G. MOREAU
et SOUS pression normale, on trouve i*^'",7 et i'^",4' Les agglomérations qui constituent les ions d^ine flamme sont donc plus faibles. Il est difflcile de se rendre compte de leur grosseur, c'est-à-dire d'évaluer le nombre des molécules maintenues par attraction électrostatique autour du centre chargé, sans connaître leur coefficient de difl^usion. Les calculs qu'on peut faire sont donc 1res approximatifs. En supposant avec J.oschmidt que le coefficient de diffusion varie comme le carré de la température absolue et en partant des valeurs observées pour celui-ci à température ordinaire pour les gaz, on trouve que l'ion négatif est une fraction de l'atome du métal plus petite que l'atome d'hydrogène, et variable avec la concentration. L'ion positif est comparable à une molécule du sel et par suite d'une grosseur assez peu diflerente d'un sel à l'autre. Dans cet hypothèse et au point de vue de la masse, ils seraient intermédiaires entre les ions des gaz ordinaires et les corpuscules de Thomson.
Effet Hall. — Si un champ magnétique H agit transversalement sur les ions en mouvement dans un champ électrique x, une force électromotrice Z, perpendiculaire au plan 2^ H, est produite, et le coeffi-
cient R= — n de cet effet Hall a pour valeur [Mémoire cité plus
haut)
où ^ est un coefficient compris entre 1 et ^.
Le phénomène de Hall a été observé dans les flammes salées par Msirj.{ Dr ude' s Annal., II, 1900). Les nombres qu'il fournit pour R concordent bien avec les valeurs précédentes des mobilités. Les variations de ce coefficient avec la concentration sont expliquées par
<^elles de A*i ainsi que la relation R^/m = const., où m est le poids atomique du métal que Marx a trouvé, puisque mes expériences
établissent k sj m = const.
B. — Ionisation à température pen élevée.
Les propriétés conductrices d'une vapeur saline n'exigent pas forcément la haute température d'une flamme pour apparaître. Je les ai étudiées à des températures moins élevées par le procédé suivant :
Le courant d'air d'une trompe à eau traverse une solution aqueuse d'un sel, une colonne desséchante surmontée d'ouate qui arrête les gouttelettes d'eau et les poussières, un tube de porcelaine chauffé au
DE l'ionisation THERMIQUE DES VAPEURS SAfclNKS. 543
rouge, un condensateur cylindrique, relié à un électromètre Curie, par son armature externe, pendant que l'électrode centrale est à un potentiel V : la charge reçue en une seconde par Télectromètre donne le courant l qui traverse le courant d'air salé.
En éloignant le condensateur de la région chauffée, on observe, avec les seis alcalins et les sels He calcium, un courant encore notable si l'air est refroidi à 70". Les autres sels, dont les sels ammoniacaux, l'eau, les acides ne donnent rien de net.
J'ai étudié jusqu'ici les sels de potassium et voici les résultats obtenus, qui présentent une grande analogie avec ceux des flammes :
A concentration constante delà solution, I augmente avec le potentiel V, jusqu'à la valeur limite de saturation lo et suivant la formule de I^angevin
où y est une constante.
Le courant limite Iq dépend du métal et du radical acide du sel. Il croît comme la racine carrée de la concentration de la solution.
Voici la densité N des centres chargés, observée à 20*^™ de la région chauffée (iuoo°). La température du courant d'air est i4o" et la concentration de la solution ~j molécule-litre. On a pris pour charge de l'ioii e= 4 X io"*«
Kl KCI KBr KAzO' KOH NaCI
Ns= i.io* 3,4. lo» 2,6. lo* 'Lie* 9.10» 3.10*
Ces nombres sont du même ordre de grandeur que ceux des rayons Rr>ntgen.
Mobilités des ions. — Le courant d'air salé traverse un double condensateur cylindrique à armatures externes P et Q de même rayon : P est au sol etQ est relié à l'électromètre. L'électrode commune intérieure est portée à un potentiel croissant V. Le courant reçu par Q primitivement au potentiel zéro, croît, atteint un maximum pour Vq, décroît et s'annule. A. mesure que V augmente les trajectoires des ions s'infléchissent vers les armatures extérieures, rencontrent (^ suivant une surface décroissante et finalement touchent seulement P. L'observation de V^ fournit la mobilité K. (Zéleny, Philos, transac, 1901).
Les résultats sont différents de ceux des llammes.
1. Dans une tranche quelconque du courant gazeux, les mobilités
544 G. IIOREAU.
positives et négatives sont égales. Elles augmentent quand la concentration de la solution diminue à peu près comme la racine carrée de cette concentration pour les sels très ionisables et moins rapidement pour les autres.
Exemple : Mobilités observées à i4o", la concentration de la solution a varié en molécule-litre de i à -pj. R est exprimé en centimètres.
V o,i5 à o,5o pour Kl, KCI, KAzO', KBr ^'*^*' ^ ( o,3o à 0,70 » KOH, KGIO', iK«CO», }K*SO*
Concentration. 1. J. {. i. -fi-
Kl o,i5 o.'iS 0,28 0,37 0,49