‹ Les quantités élémentaires d'électricité: ions, électrons, corpusculesChapitre 32 sur 108 · AB · texte numérisé non relu

AB

e métallique CDEF dar deu\ pièces méiailiquf

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Mr«nid"élecirodes. l.e

c réleclromèlre. Lorsqu'un

otunliei connu au mov

n d'une

pAlc est à terre. Le

ube AB

courant traverse le

liquide,

l38 p. CURIE ET M*"* 8. CURIE.

on maintient réiectromètre au zéro à l'aide d'un quartz pi/'zo-électrique qui donne la mesure du courant. Le tube de cuivre MNM'N' relié à la terre sert de tube de garde pour empêcher le passage du courant à travers l'air. Une ampoule contenant le sel de baryum radifère peut être placée au fond du tube AB; les rayons agissent sur le liquide après avoir traversé le verre de Tampoule et les parois -du tube métallique. On peut eocore faire agir le radium en plaçant Tampoule en dessous de la paroi DE.

Pour agir avec les rayons de Rôntgen, on fait arriver ces rayons au travers de la paroi DR.

L'accroissement de conductibilité par l'action des rayons du radium ou des rayons de Rontgen semble se produire pour tous les diélectriques liquides; mais, pour constater cet accroissement, il est nécessaire que la conductibilité propre du liquide soit assez faible pour ne pas masquer l'effet des rayons.

En opérant avec le radium et avec les rayons de Rontgen j'ai obtenu des résultats du même ordre de grandeur.

Quand on étudie avec le même dispositif la conductibilité de l'air ou d'un autre gaz sous l'action des rayons de Becquerel, on trouve que l'intensité du courant croit proportionnellement à la différence de potentiel entre les électrodes quand cette différence de potentiel est faible (de quelques volts pour l'appareil de la figure). Mais, quand on augmente de plus en plus la différence de potentiel, l'intensité du courant n'augmente plus proportionnellement à celle-ci ; l'effet d une augmentation de tension va en diminuant, et pour des tensions élevées (loo volts) l'intensité du courant ne s'accroît plus que d'une très petite fraction de sa valeur quand on double la différence de potentiel.

Les liquides étudiés avec le même appareil et avec le même produit radiant très actif se comportent différennnent ; le courant est proportionnel à la tension quand celle-ci varie entre o et ^5o volts, et cela même quand la distance des électrodes ne dépasse pas 6""". On peut alors considérer la conductivlie provoquée dans divers liquides par le rayonnement d'un sel de radium agissant dans les mêmes conditions. Les nombres du Tableau suivant, multipliés par lo'", donnent la conduclivilé en mlios pour i*"""' :

Sulfure de carbone 20

Ellier (le pétrole i5

Amvléiie i4

Chlorure de carbone 8

Benzine 4

Air liquide i ,3

Huile de vaseline 1,6

EXTRAITS DE DIFFÉRENTES NOTES. iSg

On peut cependant supposer que les liquides et les gaz se comortenl d^unc façon analogue, mais que, pour les liquides, le courant 2ste proportionnel à la tension jusqu'à une limite bien plus élevée ue pour les gaz ; la loi de proportionnalité, dans la série précédente 'expériences, ne cesserait de se vérifier que pour des tensions upérieures à 45o volts.

On pouvait, par analogie avec ce qui a lieu pour les gaz, chercher i abaisser la limite de proportionnalité en employant un rayonnement Deaucoup plus faible. L'expérience a vérifié cette prévision; le produit employé était cent cinquante fois moins actif que celui utilisé dans les premières expériences. Pour des tensions de 5o, loo, 200, ^00 volts, j'ai obtenu des courants qui peuvent être respectivement représentés par 109, i85, 255, 335. La proportionnalité ne se mainlienl plus, mais le courant varie encore fortement quand on double la difl'érence de potentiel.

Quelques-uns des liquides examinés sont des isolants à peu près parfaits quand ils sont à l'abri de l'action des rayons et qu'on les maintient à température constante. Tels sont : l'air liquide, l'éther de pélrole, l'huile de vaseline, l'amylène. 11 est alors très facile d'étudier l'effet des rayons.

L'huile de vaseline est beaucoup moins sensible à l'action des rayons que l'éther de pétrole. Il convient peut-être de rapprocher ce fait de la différence de volatilité qui existe entre ces deux hydrocarbures. L'air liquide qui a bouilli pendant quelque temps dans le vase d'expérience est plus sensible à l'action des rayons que celui que 1 on vient d'y verser : la conductivité produite par les rayons est d'un quart plus grande dans le premier cas.

J'ai étudié sur l'amylène et sur l'éther de pétrole l'action des rayons aux lempératures de (h-io") et de ( — 17")- ^^ conductivité due au rayonnement devient plus faible d'un dixième seulement de sa valeur quand on passe de 10" à — 17°.

Dans les expériences où l'on fait varier la température du liquide, on peut soil maintenir le radium à la température ambiante, soit le porter à la même température que le liquide; on obtient le même résumât dans les deux cas. Cela tient à ce que le rayonnement du radium ne varie pas avec la température et conserve encore la même valeur fflême à la température de l'air liquide, comme je l'ai vérifié directement par des mesures.

l4o p. CURIE ET 11"^ S. CURIE.

ÉlectiiflaUon négative des rayons secondaires issns de la transformation des rayons X;

Par mm. P. CURIE et G. SAGNAC.

Le faible pouvoir de pénétration des rayons secondaires des métaux lourds fait penser aux rayons cathodiques de Lenard, lesquels peuvent seulement parcourir quelques centimètres à peine dans Tair atmosphérique, où ils sont énergiquement diffusés. Cette analogie conduit à rechercher si les rayons secondaires, très absorbables par l'air, transportent avec eux des charges électriques négatives, puisque tel est le caractère fondamental des rayons cathodiques; la déviation des rayons par le champ magnétique ou par le champ électrique sera une conséquence probable de leur électrisation. 11 n'y a pas de contradiction entre cette hypothèse et celles qui ont été développées par Tun de nous sur des analogies existant entre le rayonnement des corps radioactifs et le rayonnement secondaire des rayons X, puisque le faisceau émis spontanément par le radium de M. et de M"* Curie est un mélange de rayons électrisés négativement analogues aux rayons cathodiques, dévia blés par le champ magnétique et par le champ électrique, et de rayons non déviables analogues aux rayons X, sensiblement dépourvus de charges électriques.

Pour préciser d'abord jusqu'à quel point les rayons X se montrent dépourvus d'électrisalion (*), nous employions une enceinte de Faraday en plomb épais de forme cubique, ayant 28*^"* de côté, reliée à un électroiiiètre à quadrants. Un large faisceau de rayons X )' |)<'*nélrait par une ouverture circulaire de 10*"" de diamètre, placée à ^"" seulement de la lame focus du tube producteur de rayons X.

L'enceinte de plomb, y compris son ouverture, était complètement euvcîloppée par une couche continue d'un diélectrique solide (pa-

(') I.c professeur K Dorn a annoncé que les rayons secondaires des méiaux lourds ttoni (li'viés par le champ magnétique, el dans le même sens que les rayons cathodiques {Ahhanci. d. ISaturf. Gesell. zu Halle, Bd. XXII, 1900, p. 4o-4^)'

L'un (In nous avait antérieurement émis l'opinion que les rayons secondaires très alfiorhahles des métaux lourds peuvent renfermer des rayons analogues à ceux de lA'nard et déK'iables comme eux par l'aimant [G. Saonac, Becfierches sur les transformations des rayons de Jiontgen, Ch. I, 3' paragraphe : Bayons secondaires, rayons A' et rayons de Lenard {L'Eclairage électrique du 12 mars 1898)].

EXTRAITS DE DIFFÉRENTES NOTES. Ml

raffine ou ébonite), recouverte elle-même d'une enveloppe d'aluminiuiD mince en communication avec la terre. L^ enveloppe continue de diélectrique solide est nécessaire pour maintenir ^isolement l*arfait du cylindre qui, sans cette précaution, ne demeurerait pas isolé dans l'air ambiant rendu conducteur de l'électricité par l'action des rayons de Runtgen.

Dans ces conditions, l'éleclromètre ne se chargeait pas sensiblement. Nous axons pu ainsi conclure qu'en admettant Thypothèse de rayons X électrisés, le courant, équivalent à la circulation de l'électricité dans le faisceau large et intense de rayons X employé, était certainement inférieur à io~*=* ampère.

Nous avons pu, au contraire, conclure à l'électrisation négative des rayons secondaires des métaux lourds. A la pression atmosphérique, les rayons X et les rayons secondaires communiquent à l'air une conductibilité telle que le métal rayonnant n'est plus isolé; il est alors impossible de recueillir l'électricité des rayons secondaires. 11 fallait éviter en même temps que les rayons secondaires des métaux lourds, souvent très peu pénétrants, ne fussent absorbés au voisinage immédiat du métal qui les émet. Nous avons été ainsi amenés à placer les métaux dans l'air raréfié et à opérer à des pressions de plus en plus faibles, jusqu'au vide de Crookes (o'""',ooi de mercure), afin de rendre à l'air ses propriétés isolantes, malgré l'action des rayons de Hontgen et des rayons secondaires qui le traversent. Nous avons réduit à 3"" ou 4™"* seulement la couche d'air raréfié comprise entre le métal rayonnant et les parois métalliques voisines. Dans cette mince couche d'air très raréfié, la force éleclromotrice entre le métal rayonnant et les parois qui l'entourent produit seulement, sous Tinfluence desrajons, un courant inférieur, par exemple, à y^^ du courant dû à 'électricité négative des rayons secondaires d'un métal, tel que le platine, le plomb. Le dispositif est celui-ci :

Une feuille métallique mince M {fig* 6) reliée à un électromètre à quadrants et à un quartz piézo-élec trique, est maintenue isolée au milieu et à 3""" seulement des parois d'une boite métallique plate ABCD, <]uon peut mettre en relation avec la terre. La face inférieure CD de celte boîte est formée, comme la face supérieure AB, d'une plaque épaisse d'un autre métal N, mais percée de fenêtres f que recouvre une mince feuille du métal X. A 6*^'" au-dessous de la face AB se trouve la lame focus /, source des rayons de Riintgen. Le système producteur de ces rayons (tube focus R, bobine RuhmkorH'et interrupteur électroly tique de Wehnelt) est enfermé dans une grande caisse

p. CURIE ET M"'' S. CURIE.

de plomb épais dont la paroi PP est mise à la terre. Les rayons de Riintgen sortent de la caisse PP par une ouverture circulaire de lo^' de diamètre recouverte seulement d'une mince feuille d'aluminium aa.

Fig. 6.

à l'élMtrDmélr»

On peut faire le vide de Grookes dans la boîte étanche ABCD, reliée à la trompe à mercure.

Quand on opère à la pression atmosphérique, lu eonductibilité de l'air sous l'influence des rayons est considérable. Lorsque le métal M de la feuille intérieure est différent du métal N des fenêtres /et des faces internes de la boîte A.BCD, le système (M|N) fonctionne comme une pile dont la force électromotrice fait dévier réiectromètre. On peut, par la méthode d'opposition du quartz piézo-électrique de M. J. Curie, mesurer le courant électrique nécessaire pour maintenir réiectromètre au potentiel zéro; ou bien on peut, sans agir sur le quartz, ramener l'électromètre à demeurer au zéro en intercalant en E, entre la boîte ABCD et la terre, une force électromotricc convenable Cq prise en dérivation sur le circuit d'un daniell.

Dans ces conditions, si l'on fait le vide dans l'appareil, l'équilibre de l'électromètre se maintient d'abord avec la même force électrouiotrice ^0 de compensation, tant que la pression n'est pas abaissée jusqu'à Tordre de grandeur du millimètre (seulement, le courant qui prend naissance en l'absence de e^ devient de plus en plus faible). Pour des pressions inférieures, la force électromotrice de compensation est modifiée. Elle dépasse bientôt celle d'un daniell, augmente constamment et semble croître au delà de toute limite à mesure qu'on se rapproche du vide de Crookes. Si l'on rétablit en E la force électromotrice primitive Cq qui compensait le phénomène à la pression atmosphérique, on peut, à l'aide du quartz, mesurer le courant néces-

EXTRAITS DE DlPrÉRKNTES NOTES. l43

saîre pour maintenir l'électromètre au zéro. Ce courant, qui apparaît aux pressions de Tordre du millimètre, augmente d'abord légèrement avec la raréfaction de l'atmosphère, puis devient sensiblement constant pour le vide de Crookes.

Si, par exemple, le métal intérieur M est du platine, et si le métal N des parois internes de la boîte ABCD est de Y aluminium, il faut maintenir l'aluminium à un potentiel négatif (inférieur en valeur absolue à i daniell) pour obtenir la compensation à la pression atmosphérique.

Dans le vide de Crookes, cette force électromotrice n'est plus suffisante, et il faudrait porter l'aluminium à un potentiel négatif de valeur absolue égale à 3o volts environ, si l'on voulait obtenir la compensation. Si Ton maintient la force électromotrice e^ qui compensait le phénomène à la pression atmosphérique, on constate que, dans le vide de Crookes, sous l'action des rayons de Rcintgen, le platine se charge positivement. Le courant de charge, mesuré à l'aide du quartz, est de l'ordre de grandeur de lo"*" ampère quand on utilise, à travers les fenêtres f recouvertes d'aluminium mince, une surface d'environ 3o*"' placée à 6*^"* de la source / des rayons de Rcmtgen.

Ce courant est assez faible pour qu'on puisse dire : Tant qu'on

n'opère pas dans un gaz raréfié, les rayons secondaires provoquent

la conductibilité des gaz en y libérant inégales quantités d'électricité

positive et négative. Mais, dans un gaz raréfié, l'on voit que l'influence

des charges négatives des rayons secondaires apparaît; alors les

rayons X déchargent les corps négatifs plus rapidement que les corps

positifs, ou même ils augmentent la charge des corps positifs. 11 est

remarquable que cette dissymétrie de la décharge, produite dans le

vide par les rayons de Riintgen qui frappent un métal lourd, est de

même sens que la dissymétrie de la décharge des conducteurs frappés

par les rayons ultra-violets de Hertz et de Hallwachs.

Des faits peu différents sont obtenus à l'aide de la disposition représentée par \dijig, 7 : la feuille métallique mince M est alors enroulée en cylindre, et la boîte plate est remplacée par un second cylindre métallique \BCD de même axe que MM. On introduit le système MM ABCD dans le récipient V de verre relié à la trompe à mercure, puis on ferme le récipient V avec le couvercle de verre V mastiqué au golaz. Avec ce second dispositif, on évite les rentrées d'air plus facilement qu'avec le premier.

Ces faits pourraient, à la rigueur, s'expliquer par une variation continue de la force électromotrice de contact, qui croîtrait dans

P. CTEIE ET M'

S. CURIK.

dVncHTBifs pc\^f<ortîoii> avec le degré de vide. Cette manière de ^oir e>t peu ^ nàtMMubUble • . On explique, au contraire, nettement les phénomènes en omettant que les rayons secondaires émis par les

niêlaux eu exin-rieuce em|H>rlent avec eux de Félectricité négative et llhôivuL dans le uièlaL la quantité complémentaire d'électricité posin\e. Le platine transformant les rayons de Rtintgen considérablemenl plus que l aluminium* son émission d'électricité négative est de beaucoup plus considérable que Témission opposée de l'aluminium, et le platiuc se chari:e positi\emenl.

On pcul r«Mi\ersor le ph«''ni>mène en meltant l'aluminium en M à

rinlci icnr cl le platine mince [ j^^ de millimètre) autour de M, ea

WMA) f\ /ir. ti» iMi VIUU) \ AV. - ;. On constate alors que Talumi-

ni 11 m inlcricur M, soumis à Tcmission secondaire du platine, recueille

lie I «'K'clricilc nci;ati\c.

>i«u!s axons fait \arier la nature des métaux et constaté en particulier (|uc le plond> cl le platine sont parmi les métaux qui émettent le plu> dr cliarj;cs nciialixes sous Faction des rayons X. Viennent

( ' 1 (hj a iit>ii!i>i)(rt* i|ue, si Vou fiiil le vide do Crookes dans un récipient reu^^eriiiHiit un cond«'n>ahMir donl les arnialures sonl formées de deux métaux M el N. '* force t'Ierirouioirite du couple MN n'en e>t pas altérée: elle est même indépendante de la natiifc du f^az ambiant, raréfie on non, tant que l'on ne rhauffe pas les métaux M el \ dans le vide de manière à en faire «légager les gaz inclus et à les remplacer par un autre gaz ( Bottomley, B.-A. Jieport, i8.>5; Spieus, PhiL Mag.y t. XLI\, particulièrement p. 70, janvier 1900 j.

EXTRAITS DE DIFFÉRENTES NOTES. l4>

ensuite Tétain et le zinc. Quant à raluminium, des expériences faites avec une enceinte de Faraday tapissée extérieurement d*aluniiniuiu el recevant des rayons de Rontgen semblent montrer que les rayons secondaires assez pénétrants de ce corps sont, comme les rayons de Ronlgen générateurs, dont ils diflerent peu, sensiblement dépourvus de charge électrique.

L'intensité des charges électriques négatives des rayons secondaires du métal M, étudiées avec la disposition de la figure 2, ne s'affaiblit pas considérablement lorsqu'on compare un appareil dont Tenveloppe de verre V est relativement mince (i"*'") à un autre où elle est plus épaisse (3""). Avec le dispositif de la figure 1 , les rayons X pénétrant dans la boîte ABCD par les fenêtres à travers une feuille d'aluminium d'épaisseur de -^ de millimètre, l'interposition d'une glace de verre de 5""" sur le trajet des rayons de Rontgen affaiblit le phénomène, mais en le laissant comparable à ce qu'il était d'abord; l'interposition d une lame d'aluminium d'un demi-millimètre sur le trajet des rayons de Rontgen réduit à peine (de moins de j~) l'électrisation négative desrajons secondaires du platine. Les charges négatives des rayons secondaires proviennent donc surtout de Faction exercée sur le métal M par les rayons X les plus pénétrants du faisceau incident. Ce fait est analogue à celui qui a été signalé à propos de l'activité électrique des rayons secondaires (*), mais il est ici encore bien plus marqué.

Le rapprochement précédent est en accord avec celui que l'on peut faire au sujet du pouvoir de pénétration des charges négatives lancées par le métal M. Quand, au lieu d'opérer dans le vide, nous avons opéré en plongeant le condensateur MN dans un diélectrique tel que la paraffine, l'ébonile, le phénomène de l'émission d'électricité négative de M en N disparaissait sensiblement. Dans le cas seiileraent où M et N n'étaient séparés que par une fraction de millimètre de paraffine, l'électromètre accusait encore une faible charge correspondant à des courants de Tordre de io~*^ ampère; les variations de ces faibles courants avec la nature des métaux M et N s'accordaient à faire penser qu'ils étaient dus à l'émission par les métaux lourds de charges négatives rapidement absorbées par la paraffine au voisina îce du métal.

Une expérience directe a d'ailleurs montré le faible pouvoir de

(') G. Saqnac, De r Optique des rayons de Rontgen et des rayons secondaires ui en dérivent, Paris, Gauthicr-Villars, 1900, p. io5 et i32.

l46 p. CCftIB ET M** S. CCBIE.

transmission (* ) de Téinission éleclrique du plomL. par exemple: une moitié longitudinale du cvlindre de plomb épais MM yjig- 2 1 esl recouverte d'une feuille d'aluminium battu, dont l'épaisseur calculée d'après la surface, le poids et la densité 2,- est de 0.46 micron. Les rayons X frappant le coté nu du cvlindre, on observe, à la pression o""",ooi de mercure, un courant de l'ordre de io~** ampère dû au bombardement d'électricité négative issue du plomb nu iDI: ceslà-dire que le plomb MM se charge de la quantité complémcnlairc d'éleclricité positive, et il faut, pour le maintenir au poieatîel xéro pendant 32*, 2, disposer sur le plateau du quartz piéro-ëfcclriqae une masse de 5oo6 en l'abandonnant progressi\ ement à l'action de son poids. L'appareil VV, une fois retourné de i8<>* autour de son aie, de manière que les rayons X frappent maintenant la face de plomb recouverte d*aluminum battu, l'émission d'électricité négative par le plomb à travers cette feuille d'alominium correspond à un poids de 5oo8 pour 53% 5, c'est-à-dire n'est plus que les | de celle do plomb nu. Ce coefficient de transmission des charges éleclriques est assez peu différent de celui que présenteraient les rayons cathodiques extérieurs à un lobe à vide dans les expériences de Lenard. 11 est aussi comparable à celui de l'action électrique de déchaîne des rayons secondaires, déjà étudié et à celui de l'action radlographique (^).

Il importe de remarquer que les mesures des couranls d'éleclricité négative issue des métaux lourds frappés par les rayons X ont, pour des conditions expérimentales données, un sens absolu ; la quantité d'électricité lrans|)ortée par les rayons secondaires est, dans un vide suffisamment pouss«', indépendante de la distance parcourue par les rayons secondaires; au contraire, on sait que les intensités des actions élcclricjues radiograpliiques ou radioscopiques des ravons secondaires et aussi des rayons X, dépendent du mode d'utilisation des rayons cl, en particulier, de l'épaisseur d'air du condensateur électrique cl do la couche photograpliifiue ou luminescente qui les reçoit ('). H

(') La transmission étudiée ici peut avoir lieu en partie ou en totalité par diffusion postérieure; la même remarque s'applique d'ailleurs à la tran»mis»ion de Taclion électrique de décharge ou de l'action radiograpbique des rayons secondaires des métaux lourds, telle qu'elle a été, dans certains cas, étudiée par l'un de nous (G. Sagnac, loc. cit., p. 89 et q'i ).

(-) G. Sagnac, loc. cit., p. i)\.

(') G. Sagnac, loc. cit., p. i3i.

ne parait, d'ailleurs, y avoir aucun lien simple entre l'énergie des rayons secondaires, telle qu'on pourrait la mesurer au moyen d'un bolomèlre fondé sur réchauffement d'un métal par ces rayons et la quantité d'électricité négative qu'ils transportent. L'ensemble des faits observés conduit à penser que Y émission électrique secondaire des métaux lourds possède des propriétés analogues à celles des rayons cathodiques et des rayons déviables du radium : les particules d'électricité négative des rayons sont capables de dissocier l'électricité neutre des particules des gaz en quantités d'électricités positive et négative, considérablement supérieures à la quantité d'électricité négative des rayons, tant du moins que le gaz étudié n'est pas trop raréfié. 11 ne faut pas confondre la production de ces rayons cathodiques, qui, dans le vide et même en l'absence de tout champ électrique, émanent du métal M frappé par les rayons X, avec la production déjà signalée par Tun de nous (*) d'un flux d'électricité soit positive, soit négative, dans un gaz soumis au champ électrique.

L'action des rayons X et des rayons secondaires sur les gaz n'est pas essentiellement différente de l'action des rayons ultra- violets étudiés parLenard (2). D'autre part, l'émission des rayons cathodiques par un métal lourd que frappent les rayons X n'est pas plus étrange que le phénomène analogue produit par les rayons ultra-violets : le professeur Righi (^) et, plus récemment, le professeur P. Lenard (*), les professeurs E. Merriltel O.-M. Stewart {^) ont, en efl'et, trouvé qu'un métal frappé par les rayons ultra-violets émet un flux d'électricité négative, même lorsque la surface métallique frappée par les rayons n'est pas électrisée. Cette émission a les caractères de rayons cathodiques particulièrement absorbables, et l'étude n'a pu en être faite par le professeur Lenard (*) que dans le vide de Crookes.

(*) SAQNACf C. R. du 5 février 1900 et Tarticle précédent : Nouvelles recherches sur les rayons de Bônigen, § 5 et 6; /. rfe Phys., 3* série, t. X, 1901, p. 677 et 680.

(') Cf. loc. cit., § 7; y. de Phys., 3* série, t. X, p. 683.

(^) A. RiQHi, Atii d. /?. Ace. d. Lincei, p. 81, 1900.

(*) P. Lenard, Erzeugung von Kathodenstrahlen durch ultra-violettes Licht {Drude's Annalen d, Physik, t. II, 1900, p. 359-370; /. de Phys,, 3* série, t. X, '901» p. 91). Cette émission d'électricité négative permet au professeur Lenard d'expliquer la déperdition d'électricité négative sous l'action des rayons ultraviolets,

(*) E. Merritt, O.-M. Stewart, The developement of Kathode Bays by ultraviolet light {The Physical Review, octobre 1900, p. 220); /. de Phys., Z* série, t. X, i9<^>i, p. 578.

(•) Voir y. de Phys,, 3* série, t. VIII, 1899, p. 241.

I48 p. CCRIB ET M"*' S. CURIE. — EXTRAITS DE DIFFÉRENTES NOTES.

L'clectrîsation négative des rayons secondaires fournil donc uik« analogie nouvelle entre les rayons X et les rayons ultra-violets. 1 devient alors de plus en plus probable qu'il y a, dans les rayons se condaires, des rayons non électrisés de Tespècc même des rayons ? incidents qui les produisent en se diffusant ou se transformant.

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