‹ Les quantités élémentaires d'électricité: ions, électrons, corpuscules (volume 3)Chapitre 99 sur 204 · THOMSON ET B. RUT HER FORD · texte numérisé non relu

THOMSON ET B. RUT HER FORD

sulfuré et au chlore coïncident, tandis que la courbe de la vapeur de mercure se place au-dessous et que la courbe de l'hydrogène se placerait au-dessus. En employant la notation de Téquation (6), ceci montre que le produit UT est le même pour Tair, le chlore et l'hydrogène sulfuré, et que sa valeur pour ces gaz est plus petite que pour l'hydrogène et plus grande que pour la vapeur de mercure.

Il est remarquable que les formes des courbes coïncident si bien pour l'air, l'hydrogène sulfuré et le chlore, car les valeurs absolues du courant à travers ces trois gaz sont très diflTérentes, le courant de saturation dans l'hydrogène sulfuré étant, dans certains cas, trois ou quatre fois plus grand que dans l'air et celui du chlore pouvant atteindre une valeur dix l'ois plus grande que celui de l'air.

La valeur du courant de saturation varie beaucoup dans des gaz différents; parmi ceux que nous avons essayés, c'est dans l'hydrogène qu'il a sa valeur la plus faible, dans la vapeur de mercure sa valeur la plus grande; cette dernière est environ vingt fois plus grande que celle de l'air. Elle ne semble pas dépendre entièrement de la densité du gaz, puisque dans l'hydrogène sulfuré elle est trois ou quatre fois plus grande que dans l'air, bien que les densités soient presque égales, tandis que le courant de saturation dans CH^P, qui a une densité de vapeur plus grande que celle du mercure, ne représente qu'une faible fraction de sa valeur dans la vapeur de mercure. Les gaza courant de saturation intense sont ceux qui contiennent les éléments présentant un pouvoir inducteur spécifique anormalement grand comparé à leur valence.

Nous avons fait un grand nombre d'expériences pour voir s'il se produit de la polarisation quand un courant traverse le gaz; toutefois nous n'avons pu nous convaincre de l'existence d'un tel effet. L'absence de polarisation indiquerait que les ions sont capables d'abandonner leur charge aux électrodes métalliques. Cependant les expériences sur les gaz électrisés montrent qu'il est très difficile de faire passer une charge électrique d'un gaz sur un métal k moins que le métal ne soit exposé à un rayonnement obtenu soit en chauffant le métal assez pour le rendre lumineux, soit en y faisant tomber des rayons ultra-violeïs. Mais dans le cas du passage de l'électricité à travers un gaz qui a été soumis à l'action des rayons de Rontgen, la conduction se produit même quand le système n'est pas exposé au rayonnement direct du tube; nous croyons donc probable que le gaz lui-même rayonne après avoir été exposé aux rayons de Rontgen.

Pour le voir nous avons tenté l'expérience suivante : AB, CD sont

sut LE PAS8A6B DE L'ÉLECTRICITÉ A TRAVERS LES GAZ RÔNTGENI8ÉS. 777

deux cylindres concentriques en tube de plomb épais; la base du cylindre intérieur était en carton de façon à permettre aux rayons de Ronlgen de traverser le gaz qu'il contenait. Un anneau métallique cuil placé entre les deux cylindres et relié à l'une des paires de qua-

Fig. 6.

dranls d'un électromèlre, de façon qu'on pût mesurer sa vitesse de déperdition quand on le portait à un potentiel élevé. Le cylindre ifllérieur présentait une fente située de telle façon et de dimensions telles qu'aucun rayon provenant du tube ne pouvait la traverser directement. L'appareil était rempli de chlore, gaz donnant une vitesse de déperdition très rapide. Quand la fente était découverte, il y avait déperdition rapide^ grâce à la dilfusion du gaz provenant du cylindre iBtériear et qui avait été soumis à l'action des rayons de Rimtgen. Mais, quand la fente était recouverte d'une bande de papier, la déperdition cessait complètement, bien que l'anneau relié à l'électromètre lût placé au même niveau que la fente, et par suite exposé à toute radiation pouvant provenir du gaz. Ce rayonnement, s'il existe, doit donc, ou bien être de très faible intensité, ou du moins différer des rayons de Rontgen en ce qu'il ne rend pas conducteur un gaz qu'il traverse. Nous sommes tentés de penser que, lorsque les rayons de Rontgen tombent sur une surface métallique, les rayons qui ont subi la soi-disant réflexion diffuse ne présentent pas les mêmes earaclères que les rayons incidents et n'ont pas, à beaucoup près, le même pouvoir de rendre conducteurs les gaz qu'ils traversent. Cette <^pmion est basée sur les expériences que nous avons faites pour roelire en évidence l'existence d'effets électriques dus aux rayons soi-disant réfléchis; malgré de nombreuses tentatives, nous n'avons jamais pu déceler l'existence d'aucun effet électrique produit par les layons réfléchis. Ainsi, nous avons introduit dans l'appareil de la "gure6 une plaque de plomb inclinée à 45" sur Taxe du cylindre et placée de façon à renvoyer les rayons à travers la fente qui était cou-

Page 1