‹ Les quantités élémentaires d'électricité: ions, électrons, corpuscules (volume 2)Chapitre 169 sur 196 · DE LA MÉCANIQUE · texte numérisé non relu

DE LA MÉCANIQUE

Par W. WIEN.

Traduit de l'allemand par P. LANGEVIN.

Archives néerlandaises, 2* série, t. V, p. 96.

M. H. -A. Lorentz a cherché récemment (*) à expliquer les phénomènes de gravitation par des attractions électrostatiques entre les ions ou électrons dont l'agglomération constitue la matière. Il fait dans ce but Thypothèse que l'attraction entre les électricités de noms contraires est plus grande que la répulsion entre les électricités de même nom. Ceci m'amène à publier sur le même sujet des réflexions déjà anciennes qui m'ont conduit plus loin que le point de vue de Lorentz.

C'est sans aucun doute un des problèmes les plus importants de la Physique théorique que de réunir les deux domaines, tout d'abord complètement distincts, de la Mécanique et de TElectro magnétisme, et de déduire d'une origine commune leurs deux systèmes d'équations différentielles. Maxwell et Thomson, puis Boltzmann et Hertz ont suivi la voie qui certainement semblait la plus naturelle : prendre la Mécanique pour base et en déduire les équations de Maxwell; les analogies nombreuses qui existent entre TElectricité, d'une part, et l'Hydrodynamique ou l'Elasticité, d'autre part, étaient autant d'indications dans ce sens. La Mécanique de Hertz me paraît avoir été conçue dans tout son ensemble pour interpréter non seulement les faits mécaniques, mais encore l'Electromagnétisme. On sait d'ailleurs que Maxwell lui-même a démontré la possibilité d'une représentation mécanique de son Electrodynainique.

(*) Amst. ProceedingSf t. II, 1900, p. 539.

i06G W. WIBN.

Ces recherches ont le très grand mérite d'avoir montré l'analogie profonde qui existe entre les deux domaines et rendu certain que leur séparation actuelle n'est pas dans la nature des choses. Il me semble cependant résulter clairement des considérations sui\ante§ que le système de notre Mécanique actuelle n'est pas en mesure de nous fournir une représentation de l'Electromagnétisine.

Il est impossible de considérer les modèles mécaniques compliqaés construits à l'image des machines techniques les plus spéciales, comme fournissant une représentation satisfaisante et définitive poor la structure intérieure de l'éther.

Nous n'examinerons pas si la Mécanique de Hertz, dont la structure est en effet particulièrement bien adaptée à la représentation de relations cinétiques très générales, fournit de meilleurs résullab. Elle n'a permis jusqu'ici, en dehors de la Mécanique, de représenter aucun des phénomènes les plus simples.

Il me semble beaucoup plus fécond, pour l'avenir des recherches théoriques, de suivre la marche inverse en considérant les équatioib fondamentales de l'Electromagnétisme comme les plus générales, pour en déduire ensuite celles de la Mécanique.

A la base se trouveraient les notions fondamentales de polarisation électrique et magnétique dans l'éther libre, reliées entre elles par les équations différentielles de Maxwell, sans que ce soit ici le lieu de discuter la manière dont ces équations peuvent être déduites le plus simplement possible des faits expérimentaux

Désignant par X, Y, Z, L, M, N les composantes des champs électrique et magnétique, par A l'inverse de la vitesse de la lumière, et par x^ y^ z des coordonnées rectangulaires, nous avons

ôt "~ ôz ày ' Ot ^ dy àz'

^*^ ^ ôi ~^ dx âz' dt "" dz ôx'

dt ôy ôx ' dt ^ ôx dy

Les quantités d'électricité et de magnétisme s'introduisent comme constantes d'intégration quand nous ajoutons les équations (i) après différentiation par rapport k x.y, z respectivement. Il vient

l d/d\ dY dZ\ d /dh dM dy\ __

\ dt\dx '^dy^dz/-''' dt\di'^~dP'^d^)'''''

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