WILLIAM CROOKES. — SIR LA MATIRRR RADIANTE
Nous avons VU que dans quelques-unes de ses propriétés la matière radiante est aussi matérielle que cette Table, pendant que dans d'autres propriétés elle assume presque le caractère de Ténergie radiante. Nous avons touché actuellement la frontière où la matière et la force semblent se fondre Tune dans l'autre, le royaume ténébreux entre le connu et V inconnu, qui a toujours eu pour moi un attrait tout particulier. J'ose croire que les plus grands problèmes scientifiques de l'avenir trouveront leur solution dans cette frontière, et même au delà. Là, il me semble^ se trouvent des réalités ultimes, subtiles, merveilleuses, de très longue portée :
Yet ail thèse were, when no Mau did them know, Yet hâve from wisest Ages hidden beene;
And later Times thinf>:es more nnknowne sball show. Why then should witlesse Man so much misweene, That nothing is, but that which he hath seene (^)?
(*) Cependant tout ceci existait quand aucun être humain ne le connaissait; ffourtant ils étaient cachés depuis les siècles des Sages, et les temps à venir montrf* ront (les choses encore plus inconnues. Pourquoi donc l'homme ignorant devrail*il tellement méjuger que rien n'existe que ce qu'il a vu ?
EXTRAITS DE DlFFERKiNTES NOTES
Publiés par M. P. CURIE kt M""» Sklodowska CURIE
Action du champ magnétique sur les rayons de Becqnerel ( ^ ).
Par m. p. CURIE.
L'hélérogénéité la plus importante dans le rayonnement des corps radioactifs est celle qui vient d'être révélée par l'action du champ magnétique ('^),
MM. Meyer et v. Schweidler ont constaté que les rayonnements d'un bromure de baryum radifère préparé par M. Giesel et d'un carbonate préparé par nous n'étaient pas modifiés dans la même proportion par le champ magnétique.
M. Giesel a obtenu la déviation des rayons du polonium dans un champ magnétique avec un échantillon qu'il avait récemment préparé: tandis que M. Becquerel n'a obtenu aucune déviation avec du polonium préparé par nous depuis un mois.
J ai étudié l'action du champ magnétique sur les rayons de Becquerel en employant une méthode qui permet de faire des mesures quanlilalives.
U corps radiiiactif A (JiS'. i) envoie des radiations suivant la direction AD ^Dtie les |>Iaieau% P et P'. Le plateau P est maintenu au potentiel de Soo volts, If plateau P' est relié à un éleclroinélre et à un quartz piézoélectrique. On ■nesure à Taide du quartz Tintcnsité du courant qui passe dans Tair sous l'influence des radiations. On peut à volonté établir le champ magnétique d'un électro-aimant normalement au plan de la figure dans toute la région ËEEË.
^i les rayons sont déviés même faiblement, ils ne pénètrent plus entre les
(') Les rayons non déviables dont il esi question dans cette Noie et dans la suivante ^"Mes rayons a, qui. comme Ta reconnu depuis M. Rutlierford, sont seulement très '^'MemeDl déviés dans le champ miignétique en sens inverse des rayons cathodiques. ^^ rayon* déviables sont des rayons ^ analogues aux rayons cathodiques.
(')La déviation des rayons de Becquerel par le rhamp inajçnéiiquea été constatée ''une façon imlépendanie et à peu de temps d'intervalle par M. Giesel ( Wied. Ann., '• (i9, p. 834 )f par WM. .Meyer et v. Schweidltr {Acad. Vienne, 3 et 9 novembre 1H99) «i par M. Becquerel {Comptes rendus^ n décembre 1899).
t -àK pJ-Mk B. B' B* «X par W» >rsauns de I clniro-
Les résuluts obtenus dépeadeoi e^seotiellemenl de la disUnce .^ du corps radiant A à l'enlrée du condensateur en D. Si la disUnct AD est assez grande i supérieure à o",05 ). tous les ravons du radiun qui arrivent au condensateur sont déviés et supprimes par un champ de 2300 unités. Si la distance AD est plus faible que o'.o65, une partie seulement des rarons est déliée par l'action du cbamp; cetU partie est d'ailleurs déjà complètement déviée par un champ de t'^w unités, et la proportion de ravons supprimés n'augmente pas si l'on fait croître le cliaiiip de i5oo à -uuo imités.
La proportion des ravons non déviés est d'autant plus grande qut la distance AD entre le corps radiant et le condensateur esl pluî pelite. Pour des distances faibles, les rayons qui peuvent être déii« ne constituent plus qu'une très faible fraction du rayonnement total-
\ oici pour un échantillon de carbonate de baryum radifère le> n'.Mtltuts obtenus :
égal
remiére ligne figure la rli'tance AD en centimètres. En supposiat courant obtenu ians rhani|> magnétique pour chaque disiind > nombres de la deuxième ligne indiqiii'nl le eoui'ant qui subsiste quand \' iam|i agit. Cesnombrcï peuvent être ron;iiléré« comme donnant le |)<>urcenge de rayons non déviables.
fi.o
l'our loo de rajons non iiiivirs. o o 1 1
Les rayons déviables sont les plus pénétrants.
Lorsque l'on tamise le faisceau au travers d'une lame absorbante (aluminium ou papier noir), les ravons qui passent sont tous déviables par le champ, de telle sorte qu'à l'aide de l'écran et du champ magnétique, tout le rayonnement est supprimé dans le condensateur, l ne lame d'aluminium de j^ de millimètre d'épaisseur suffît pour supprimer tous les rayons non déviables, quand la substance est assez loin du condensateur; pour des distances plus petites (o"',o34 et o'",o5i ), deux feuilles d'aluminium au jj^ me sont nécessaires pour obtenir ce résultat ( * ).
J'ai fait des mesures semblables sur quatre substances radifères (chlorures ou carbonates), d'activité très diflerente; le rapport des activités des produits extrêmes était aîi moins de trois cents. Cependant, les résultats ont été très analogues. 11 est fort remarquable que b distance à laquelle s'étendent dans l'air les rayons non déviables se soit montrée à peu près la même pour ces quatre produits ; elle est voisine de o"',o6'j. Cependant, pour le produit le moins actif (encore deux cents fois plus actif que l'uranium), cette distance était peut-être un peu plus faible, et la proportion de rayons pénétrants dé- Niables à l'aimant était plus forte que pour les autres.
On peut remarquer que, pour tous les échantillons, les rayons pénétrants déviables à l'aimant ne sont qu'une faible partie du rayonnement total; ils n'interviennent que pour une faible part dans les mesures où l'on utilise le rayonnement intégral pour produire la conductibilité de l'air.
Les composés de polonium que j'ai étudiés n'émettent que des rayons non déviables, comme l'avait déjà trouvé M. Becquerel. Quand on fait varier la distance AD du polonium au condensateur, on n'observe d'abord aucun courant tant que la distance est assez grande ; quand on rapproche le polonium, on observe que pour une certaine dislance, qui était de o"*,o4 pourTéchantillon étudié, le rayonnement se fait très brusquement sentir avec une assez grande intensité ; le courant augmente ensuite régulièrement si l'on continue à rapprocher le polonium, mais le champ magnétique ne produit aucun eflet. Il semble que le rayonnement non déviable du polonium soit délimité dans l'espace et dépasse à peine dans l'air une sorte de gaine entourant la substance sur l'épaisseur de quelques centimètres.
(') Depuis la première publication de ce travail M. Villard a montré qu'il existe <l''s rayons non déviables très pénétrants (rayons y); ces rayons ionisent l'air très ^siMement, et leur action ne se faisait pas sentir d'une façon appréciable dans Vex- P«rience qui précède.
128 p. CURIE BT M°" S. CURIE.
Dans le rayonnement du radium, les rayons non déviables parle champ paraissent entièremeut analogues aux rayons du polonium. Comme eux ils sont peu pénétrants, comme eux ils occupent dans l'air une région délimitée autour de la substance (').
Sur la pénétratioii des rayons de Becqnerel (rayons a).
Par m- SKLODOWSKA CURIE.
Dans la Note qui précède, M. Curie a montré que le rayonnement du radium se composait de deux groupes bien distincts : les rayons déviables par le champ magnétique et les rayons non déviables parle champ magnétique.
Considérés dans leur ensemble, les rayons non déviables sont beaucoup moins pénétrants que les rayons déviables. Une étude plus complète de la pénétration des deux espèces de rayons à travers diverses substances montre que leur nature est entièrement différente e\ confirme ainsi les résultats obtenus par Texamen de l'effet du champ magnétique.
Les rayons du radium, d'après les expériences faites jusqu'ici (*) se comporteraient, au point de vue de l'absorption, comme les rayonî de Rontgen; ils seraient d'autant plus pénétrants qu'ils auraient traversé une plus grande épaisseur de matière. On attribue cet effet à h présence simultanée de rayons doués d'un pouvoir pénétrant inégal
Or tandis que, pour les rayons déviables, le coefficient d'absorp tion est, en effet, décroissant ou peut-être constant quand croi l'épaisseur de matière traversée, mes expériences ont montré qu'a contraire les rayons non déviables sont d'autant plus absorbables qu l'épaisseur de matière qu'ils ont déjà traversée est plus grande. Ceti loi d'absorption singulière est contraire à celle que l'on conna pour les autres rayonnements; elle raf^pe lie plutôt la manière de J comporter d'un projectile, qui perd une partie de sa force vi^ en traversant des obstacles.
J'ai employé pour cette étude notre appareil de mesures de la coi du:'tibilité électrique avec le dispositif suivant :
Les deux plateaux d'un condensateur PP et VP' {fig, i) sont horizontau
(') Ce iravail a élé fait à l'Ecole municipale de Physique et de Chimie industrielles.
(2) H. Becquerel, Comptes rendue, l. CXXIX, p. 912, 4 décembre 1899; et Meyeï ei ScuwEiDLEK, Ac. de Vienne, 7 décembre 1899.
el abrités dans une boite métallique BBBB en relation avec la terre. Le corps actif A, siluc dans une botte métallique épaisse CCCC faisant corps avec le plateau P' P', agit sur l'air du condensateur au travers d'une toile métallique T ; les rayons qui traversent la toile sont seuls utilisés pour la production du
Fig. 2.
courant, le champ électrique s'arrétant à la toile. On peut faire varier la distance AT du corps actif à la toile. Le champ entre les plateaux est établi au nio>en d'une pile; la mesure du courant se fait au moyen d'un électrométre et d'un quartz piézoélectrique.
En plaçant en A sur le corps actif divers écrans et en modifiant la distance AT, un peut mesurer Tabsorption des ravons qui font dans l'air des chemins plus ou moins grands.
Le polonium se prèle particulièrement à l'étude des rayons non déviables, puisque les échantillons que nous possédons, quoique très actifs, n'émettent pas du tout de rayons déviables.
Voici les résultats obtenus avec le polonium :
l^our une certaine valeur de la distance AT(o™,o4 et au-dessus), aucun courant ne passe : les rayons ne pénètrent pas dans le condensateur. Quand on diminue la dislance \T, l'apparition des rayons <^ans le condensateur se fait d'une manière assez brusque, de telle s^rte que, pour une petite diminution de la distance, on passe d'un <^ouranl très faible à un courant très notable; ensuite le courant s'accroît régulièrement quand on continue à rapprocher le corps radiant de la toile T.
Quand on recouvre la substance radiante d'une lame d'aluminium (aluminium laminé de ^ de millimètre d'épaisseur), l'absorption S. F. 9
l3o p. CUBIE ET M*"* S. CURIE.
produite par la lame est d'autant plus forte que la distance AT est plus grande.
Si l'on place sur la première lame d'aluminium une deuxième lame pareille, chaque lame absorbe une fraction du rayonnement qu'elle reçoit, et cette fraction est plus grande pour la deuxième lame que pour la première, de telle façon que c'est la deuxième lame qui semble plus absorbante.
Dans le Tableau qui suit, j'ai fait figurer : dans la première ligne, les distances en centimètres entre le polonium et la toile T: dans la deuxième ligne, la proportion de rayons pour loo transmise par une lame d'aluminium; dans la troisième ligne, la proportion de rayons pour loo transmise par deux lames du même aluminium.
Distance AT 3,5 '1,5 1,9 i,45 o,5
Pour 100 de rayons transmis par une lame o o 5 10 -iS
Pour 100 de rayons transmis par deux lames... 000 o 0,7
Dans ces expériences la distance des plateaux P et P' était de 3*". On voit que l'interposilion de la lame d'aluminium diminue l'intensité du rayonnement en plus forte proportion dans les régions éloignées que dans les régions rapprochées.
Cet effet est encore plus marqué que ne l'indiquent les nombres qui précèdent. Ainsi, la pénétration de 25 pour 100, pour la distance o*^™,5, représente la moyenne de pénétration pour tous les rayons qui dépassent cette distance, ceux extrêmes ayant une pénétration très faible. Si l'on ne recueillait que les rayons compris entre o*'",5 et i*^™, par exemple, on aurait une pénétration plus grande encore. Et, en effet, si l'on rapproche le plateau P à une distance o*^'",»! de P', la fraction du rayonnement transmise par la lame d'aluminium (pour AT = o*^"',5) est de 47 pour 100 et à travers deux lames elle est de 5 pour 100 du rayonnement primitif.
Les rayons non déviables du radium se comportent comme les rayons du polonium. On peut étudier les rayons non dé viables seuls en renvoyant les rayons déviables de côté par l'emploi d'un champ magnétique. Voici les résultats d'une expérience de ce genre, toujours avec la même lame d'aluminium :
Distances 6,0 5,i 3,4
Pour 100 de rayons transmis par Al... 3 7 24
Ce sont encore les rayons qui allaient le plus loin dans l'air qui sont les plus absorbés par l'aluminium. Il y a donc une grande ana-
EXTRAITS DR DIFFÉRBNTIS8 NOTES. li^I
gie enlre les rayons non déviables du radium et ceux du polonium ; s rayons déviables, au contraire, seraient de nature différente. Si l'on utilise l'ensemble des rayons émis, le phénomène se trouve ompliqué parla présence des rayons déviables et pénétrants, dont la oi d'absorption est différente. Si l'on observe à grande distance, ces leraiers rayons dominent et l'absorption est faible ; si l'on observe à )etite distance, les rayons non déviables dominent et l'absorption est i'aulant plus faible qu'on s^e rapproche plus de la substance; pour une distance intermédiaire, l'absorption passe par un maximum et la pénétration par un minimum.
Distance 7,1 6,5 6,0 5,i 3,4
Pour 100 de rayons transmis par Al. 91 8z 58 41 4^
Devant des propriétés si particulières^ des rayons non déviables des corps radioactifs on pouvait se demander si ce sont bien là véritablement des rayons possédant la propagation rectiligne.
M. Becquerel a bien voulu élucider cettç question par une expérience directe, qu'il nous autorise à décrire ici. Le polonium émettant les rayons non déviables était placé dans une cavité linéaire très étroite, creusée dans une feuille de carton. On avait ainsi une source linéaire de rayons. Un fil de cuivre de i"*"*, 5 de diamètre était placé parallèlement en face du fil à une distance de 4"'") 9- Une plaque photographique était placée parallèlement à une distance de 8"*"*, 65 au delà. Après une pose de dix minutes, l'ombre géométrique du filetait reproduite d'une façon parfaite avec les dimensions prévues €t une pénombre très étroite de chaque côté correspondant bien à la largeur de la source. La même expérience réussit également bien en plaçant contre le fil une double feuille d'aluminium battu que les njous sont obligés de traverser.
11 s'agit donc bien des rayons capables de donner des ombres {éomélriques parfaites. L'expérience avec l'aluminium montre que ces rayons ne sont pas diffusés en traversant la lame, et que cette lame Démet pas, tout au moins en quantité importante, des rayons secondaires analogues aux rayons de Rôntgen.
Notice additionnelle (extrait).
J'ai fait en 1908 une deuxième série d'expériences avec ces mêmes échantillons de polonium dont l'activité était considérablement dimi-
:xtw^. " nruT^Julf^ fe ii^aia^ mi ^«^pariç l»»î§ <!k«x 5«îe* d'expériences
D$ka.-r t^ '^!LO*'r:**ar'»» Ktrumnfcr. h^ ft^jmâmmi était à Fétat de sousainrkCà» f;ca?r 'ittlt>:«> "^rttnùf^. ti «élût i FéHt de ^ains métalliques, )Off*'^iii*r a;<r nittiiia tti -nin^-attr^kt amer le cyanure de polassium.
r^t v)ll^fC.èf»^ OU» > rair«i«uii^giieKC «i« EMloiiîiiin a\ail conservé les au^mf*^ .rani't**!!»* •►^rwnic»»^- •?! j"aî troaié quelques résuluii nou- ^«*aa^i. \'>u*i. o«iiir •tim^^r^*»:!^ «aiesr^ de la dîstaoce AT. la fraction do rèj'tnntttmiNiL cmu^touî^ par sa t^jru^ formé par 4 feuilles très minces d 'èinaïininni hièCLa,
Dûcuu^if %T «m '^ifscuietr*» o i,5 2,6
P^'ir i4iii».t>ï r^-v.>«9> craasaûs por r^ran.. 76 66 Sg
J'ai coo^tatff de ai»MBe. que la fraction du rayonne ment absorbée pr un écran «iooné crott a%ee l'épaisseur de matière qui a déjà été tra- \er»ée par le raToonement. mais cela a lieu seulement à partir d'une certaine valeur «le la distance AT. Quand cette distance est nulle (le polonium étant tout contre la toîle, en dehors ou en dedans du condensateur*, on observe que. de plusieurs écrans identiques superposés, chacun absorbe la même fraction du rayonnement qu'il reçoit; autrement dit. l'intensité du rayonnement diminue alors suivant une loi exponentielle en fonction de l'épaisseur de matière traversée, comme cela aurait lieu pour un rayonnement homogène et transmis parla lame sans changement de nature.
\ oici quelques résultats numériques relatifs à ces expériences:
Pour une distance AT égale à i*"",5, un écran en aluminium mince transmet la fraction 0,5 1 du rayonnement qu'il reçoit quand il agit seul, et la fraction o,34 seulement du rayonnement qu'il reçoit quand il est précédé par un autre écran pareil à lui.
Au contraire, pour une distance AT égale à o, ce même écran transmet dans les deux cas considérés la même fraction du rayonnenienl qu'il reçoit et celte fraction est égale à 0,71; elle est donc plu> grande que dans le cas précédent.
Voici, pour une distance AT égale à o et pour une succession d'écrans très minces superposés, des nombres qui indiquent pour chaque écran le rapport du rayonnement transmis au rayonnement reçu:
Série
Série
9 feuilles de cuivre
de
7 feuilles d'aluminium
très minces.
battu
très minces.
Etant données les difficultés d'emploi d'écrans très minces et de la superposition d'écrans au contact, les nombres de chaque colonne peuvent être considérés comme constants; seul, le premier nombre de la colonne relative à l'aluminium indique une absorption plus forte que celle indiquée par les nombres suivants.
Deuxième Note additionnelle.
On peut remarquer que, d'après les expériences qui précèdent, les rajoas a du radium sont plus pénétrants que les rayons a du polonium. Ce fait se trouve confirmé par les expériences plus récentes de M. Rutherford et MissBrooks (Rutherford, Radioactivité, p. i3o).
L'ionisation due aux rayons a dans l'air à la pression atmosphérique est très nettement limitée à une zone qui entoure la substance radiante et qui s'étend à une dislance de 7*^"* pour le radium et de 4*^™ pour le polonium. On peut se demander si, en dehors de cette zone, les projectiles ont effectivement disparu, ou bien s'ils ont seulement perdu la faculté de produire l'ionisation de l'air.
Sur la charge électrique des rayons déviables du radium (i);
Par m. p. CURIE kt M— M. P. CURIE.
Les expériences de MM. Giesel, Mejer et v. Schweidler et Bec- ^luerel ont montré que les rayons du radium sont déviés dans un champ magnétique comme les rayons cathodiques (^). Nous avons
^') Ce travail a été fait à TÉcole municipale de Physique et de Chimie industrielles.
{') Gip.RKL, Wied. Ann.f t. LXIX, p. 834» — N. Meyer et v. Schweidler, Physi-
^^iiicht Zeitschri/t, t. 1, p. ii3. — Becquerel, Comptes rendus, t. CXXIX, p. 996.
l34 p. CURIR ET II"* S. CURIE.
montré d^autre part que le rayonnement du radium comprend deux groupes de rayons bien distincts : les rayons déviés dans un champ magnétique et les rayons non déviés dans un champ magnétique {*). Or les rayons cathodiques sont, comme l'a montré M. Perrin, chargés d'électricité négative (^). De plus, ils peuvent, d'après les expériences de MM. Perrin et Lenard, transporter leur charge à travers des enveloppes métalliques réunies à la terre et à travers des lames isolantes ('). En tout point où les rayons cathodiques sont absorbés, se fait un dégagement continu d'électricité négative. Nous avons constaté qu'il en est de même pour les rayons déviables du radium. Les rayons déviables du radium sont chargés d^ électricité négative.
Étalons la substance radioactive sur Tun des plateaux d'un condensateur, ce plateau étant relié métalliquement à la terre; le second plateau est relié à un électromètre; il reçoit et absorbe les rayons émis. Si les rayons sont chargés, on doit observer une arrivée continue d'rlectricité à Télectromètre. Cette expérience, réalisée dans l'air, ne nous a pas permis de déceler une charge des rayons, mais Texpérience ainsi faite n*est pas sensible. L*air entre les plateaux étant rendu conducteur par les rayons, Télectromèlre n'est plus isolé et ne peut accuser que des charges assez fortes.
Pour que les rayons non déviables ne puissent apporter de trouble dans l'expérience, on les supprime en recouvrant la source radiante d'un écran métallique mince; le résultat de l'expérience n'est pas modifié (^).
Nous avons sans plus de succès répété cette expérience dans l'air en faisant pénétrer les rayons dans l'intérieur d'un cylindre de Faraday en relation avec l'électromèlre (»).
On pouvait déjà se rendre compte, d'après les expériences qui précèdent, que la charge des rayons du produit radiant employé était considérablement plus faible que celle des rayons cathodiques.
( • ) Comptes rendus f t. CXXX, p 78 et 76.
(') Comptes I endos, l. CXXI, p. ii3o, et Annales de Chimie et de Physique, 7» série, t. XI, 1^97, p. 433. Dans les expériences de M. Perrin, Tordre de grandeur de la charge était de io~* coulomb pour une inlcrruption de la bobine.
(^) Lenard, Wied. Ann., t. LXIV, p. 279.
(^) A vrai dire, dans ces expériences, on observe toujours une déviation à Télectroniètre, mais il est facile de se ren Ire compte que ce déplacement est un elTet de la force électroniotricc de contact qui existe entre le plateau relie à rélectromctre et les conducteurs voisins; cette force électromoirice charge l'électromètre grâce à la conduclibililé de l'air soumis au rayonnement du radium.
(^) Le dispositif du cylindre de Faraday n'esl pas nécessaire, niais il pourrait présenter quelques avantages dans le cas on il se produirait une forte dilTusi^tn des rayons par les parois frappées. On pourrait espérer ainsi recueillir ei utiliser ces rayons diffusés, s'il y en a.
K\THAITS DR DIFPERRnTES NOTES. l35
Pour constater un faible déf;agement d'rlectricité sur le conducteur qui absorbe les ravons, il faut le mettre à l'abri de l'air, soit en le plaçant dans un tube avec un vide très parfait, soit en l'entourant d'iio bon diélectrique solide. C'est ce dernier dispositif que nous avons emplové.
l'n disque conducteur MM {fig- 3) est relie par la lige métallique f àr^lectromèlre; disqueettige sont complètement entourés de matière isolante m ; le tout est recouvert d'une enveloppe métallique EEE qui
fit en communication électrique avec la terre. Sur l'une des faces du disque, l'isolant /»/> et l'enveloppe métallique sont très minces. C'est cette face qui est exposée au rayonnement du sel de baryum raditere R placé à l'extérieur dans une auge en plomb ( ' ). Les rayons émis par le radium traversent l'enveloppe métallique extérieure et la lame isolante pp et sont absorbés par le disque métallique MM. Celui-ci est alors le siège d'un dégagement continu et constant d'éleciricit^ négative que l'on constate à l'électromètre et que l'on mesure ) l'aide du quartz piézoélectrique.
Le courant ainsi créé est très faible. Avec du chlorure de baryum fadifère tn-s actif formant une couche de 2'^"', 5 de surface et de 0'", 2 d'épaisseur, on obtient un courant de l'ordre de grandeur de 10" ampère (les rayons utilisés ayant traversé, avant d'être absorbés parle disque MM, une épaisseur d'aluminium de o""",oi et une épaisseur d'ébonite de o""',3).
Nous avons employé successivement du plomb, du cuivre et du «ne pour le disque MM, de l'ébonite eide la paraffine pour l'isolant; les rrsultats obtenus ont été les mêmes.
Le courant diminue quand on éloigne la source radiante R, ou quand on emploie un produit moins actif.
D L'enveloppe iiolante doit être pariai Lement continue. Toute fissure remplie '''il allant du cooducleur intérieur jusqu'A l'enveluppe mélallique est une cnuse de Murant dû aux forces électromolricei de contact utilisant la conductibilité de l'air i*' l>?el du radium.
«1 f*i dans 1(3 !irr-~. ]nL-<0i 'if T*)iic Mumcâi'g p>u- mt épaisseur •ri. *iMri..^nj»-U «ini-j» &• nar.t'r^ L* skÂkk -^ »»*« dVire décnie ^^ • ■.'\ ^Tii iî^ a, a z- i~ ;• nr ."-^bf w j» 'rairTf -ie- ravon.* d"
p^.---.'.. -.n •'. -.■',1.- -rjji.- -£i,t-u^ac tr-s w» prn-irdnl>. Nou» .•.*.-.,-,. -.T.-*— -^ t-^;r. .-.:.■- :- :a.i--r- »*-»: -ii p>l'>aîuni qui i^iii''' <•-'», *-.-.-r.' ;*t -<) ,r.« .-. ,-. :-■. jii'^. ai.»--. p«-ur U nisnn qai pr>- **■')# ',/, -,A f^ ,» tjr»-» î' ■■^-■' ■r\t»-r"--M'''^ iiKOD^ c»nclusioii.
4.*,... ')*/.. \- '*. iw .-»T..c.. .i-^i^!^ Ju radium, comme claDi. 1* «»» ')*■< r;it',ri* 'aiti'i^Kjrii^t. k* rairroi mn<p<>r1eiil de lêleetricili'. ftt, jiiw|ii ,/j, '/« u.éi^tn»'f r»rf'.nnulViî*ienn? de charges électrique* «('(« ()/•*-» il !;( iii:<ri'rr'r |t<rfi>l>-r^lil^. On e*l donc amené à coiisiilt-rr iiiitiini- vi4i%fut\i\nS,\i' i^nt- \f radium i-^l ie siège d'une émission nin- ■ luiilf -U- puti'uiAi-, i\i- inaûf-rc étt^clriiée négalivemenl, capables île Itiivcdi'f %Ht\K •« >U-i:Uar^i:T <\f- écrans conducteurs OU diélectrique-;. H( le iH\'\ti<rt de hi liiar^i- éleetrique à la mas.se *tail le ménir que iliiiia l'-JciMilyn-, le radiiiiii, d;ins ('expérience précédente, perdi-ail
l'ii l'iliiiniillnii de ritiliuin, qui serait isolé électriquement d'ime
^fon parfaite, se chargerait spontanémeni en peu de temps à un polentiel extraordinairemenl éievé. Dans l'hypothèse balistique, le poleDiiel augmenterait juscju^à la créalion d'un champ suffisamment intense pour empêcher l'éloignement des particules électrisées émises. \ous a*OQs répété avec les rayons de Ronlgen les expériences doiil il i été question dans cette Note. Les effets obtenus sont extrême-
il faiblet
; pouv.
s seulement conclure de c
* expérieni
ii ces rayons sont chargés, ils le sont encore bien moins que le; s déviables du radium.
Conductibilité dea diélectriqa«t liqaidet ions l'inflnence d«i TKfùnt du radinm et dM rayons do Rontgonj
Pau m. p. CUHŒ.
J'ai reconnu que les rayons du radium et les rayons de Bcinlgea agissent sur les diélectriques liquides comme sur l'air en leur communiquaat une certaine conductibilité électrique. Voici comment j'ai disposé l'expérience :
Le liquide i < le<|«l plonge u
^périmenter est placé dai