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DECHARGE DE L ELECTRICITE DANS LES GAZ

vues, et je suis assez hardi pour penser que nous pouvons maintenant nous faire une idée complète des points les plus importants de la décharge dans les gaz.

En 1882, c'est-à-dire deux ans avant que mon Mémoire ait été présenté à la Société Royale, M. Giese avait été conduit, par une étude de la conductibilité électrique des gaz de la flamme, à une hypothèse identique à celle qui forme la base de ce Mémoire. Je regrette infinimenl d'avoir seulement connu récemment le travail de M. Giese, car j'aurais été heureux d'attirer l'attention sur lui.

Nous supposons l'un et l'autre, que chaque molécule gazeuse contient des atomes portant des charges égales et de signes contraires, que ces charges sont identiques à celles portées par les ions dans les électrolyles, et que, de plus, un courant électrique ne peut être maintenu dans un gaz que par un déplacement à son intérieur des atomes chargés. Je n'ai jamais réclamé beaucoup d'originalité pour cette hypothèse, car la même idée doit être venue à d'autres, et il serait probablement fort difficile d'en tracer l'histoire primitive. Lhjpothèse des particules chargées forme, toutefois, une faible part delà théorie que j'ai esquissée dans mon Mémoire précédent; elle n'est pas suffisante par elle-même pour rendre compte des faits observés. Afin de distinguer la théorie d'autres, je l'appellerai la théorie fie la convecii'on électro^ytique, car elle ressemble sur beaucoup de points au mode de conduction des liquides qui a été décrit sous ce nom par Helmhoitz. La théorie de la convection électrolytique donne des explications plausibles d'un certain nombre de phénomènes différents, comme l'a montré Giese pour la décharge dans les gaz issus de la flamme, moi-même pour la décharge produite par de fortes forces électromotrices, et Elster et Geitel, pour un certain nombre d'autres phénomènes. Suivant cette théorie, un gaz isole aussi longtemps qu'il n'y a pas d'ions présents, mais 11 agit comme un conducteur aussitôt que, pour une cause ou une autre, les molécules sont séparées en ions. Nous rencontrons des difficultés énormes quand nous arrivons à discuter le transport de l'électricité entre un gaz et un conducteur solide, car nous sommes ici, jusqu'à un certain point, retenus par notre connaissance de l'électrolyse dans les liquides. Nous savons qu'une différence de potentiel de 2 volts entre les électrodes est suffisante pour décomposer l'eau et, par suite, permettre l'échange d'électricité entre le métal et l'ion d'hydrogène ou d'oxygène. Aucune théorie de la décharge dans les gaz ne peut être admissible si elle ne peut être amenée en harmonie avec ces faits.

708 A. SCHUSTKR.

L'auteur remarque qu'il existe quatre moyens de rendre un gaz conducteur; on peut employer en effet pour cela des électrodes portées au rouge ou illuminées par des rayons ultra-violets; un sait, de plus, que les gaz issus de la flamme ne se comportent pas comme des diélectriques et que les gaz traversés par des décharges sont conducteurs. Il examine successivement les trois premiers cas, citant les expériences de condensation de Helmholtz, Lenard et Wolf. Passant à la décharge, après avoir résumé les faits établis jusque-là concernant la chute de potentiel cathodique, il expose ses propres expériences sur la densité électrique en volume au voisinage de la cathode, et indique la présence de charges positives au voisinage de celle-ci.

Action d*an aimant sur la décharge négatiye. Confirmation de la théorie.

Dans mon Mémoire précédent, j'ai décrit une méthode à Taide de laquelle j'espérais pouvoir mesurer les charges portées par les ions, et ainsi mettre à l'épreuve la théorie. Il est extrêmement désirable que ceci soit fait, car, s'il était possible de montrer que les charges moléculaires sont les mêmes que celles portées par les atomes dans les électrolytes, tout doute relatif à l'exactitude de la théorie que je propose s'évanouirait. Je nie suis trouvé aux prises avec des difficultés considérables, dans ma tentative d'effectuer les mesures d'une façon satisfaisante, et j'ai seulement pu jusqu'ici arriver à des limites quelque peu étendues entre lesquelles les charges moléculaires doivent se placer.

Selon la théorie, des particules électrisées négativement sont projetées de la cathode; Teffet que Ton observe par Taction d'un aimant sur les rayons cathodiques est exactement ce qu'il doit être dans ces circonstances. La trajectoire des particules peut se tracer à l'aide de la luminosité produite par les chocs moléculaires. Si la trajectoire est rectiligne au début, elle s'infléchit sous l'action d'un aimant; la courbure des rayons dépend de deux quantités inconnues, la vitesse des particules et la quantité d'électricité qu'elles portent.

Si les particules portant une charge se déplacent avec une vitesse ç à angle droit des lignes de force, le rayon de courbure /• esl déterminé par l'équation

mv* -, e V

( I ) = Mve ou — = zrr— ,

r m Mr

m étant la masse de la particule et M le champ magnétique. Si les particules, d'abord au repos, parlent de la cathode où le potentiel est pris comme zéro et arrivent, sans perte d'énergie, en un point où le

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