BERCEUSE
Ne crains rien, mon vieux Bajazet,
Nous calmerons sa fièvre ardente
En lui chantant d'une voix lente, Ce vieux refrain que ma mère disait,^
Lorsque le soir tombait la brume, Je l'entendais, me bercer doucement
D'une chanson, dont je présume
Devait la bercer grand'maman...
L'ange gardien qui sur nous veille
Est là, près de toi, descendu des cieux.
Dors, enfant, dors, que rien ne t'éveille,
Dors, enfant, dors, ferme les yeux !
Bajazet
Oh ! bien sûrement votre douce voix peut calmer la souffrance. /
Mais je crains fort que le repos de la clière demoiselle soit de courte durée. On prétend que demain vont commencer les hostilités!...
Caroline
Demain? Bajazet ! tu m'effrayes... Ah ! si du moins nous avions pu sortir de cette place?...
Bajazet
Hélas ! qui pouvait prévoir, lorsque nous nous embarquâmes pour Alger, qu'éclaterait cette maudite guerre? que contraints à rebrousser chemin il nous faudrait chercher un refuge dans cette petite ville où, pour comble d'infortune, nous avons dû, faute de logis, -camper sur ces remparts, exposés aux feux des Français.
Caroline
Qu'allons-nous faire?
Vous mettre en sûreté, d'abord quand on donnera l'assaut. A cette fin, j'ai découvert une mosquée où l'on peut se rendre par des cliemins abrités partant du pied de cette tour. Il ne s'agit que de se procurer la clé de la porte qui donne au bas de cet escalier. Je vais m'en inquiéter sur le champ... Prévenez seulement Mademoiselle Irma... On vient... pas un mot de cela, je vous prie... Je vais cacher le pot... (// s'éloigne.)
Brave garçon !
Caroline, à part