‹ Les Pyrenées françaisesChapitre 20 sur 41 · H4 LES PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

H4 LES PYRÉNÉES

cheval t dont la selle est toute d'or ». — Mais, autour d'elle, k^ serviteurs, qui aiment tendrement leur jeune maîtresse, s'habillent de noir. . .

Avant de quitter la haute Soûle, nous allons faire une excursion rapide à Ahusquy, petite station d'eaux minérales en renom, surtout parmi les habitants du pays, qui leur attribuent des propriétés merveilleuses. Il y avait même autrefois dans ce hameau une fête nationale ; les Basques s'y rendaient en foule le 18 août. Ahusquy n'est vraiment qu'un hameau, où se voient quelques hôtelleries, presque point de maisons.

Seulement, il n'y a peut-être pas, dans toutes les Pyrénées, plus gracieux nid sauvage, mieux enveloppé de l'ombre des monts et de celle des bois. Ahusquy est situé à la même hauteur à peu près que Cauterets, à une altitude supérieure de plus de deux cents mètres à celle des Eaux-Chaudes et des Eaux-Bonnes, au-des^^us du vallon de l' Aphourra, au milieu de pâturages et de sapinières immenses, en regard du pic des Escaliers et du Bostmendi. Les cinq doigts de Roland, ici, nous menacent de près. De la terrasse adossée à une montagne ronde, où le hameau est assis, nou> passons deux heures à contempler le magnifique développement de la chaîne, la merveille dont on ne se lasse point. Au sud, c e>t notre déjà vieille connaissance, le mont Orrhy, qui arrête nos yeux.

Un grand Béarnais qui passe vient troublerun peu mon plaisir. Il a le visage tout noir, ce qui est contraire aux habitudes de propreté de sa race, et me fait supposer qu'il est employé, un peu plus loin, aux forges de Mendive. Le robuste gaillard me dit d'un air narquois : Est-ce que vous êtes venu ici pour la fièvre? - C'est la fièvre qu'on guérit surtout à Ahusquy. Je ne me la sens point, mais...

Aurais-je, enfin, l'air de l'avoir ?

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