LA FORMATION DKS RAYONS CATHODIQUES. I
Ces taches sont évidemment le résultat d'une action chimique des rayons cathodiques et c'est une réduction qui se produit : le cristal noircit parce qu'il est formé, en grande partie, de silicate de plomb facile à réduire. Le verre, qui renferme souvent un peu de cristal, donne le même résultat mais très atténué. Les verres qui se teintent le plus facilement sous l'action des rayons sont d'ailleurs ceux qui brunissent le plus rapidement dans une flamme réductrice.
Ce pouvoir réducteur des rayons cathodiques est facile à mettre en évidence : on peut, par exemple, recevoir le faisceau sur une lame de cuivre oxydé superficiellement, un obstacle quelconque étant interposé sur le trajet des rayons, de manière à porter ombre sur la lame. La région protégée par l'obstacle reste noire; tout le reste reprend peu à peu la couleur rouge du cuivre réduil.
On peut substituer à la lame oxydée du verre vert à l'oxyde cuivrique. Sous l'action des rayons cathodiques, ce silicate se transforme bientôt en verre rouge cuivreux, aisément reconnaissable à son spectre d'absorption. De même un fragment de cristal noircit rapidement dans ces conditions. La réduction se produit ici dans la masse, par suite du pouvoir de pénétration des projectiles cathodiques, et il est dès lors évident que l'atmosphère intérieure du tube n'intervient pas. D'ailleurs, l'expérience réussit également bien si le vide est fait sur de l'oxygène aussi pur que possible, et dont le spectre est visible pendant que le tube est en activité, et que la réduction se produit.
On obtient les mêmes effets en recevant sur le silicate réductible non plus les rayons cathodiques directs, mais ceux qui sont diffusés par les lames anticathodiques des tubes focus, et auxquels est due rillumination hémisphérique de ces tubes.
La réduction se produit de même si les électrodes sont extérieures au tube. Il devient alors difficile d'admettre que le phénomène résulte d'un transport des gaz réducteurs occlus dans le métal des électrodes.
Il est naturel de supposer que les corps composés sont dissociés par le courant électrique; le s|)ectre d'un gaz composé montre en effet toujours les raies caractéristiques des composants. Or, le seul gaz simple réducteur connu est l'hydrogène.
C'est précisément l'hydrogène que le spectroscope nous montre se déplaçant dans les tubes de Crookes pendant le passage du courant. En ménageant un étranglement capillaire près d'une électrode, on vérifie aisément, si le tube est bien sec, que les raies de l'hydrogène disparaissent en quelques secondes si l'électrode est anode, et réapparaissent très brillantes, si elle devient cathode. Enfin, près de la