‹ Les Pyrenées françaisesChapitre 24 sur 41 · LA LISIÈRE BASQUE, SAUVETERRE, SALIES · texte numérisé non relu

LA LISIÈRE BASQUE, SAUVETERRE, SALIES

sont criardes et chies ; dans l'église de Sauveterre, elles sont fades.

Un enterrement va sortir du saint lieu, et nous reculons devant le cortège. J'aurais volontiers béni, dans tous les cas, ce mort qui s'en va et que je ne connaissais point ; mais j'y suis d'autant mieux disposé en ce moment, qu'il devient pour nous l'occasion d'une belle surprise. Cédant toujours le pas, nous allons jusqu'au bout de la place, qui n'est qu'une sorte de plateforme pratiquée sur un roc, au-dessus du Gave. C'est là qu'un merveilleux tableau nous attend.

A nos pieds, le Gave court à une profondeur de plus de cinquante mètres, sous une grande saulaie grise et chevelue ; il décrit un demi-cercle autour des coteaux. A droite, à la pointe de cet amphithéâtre naturel, voici le donjon de Sauveterre; au-dessus et sur le versant dont j'ai parlé, un prodigieux développement de murailles et de débris de toute sorte, qui grimpent aux roches ; plus loin et plus haut, une autre construction du plus pur aspect gothique. — Je le disais bien, c'est une surprise, et même qui tient de la magie.

Le donjon est de briques. Les quatre murs seulement en subsistent ; mais quels murs ! de la base au faite, tapissés des plus énormes lierres que j'aie vus. Cependant, comme la nature sera toujours le premier des grands artistes décorateurs, ce lourd manteau de verdure sombre n'a pas étendu ses plis sur la partie orientale ; la brique pâlie par le temps demeure toute nue, et c'est un effet de contraste d'une vigueur saisissante.

En y regardant de plus près, on s'aperçoit que ce donjon pourrait bien être plus jeune que le reste du colossal édifice; il l'est certainement plus que le vieux château perché au sommet, et qui remonte à la même époque au moins que l'église. Entre ces deux ouvrages principaux, c'est un mariage inouï de pierres et de feuillages. De vieux logis éventrés; de l'ouverture béante s'élancent des arbres de soixante pieds de hauteur. De vieilles terrasses ébréchées portant tout un taillis en corbeille. De grosses

tours vêtues de lierre comme le donjon. Et tout cela s'arrange avec tant d'harmonie que l'ensemble se dessine et se profile en une grande masse compacte, comme au temps où le château de Montréal, le plus puissant de la province, était encore en état de défense, les vigies aux tours du guet, les archers bandant leurs arcs sur les remparts. L'illusion est frappante. Mais de tous ces dé* bris superbes, le plus étonnant et le plus gothique^ en avant, à 1 ouest, c'est le pont sur le Gave, commandé par une petite tour carrée, de la plus fière mine. — J'ajoute que la méprise à laquelle se sont abandonnés jusqu'à présent les voyageurs qui ont décrit Sauveterre est plaisante. — Tous ont parlé d'un vieux pont détruit d«>nt il ne reste plus qu'une culée.

On chercherait en vain dans le lit du Gave les débris des autres culées, car c'est ici un ouvrage militaire, ou plutôt féodal ; ce n'a jamais été un pont construit ni conçu pour traverser le torrent. Rec^utlei-Ie bien, le dessin en est sous vos yeux. Une seule arche p-^rîanl un tablier très étroit s'avance sur l'eau; derrière, se dresse ot'tte tour qui peut servir de défense, mais qui est surtout une barr.t'rt\ u:î p*>>to de pé;ure. — La rivière est à moi, dit le seigneur; vous rassiérez, nwis vous paierez. — Et dans la tour, aux meurrr.-erv^ t>>: rarKxlêtrier, qui répèle au besoin, avec des ai^ments :rre< s*:?.e^ J-^S?:>^ince, le commandement du seigneur. Plus vr-^ rorrv\lT>:o e>t remplacée par Tarquebuse, dont le langage n'a vou'-<"Tv ::u^ t !;;> ^f éloquence. A la tète du pont se tient le ser- ^. v v^ e^: î ::'rv >es rr-aias que le droit sera payé. La rivière est .t;; .'v V V " ; vv* :o :o:ir e^^t le si^ne de la possession seigneuriale. *V >v%* 0 :u^ > rvArvhand «mi le voyageur ne se dérobent, et

V^r^ r.t^ pa<se en dépit des traits qui sifflent, des vV n est à ce!a que servait une masse do

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