DB L INFLUENCE D UN AIMANT SUR LES DECHARGK8 ELECTRIQUES
surface lumineuse en forme de voûte se produit avec une limite particulièrement bien tranchée. Si maintenant on déplace le tube parallèlement à lui-même dans la direction de la ligne des pôles, d'un côté ou de Fautre, la surface change de forme, et cela d^une façon facile à prévoir, dans chaque cas, d'après la forme des lignes de force.
§ 32. Remettons sur les bobines de Télectro-aimant les deux pièces polaires massives, dont les faces situées en regard sont arrondies. Plaçons le tube (') horizontalement au-dessus, dans la position axiale, et tout d'abord {^fig* 5) de façon que l'extrémité du conducteur de
Fig. 5.
platine constituant la cathode soit située tout près et au-dessus de la région où le champ magnétique est le plus intense. La lumière diffuse entourant le fil de platine se concentre, sous l'action du champ magnétique, en un arc lumineux de couleur violacée, contenu' dans un plan vertical passant par l'axe du champ magnétique et limité à peu près par deux arcs de cercle concentriques; ces deux arcs de cercle ont leur centre commun en coïncidence avec le milieu de l'interstice vide laissé entre les faces supérieures planes des deux pièces polaires. L'arc intérieur touche la cathode à son extrémité et cet arc est presque une demi-circonférence ; la lumière j est concentrée en une bande étroite, d'un vif éclat, tandis que le reste de l'espace compris entre les deux arcs concentriques, large de 8™™ ou 9°"", est d'un éclat à peu près uniforme, mais beaucoup plus faible. Ce n'est que vers l'extrémité du tube, au-dessous du fil de platine, que la lueur devient plus brillante. Quant au conducteur luimême, il reste, dans tous les cas, continuellement entouré d'une gaine lumineuse cylindrique finement stratifiée. Mais la lueur, moins
(') Ce n'est plas Je même tube que précédemment, mais un tube conique représenté figure 5, dont le diamètre va en décroissant de la calhode à Tanode.
( Note du, traducteur. )
intense à la partie supérieure, t est limitée d*nne façon parfaitement nette par l'arc supérieur qui passe par le point où le fil de platine est scellé dans la paroi de %'erre. 1^ lumière cathodique et la lumière [p^>sitive] remplissant le reste du tube sont séparées par un intervalle obscur étroit; la colonne positive garde son caractère stratifié: seulement, dans le voisinage de Fespace obscur, la forme des dernières strates s'adapte un peu à celle de la surface limitant Tespace obscur. D^ailleurs la colonne stratifiée ne remplit plus tout l'espace intérieur du tube; elle subit la déviation décrite antérieurement (') sous Taction des pAles magnétiques situés au-dessous d'elle et dans le sens indiqué, en se concentrant d'un côté ou de Tautre dans la direction horizontale. Quand on permute les pôles magnétiques, le phénomène disparaît lentement, puis reparaît lentement, de façon tout à fait analogue, avec cette seule différence, sur laquelle il est inutile de revenir ici, que la lumière stratifiée va s'entasser du côté opposé du tube ; l'aspect que présente le tube latéralement reste absolument le même, quand on change de côté.
§ 33. Si le tube, toujours situé dans la direction axiale, par rapport au champ magnétique, est maintenant déplacé dans le sens de sa longueur {fig. 6) de façon que la région située au-dessus de Tin-
Fig. 6.
terstice des pièces polaires soit à présent plus voisine de l'anode, le phénomène prend un tout autre aspect : les deux arcs de cercle limitant le demi-anneau sur lequel se concentrait la lueur répandue autour de la cathode ont la forme des lignes de force magnétique. L'arc Intérieur, qui passe toujours par l'extrémité du fil de platine, et qui reste toujours en coïncidence avec une ligne de force magnétique, s'étend, pendant le mouvement de translation du tube, de plus en plus loin du côté de Textrémilé anodique, jusqu'à ce qu'enfin,
(*) Passage Don traduit ici.
DB L'INFLL'BNCE d'lN AIMANT SUR LES DÉCHARGES ÉLECTRIQUES. 5y^
quand il a atteint la partie supérieure du tube, il limite complètement la lumière cathodique. 11 se produit, en même temps, un mélange remarquable de colorations ; de nouvelles couleurs apparaissent quand l'anneau s'ouvre et que sa lumière vient au contact du reste de la lueur : la première est violette, la seconde rougeàtre ; il se forme une belle lumière bleue.
§ 34. Si enfin (Jlg» 7) on déplace le tube conique, à partir de sa position primitive, encore dans la direction de sa longueur, mais en sens contraire, de façon que le tube tout entier soit situé sur une seule pièce polaire, l'anneau lumineux reste très bien délimité. L'arc
Fig. 7.
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qui était tout à l'heure l'arc intérieur est devenu maintenant l'arc extérieur : il passe toujours par l'extrémité de la cathode et limite complètement la lueur cathodique violette du côté de l'extrémité anodique du tube. L'autre arc, qui était précédemment l'arc extérieur, passe toujours, lui aussi, par le point où l'électrode de platine est soudée à la paroi de verre : c'est maintenant celui qui a le plus vif éclat; dans son voisinage la lumière de l'anneau, tout en brillant d'un éclat uniforme, est plus vive. Les deux arcs qui limitent la lueur cathodique sont encore des lignes de force magnétique,
§ 35. Le tube employé dans les dernières expériences citées présentait aussi la belle lueur verte énigmatique. Je l'avais d'abord prise pour une couleur de contraste purement subjective; puis, comme cette explication, généralement admise, me parut décidément inadmissible, j'ai été convaincu que cette coloration se produit dans le verre lui-même. En réalité, la lumière est bien à l'intérieur du tube; mais elle touche de si près la paroi intérieure qu'elle en reproduit toutes les inégalités et donne, par suite, l'impression d'une lumière spéciale provenant du verre lui-même. C'est l'emploi de l'aimant qui a permis, tout d'abord, d'éclaircir ce point : quand on inverse le
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champ magnétique, cette lueur s'agite de côté et d'autre au voisinage de la cathode, puis se rassemble à nouveau aux points où la surface formée par les lignes de force magnétique rencontre la paroi de verre. Si l'on déplace le tube, cette surface ^-ient rencontrer de nouvelles régions de la paroi de verre où elle n'eicistait pas auparavant, et la lueur verte apparaît aussitôt dans ces nouvelles régions.
Les conditions dans lesquelles cette lumière apparaît, d'une façon générale, dans un tube de Geissler, doivent être discutées en même temps que le mode d'influence que peut avoir sur les phénomènes observés dans ce tube la nature chimique des traces de matière pondérable qu'il contient.
§ 36. Ce qu'il faut seulement faire ressortir ici, c'est que la concentration de la lueur cathodique en une surface lumineuse formée de lignes de force est certainement un phénomène physique général, qui se produit dans tous les cas, indépendamment des variations de coloration que l'introduction de gaz variés peut produire à l'intérieur du tube. Pour en donner un seul exemple, les tubes contenant du gaz carbonique donnent une lumière stratifiée d'un beau vert, une lumière cathodique d'un beau bleu, la gaine qui la limite étant toujours verte. Les formes des surfaces lumineuses, sur lesquelles la lumière bleue se concentre sous l'action du champ magnétique, sont absolument identiques à celles qui ont été décrites ci-dessus.
§ 37. La couleur de la lumière cathodique soit diffuse, soit rassemblée par l'action de l'aimant sur une surface déterminée, est complètement indépendante de la nature des électrodes. On prend trois tubes absolument identiques, terminés par des sphères identiques, les fils de platine pénétrant jusqu'au centre respectif de chaque sphère. Les trois cathodes, avant d'être scellées dans les tubes, ont été respectivement couvertes par galvanoplastie de couches relativement épaisses d'or, d'arg:ent et de cuivre. Les phénomènes observés dans les trois tubes sous l'action du champ magnétique sont absolument identiques.
§ 38. Si, enfin, l'on a fondu une petite sphère à l'extrémité d'un fil de platine (^ )) et si, tout le reste du fil étant isolé par une gaine de
( * ) On peut, dans différents buts, avoir besoin de fils de platine terminés par une petite sphère. J'ai employé pour les obtenir, depuis longtemps déjà, le procédé soi-
DE l/iNFLUENCE D*UN AIMANT SUR LES DÉCHARGES ÉLECTRIQUES. 5yS
verre fondu, on se sert de la petite sphère seule comme cathode dans un tube largue, la lumière cathodique tout entière répandue autour de cette petite sphère-cathode ne se rassemble plus, sous l'influence du champ magnétique, de façon à occuper une surface lumineuse, mais se concentre suivant une ligne lumineuse unique, c'est-à-dire suivant une ligne rie force magnétique brillant d'un vif éclat.
Si le fil de platine qui sert de cathode est isolé de cette façon sur toute sa longueur, sauf en quelques points déterminés séparés les uns des autres, chacun de ces points se comporte comme un centre de lumière cathodique diffusée dans toutes les directions, mais se rassemblant, sous l'action du champ magnétique, suivant la ligne de force qui passe par le point considéré ; à chacun de ces points correspond une telle ligne magnétique brillante. Si le fil de platine n'est pas isolé, la lumière se répand à partir de chacun des points de ce fil et l'on obtient une surface magnétique illuminée, qui est le lieu géométrique engendré par les lignes de force magnétique passant par chacun des points du fil de platine [constituant la cathode].
vaut, sûr et facile. Je preods quelques éléments Grove, trois ou davantage suivant répaisseur du fil, et je ferme le courant par du mercure, le fil de plaiine fixé au pôle négatif de la pile : la pointe du fil fond en arrivant au contact de la surface du mercure. Si l'on déplace progressivement le fil, on peut le fondre, en quelques secondes, sur une longueur de quelques centimètres, le fil fondu se rassemblant en une sphère très régulière.
SLR LA DYNAMIQUE DE LtLECTROX
Pas h. P0I\C4KÉ.
Cotnpte* rtnduM d^ i' Académie des Science», t. C\L. c^ô. p. i v>4.
Il %^mble au premier aboni que l'alierration de la lumière et les yiténftnti'nes optiques qui s'v rattachent vont nous fournir un mojen de di^terminer le mou\ement absolu de la Terre, ou plutôt son mouvement, non par rapport aux autres astres, mais par rapport à IVther. Il n'en e^t rien; les expériences où Ton ne tient compte que de la première puissance de l'aberration ont d'abord échoué et Ton en a aisément découvert l'explication; mais Michelson, avant imaginé une expérience où l'on pouvait mettre en évidence les termes dépendant du carré de Faberration, ne fut pas plus heureux. Il semble que cette impossibilité de démontrer le mouvement absolu soit une loi générale de la nature.
Lne explication a été proposf*e par Lorentz, qui a introduit l'hypoth/'he d*une contraction de tous les corps dans le sens du mouvement terrestre; cette contraction rendrait compte de Texpérience de MicheUon et de tr>utes celles qui ont été réalisées jusqu'ici, mais elle laJHHerait la place à d'autres expériences plus délicates encore et plus faciles à concevoir qu'à exécuter, qui seraient de nature à mettre en évidence le mouvement absolu de la Terre. Mais, si Ton regarde l'impossibilité d'une pareille constatation comme hautement probable, il est permis (le |)révoir que ses expériences, si Ton parvient jamais à les réaliser, donneront encore un résultat négatif. Lorentz a cherché à (tomplétcr et à modifier son hypothèse de façon à la mettre en concordance avec le postulat de l'impossibilité complète de la détermination (lu mouvement absolu. C'est ce qu'il a réussi à faire dans son article intitulé E lectroniagnelic phenomena in a System moi^ing' ivith any velocity smaller than that of light {Proceedings de l'Académie d'Amsterdam, 27 mai 1904).
L*iinport4ince de la question m'a déterminé à la reprendre; les ré-