PRÉFACE
Avant d'étudier les infections du cadre médical, produites par les microbes pathogènes vulgaires, non spécifiques, nous résumerons en quelques mots l’Histoire des Pyosepticémies médicales; cette étude historique ne peut se séparer de celle des Pyosepticémies puerpérale et chirurgicale, auxquelles nous consacrerons auparavant deux chapitres; puis nous rappellerons, une fois pour toutes, les principaux caractères morphologiques et biologiques des espèces capables de les provoquer.
Nous rechercherons d’où viennent ces microbes qui envahissent l'organisme : les uns sont amenés accidentellement du dehors ; les autres vivent atténués dans l’économie; des- circonstances particulières, à un moment donné, leur rendent leur virulence. Nous verrons quel est le mode d’iction de ces éléments pathogènes, qui, pour amener la maladie, agissent soit directement, mécaniquement, soit plus souvent par l'intermédiaire des substances chimiques qu'ils élaborent. |
Nous aborderons alors l'étude des circonstances capables de faciliter la prise en possession de l'organisme
par les microbes : certaines conditions exaltent la virulence de ces microbes inoffensifs ; d'autre part les moyens de défense de l'organisme peuvent être entravés; à ce propos, nous aurons à insister sur ces moyens de défense et sur les circonstances qui les atténuent. Nous examinerons l’action antiseptique des liquides et des humeurs de l'économie, capable de modifier la virulence des éléments microbiens ; le rôle des épithélium...; nous signalerons les phénomènes vitaux de défense, la phagocytose et le chimiotaxisme.
Nous serons amené à rechercher le mode d'action de certains facteurs qui peuvent faire obstacle à la défense de l'organisme contre les microbes vulgaires : le froid, le traumatisme, les troubles nerveux, le surmenage, l’inaniuon, les intoxications, etc.
Nous examinerons alors les trois modes sous lesquels les infections médicales peuvent intervenir :
Infections vulgaires secondaires à une infection spécifique préexistante ;
Infections mixtes, vulgaire et spécifique ;
Infections vulgaires primitives dites spontanées.
Les premières, infections générales, infections atténuées ou localisées, seront l’objet d’une étude proportüonnée à leur importance dans la variole, la rougeole, la scarlatine, la fièvre typhoïde, etc., etc.
Le chapitre des infections mixtes sera nécessairement fort court, les documents faisant pour ainsi dire complètement défaut.
À propos des infections vulgaires primitives, nous
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étudierons les différentes formes sous lesquelles elles se présentent; nous passerons en revue les infections à manifestations cardiaques, broncho-pulmonaires, articulaires, cutanées, vasculaires ; les infections à types nerveux et polynévritiques, etc.
Nous consacrerons quelques lignes à l'anatomie pathologique.
À propos du pronostic,nous aurons à examiner d’abord le pronostic immédiat et à dégager les facteurs qui nous permettront parfois de le porter ; puis nous verrons que les maladies infectieuses, quelles qu’elles soient, médicales, chirurgicales, obstétricales, laissent souvent après elles des traces indélébiles de leur passage, des lésions chroniques.
Chemin faisant, nous rapporterons, selon les besoins, les observations utiles à nos démonstrations. Mais sauf de rares exceptions, nous ne ferons intervenir que celles qui sont appuyées sur des recherches bactériologiques.
Depuis deux ans, un certain nombre de cas de pyosepticémies médicales ont été publiés. Nous insisterons surtout sur les observations très intéressantes recueillies dans les cliniques de Nancy et surtout dans le service de notre maître, M. le professeur Spillmann.
Peut-être nous objectera-t-on que nous voyons beaucoup de pyosepticémies. Cependant nous ne nous avançons jamais que preuve en main.
Nous ajouterons que depuis le mois de novembre 1892 nous avons eu l’occasion d'observer et de déterminer personnellement au point de vue bactériologique 13 cas de pyosepticémies du cadre médical et que parmi les obser-
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vations que nous rapportons, 35 ont été recueillies dans les cliniques médicales de Nancy. Nous pouvons donc conclure que ces infections sont beaucoup moins rares qu'on ne le croit généralement et qu'il suffit d’avoir l'attention en éveil de ce côté pour pouvoir souvent les dépister.
Inutile de dire que jamais le diagnostic de l'espèce microbienne n’a été porté sans qu’il ne soit appuyé sur la recherche de tous les caractères qui lui appartiennent.
Disons encore dès maintenant que l’état actuel de la science ne nous permet pas d'établir, au point de vue pathogénique, une distinction précise entre la pyohémie, infection avec pus, et la septicémie, infection sans pus. Aussi, serons-nous forcé de réunir ces deux modalités cliniques en une seule espèce pathologique, celle des Pyosepticémies, et dans notre étude, nous rapporterons comme exemples des cas se rapportant indifféremment à l’un ou à l’autre type.