LES RATONS DE L*URANIUM ET LA CONDUCTION ELECTRIQUE
§ 10. — Influence de la pression sur la vitesse de décharge.
H. Becquerel (*) a donné quelques résultats sur rinfluence de la
pression, et montré que la vitesse de déperdition due a Furanium
diminue avec la pression. Beattie et S. de Smolan (^) ont aussi étudié
ce sujet et sont arrivés à cette conclusion que, dans certains cas, la
vitesse de déperdition varie proportionnellement à la pression et dans
d'autres, comme la racine carrée de la pression, suivant le voltage
employé. Toutefois, leurs résultats numériques ne semblent s'accorder
bien avec aucune de ces deux lois, et, en fait, ainsi que j'espère le
montrer plus loin, la relation entre la vitesse de décharge et la pression
est très variable : elle dépend, dans une large mesure, des distances
comprises entre l'uranium et les conducteurs voisins, et aussi du
gaz employé. Le problème est très compliqué par ce fait que les gaz
absorbent très rapidement les rayons, mais on peut interpréter tous
les résultats en admettant que la vitesse de production des ions en un
point donné varie proportionnellement à V intensité de la radiation et
ih pression du gaz.
Pour étudier l'influence de la pression, on a employé un appareil analogue à celui de la figure 3, avec cette différence que le plateau A était enlevé. Le composé d'uranium était répandu uniformément sur la partie centrale du plateau inférieur. Le plateau mobile, relié à l'éleclromètre, avait i o*^" de diamètre et était déplacé parallèlement à la surface de l'uranium. Le plateau servant de support à la matière active était relié à l'un des pôles d'une batterie de loo volts, dont l'autre pôle était relié au sol. On prenait la vitesse de l'aiguille de Télectromètre comme mesure du courant produit entre les plateaux. Dans quelques cas, le composé d'uranium était recouvert d'une feuille mince d'aluminium, mais, bien que la vitesse de déperdition en fût diminuée, les relations générales obtenues étaient encore applicables. Les courbes de la figure 5 donnent les résultats obtenus pour l'air, Thjdrogène et le gaz carbonique sous différentes pressions, pour une différence de potentiel de lOo volts entre les plateaux, force électromotrice suffisante pour saturer à peu près les deux premiers gaz. Des voltages beaucoup plus grands sont nécessaires pour saturer à peu près le gaz carbonique. La substance employée était l'oxyde d'ura-
(*) Comptes rendus, t. GXXIV, 1897, P* 4^^* (3) PhU. Mag., 5* série, t. XLIII, 1897, P- 4>^*
E. RUTHBaFOED.
nium : la distance des plateaux était de o^'°,35 environ. Ou a pris pour unité dans chaque cas le courant obtenu à la pression atmosphérique, bien que les valeurs absolues soient différentes pour les trois
Fig. 5.
Xa
Près
\ion
en
MM
gaz. La ligne pointillée de la figure 5 correspondrait à une proportionnalité rigoureuse entre la vitesse de déperdition et la pression. On voit que, pour les trois gaz, la vitesse de décharge croît d^abord proportionnellement à la pression, puis croit plus lentement, lorsque la pression augmente. C'est dans Thydrogène que la différence est la moins marquée, dans l'acide carbonique qu'elle l'est le plus. Dans l'hydrogène la vitesse de déperdition est presque rigoureusement proportionnelle à la pression.
La relation entre la vitesse de la décharge et la pression dépend aussi de la distance qui sépare les plateaux. Les quelques nombres suivants suffisent à donner l'allure des résultats. La différence de potentiel entre les plateaux était de 200 volts et la vitesse de décharge est donnée en divisions de l'échelle par minute.
Vitesse de déperdition.
Distance entre les plateaux :
Pression.
mm