E. RUTHERFORD
que celle d'un ion dans les électrolyles ordinaires, ou bien les charges sont portées par des éléments plus grands qu'une molécule. Aucune preuve expérimentale décisive ne nous permet d'opter entre ces hypothèses, mais quelques expériences sur la vitesse des ions dans des gaz tels que HQ et H^S semblent conclure en faveur de la deuxième hypothèse. Nous pouvons admettre qu'un ion mis en liberté devient centre d'une agglomération de molécules. Cet amas de molécules est en équilibre stable, sous la force attractive due à la charge de Tion, et ses dimensions sont déterminées par l'intensité du bombardement des molécules du gaz sur sa surface. Une telle hypothèse expliquerait le fait observé que les ions positifs et négatifs de gaz tels que HQ et H-^S ont des vitesses identiques; car les dimensions de ragglomération dépendent seulement de la charge portée par l'ion pour un même gaz; elle est donc la même pour les ions des deux signes. Dans IVIectrolyse de II Cl, nous savons que la vitesse de l'ion H est beaucoup plus grande que celle de l'ion Cl, de sorte qu'il y a une dilïerenoe essentielle entre les éléments qui portent les charges dans les deux cas.
En partant de cette hypothèse de la formation d'agglomérations entourant un noyau central, nous pouvons facilement calculer le diamètre des amas qui donnerait la valeur observée pour la vitesse de l'élément chargé.
Si D désigne le coefficient de diffusion mutuelle d'une molécule de diamètre o-|, le coefficient de diffusion d'un élément de diaraùtre t^ dans le gaz est donné par
on trouve que, pour l'hydrogène, le rapport ~ du diamètre de Tamas au diamètre d'une molécule, est donné par
V io,4
Pour l'oxygène, en prenant le coefficient de diffusion mutuelle égal à o,2i et en admettant que sa charge est double de celle de riiydrogène, on trouve une valeur théorique de la mobilité ég;ile à 85^" par seconde, ce qui correspond à une agglomération du diamètre de 5»"°*, 5.
Dans le cas du chlore, si l'on admet que la charge de l'ion soit la même que celle de l'ion hydrogène, on obtient un amas du diamètre
de 2*"^^ -. On voit donc que, pour expliquer les résultais observés, Félément qui porte la charge n'a pas besoin d'avoir des dimensions supérieures à 5 fois le rayon de la molécule.
Annonce des premiers résultats des recherches de l'auteur sur les gaz rendus conducteurs par les rayons de l'uranium : identité des valeurs numériques des mobilités, avec celle des ions des gaz ronlgenisés {voir Mémoire suivant).
Remerciements au professeur J.-J. Thomson.