ÉTUDE DE LA CONDUCTIBILITÉ DES GAZ EXTRAITS DES FLAMMES
pour lesquels ont été faites les suppositions les meilleures en vue d'expliquer le mécanisme de la conductibilité. On suppose pour eui(') qu'il existe déjà, avant le passage du courant dans Télectro- Ijte, des /o/i5, atomes ou groupe d'atomes isolés ne formant pas de molécules complètes. Ce sont eux qui permettent le passage du courant en se d 'plaçant dans la direction des lignes de force, emportant avec eux des charges électriques.
On devra étendre tout d'abord cette hypothèse aux gaz en supposant que leurs propriétés conductrices sont liées à l'existence préalable d'ions (*•*) définis dans le même sens. D'après les idées qui régnent actuellement sur la constitution du gaz, il devrait déjà exister des ions dans chaque gaz à la température et à la pression ordinaires, mais en petite quantité : leur nombre croîtrait quand la temp*éralure s'élève. Pourlairatmosphérique, en particulier, les résultats des paragraphesol et 00 nous conduisent à supposer qu'aux températures inférieures à Joo", les ions (c'est-à-dire des atomes isolés d'azote et d'oxygène) sont trop peu nombreux pour produire une conductibilité électrique appréciable pour nos appareils; mais, quand il y a contact a\ec un fil incandescent, leur nombre augiuente beaucoup, par suite de la destruction des molécules et ils |)euvent conduire une quantité d'électricité appréciable. A l'intérieur des gaz qui s'élèvent d'une tlamme, tl y aurait de même de nombreux atomes isolés ou des groupes d atomes ne formant pas encore de molécules, soit à cause de la haute température de la ilamme, soit, d'après Hittorf (•^), par suite de réactJODs chimiques.
ï^i maintenant on refroidit une masse gazeuze renfermant le nombre dions considérable qui correspond à son état thermique, ceux-ci ^(»nl se réunir en molécules chaque fois qu'il y aura rencontre d'ions diliérents. Mais, plus ils deviendront rares, plus seront rares leurs •"eacontres et moins il se produira de molécules nouvelles; et si . 'abaissement de température se produit rapidement (comme dans nos ^^périences où il y a contact avec des métaux bons conducteurs de la chaleur, ou mélange avec de l'air froid), il peut arriver que le gaz contienne beaucoup plus d'ions que dans les conditions normales à température égale; et il peut ainsi être conducteur à une température
n Claushs, Pogg. Ann., t. CI, 1857, P- ^4^*
w La déliiiitiori ne s'écarie de celle qui précède qu'en ce que l'on entend généra- '"^01 par ions les parties constitutives d'une molécule saline. \V. G.
^^) HiTTORK, Wied. Ann., t. VII, 1879, p. 588.
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OÙ il serait isolant s'il n'avait pas subi de réchauffement antérieur. Comme on le voit, il est nécessaire de supposer, pour cette anomalie des propriétés conductrices, que les ions sont très peu nombreux vis-à-vis des molécules : plus leur nombre sera grand plus le gaz pourra se rapprocher, dans un refroidissement rapide, de son état normal; ou, en se plaçant au point de vue électrique, plus la conductibilité est grande, plus vite elle disparaîtra par le refroidissement; mais, par contre, ses dernières traces pourront subsister longtemps encore