SCENE VII Caroline, Tonrnesol, Van Folmeseli
Tournesol
Grande nouvelle, Caroline ! Vous ne devineriez jamais qui je viens de voir?
Caroline Mademoiselle Fatma, votre amoureuse?
Tournesol
Il s'agit bien d'elle. Savez- vous qui était le porte-fanion du parlementaire?
Caroline Assurément non.
Tournesol Je vous le donne en mille!... Eh bien, c'était Julien! Julien lui-même !
Caroline, émue Il n'est donc pas mort?
Puisque je vous dis qu'il est en train de devenir maréchal de France.
Caroline
]\Iais au moins en êtes-vous sûr? N'avez- vous pas rêvé?
Tournesol
Je vous répète que c'est lui, Julien ! le beau Julien ! Même qu'en prenant ma voix de fausset la plus haute, je lui ai crié comme ça, en provençal bien entendu : « Julien ! ta petite Irma, elle est ici ! »
Caroline
Et qu'a-t-il répondu?
Tournesol
Rien ! Il ne pouvait pas parler... Il était parlementaire ! Seulement, il m'a fait un signe, n'est-ce pas. Monsieur Van Foimesch?
Van Foimesch, s'est assis dans un angle et écrit fiévreusement des pages de musique Je n'ai pas remarqué.
Tournesol
Té, pardi ! parce qu'il me l'a fait en provençal ! Mais ça voulait dire qu'il avait compris. Et dites qu'il n'y a pas une providence pour les amoureux? En voilà deux qui se croyaient séparés pour toujours et voilà cjue cette bonne providence les rapproche et les met, c'est le cas de le dire... hé?... à une portée de canon l'un de l'autre.