhagies profuses au niveau des gencives, peu abondantes, mais incoercibles ; les règles persistent, avec une grande abondance. Enfin, le malade succombe au huitième jour après le début des accidents, sans abcès à distance, sans complication particulière, et sans qu'on eut pu trouver d'autre cause

d’infetion que la périostite alveolo-dertaire.

D'après les faits que nous venons de rapporter, on peut voir qu'au point de vue de l’étiologie, à côté des 1nfections médicales sans porte d'entrée connue, il existe tous les intermédiaires possibles entre ces infections médicales à porte d’entrée occulte ou d'aspect insignifiant et les infections chirurgicales ayant leur point de départ dans un traumatisme chirurgical ou accidentel ; même analogie entre les infections génito-urinaires spontanées et celles que nous avons vu succéder à une interventon opératoire; mêmes points de contact encore entre les pyosepticémies médicales et les infections puerpérales.

Il n'y à pas, au point de vue pathogénique, des infections médicales, des infections chirurgicales, des

infections puerpérales distinctes, mais senlement des infections, identiques en leur essence, très analogues en leurs symptômes, mais différant d’après les circonstances qui les appellent, et qui, d’après ces circonstances, sont rangées dans le cadre médical, chirurgical où obstétrical.

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