M. VICTOR DE LAPRADE
11 ressemble un peu par la barbe à M. do Falloux; il lui ressemble encore par les opinions et la passion politique. C'est la Fusion à l'état de rage. M. Cousin, le philosophe, n'a pas contre l'Empire de meilleur soldat — entendons-nous, verbalement parlant! — que ce poète soi-disant chrétien, qui, avant de se jeter dans les fusions politiques, faisait déjà fusionner dans ses vers le christianisme et le paganisme, l'autel des druides et la croix. M. de Falloux a beaucoup plus
^r. VIGTOH DE LAPRADE &Jt
de tenue que M. de Laprade, qui n'en a pas, lui, beaucoup plus que M. Pelletan... Il débuta dans la Reçue des Deux Mondes par un poème de Psyché, ennuyeux, même à la Reçue des Deux Mondes !! C'est phénoménal ! Puis il se jeta dans des Idylles montagnardes et dans des Poèmes écangéliques. Tout cela l'aurait laissé obscur à Lyon, faisant son Cours pour les guides de la Suisse, si l'Académie n'avait voulu recruter une clameur de plus contre l'Empire. Enivré par le succès de cette réception, M. de Laprade a payé son entrée à ses maîtres, et il leur a offert le bouquet de ses Satires politiques. L'Évangélique écœurant s'est cru la plume de fer rougi de Juvénal... Le fer rougi n'était qu'un fer à papi Hottes, qui brûla un peu l'oreille violette, si prompte à la colère, de M. Sainte-Beuve, lequel, raconte-t-on, — mais c'est un renseignement à prendre, — apporta un matin à l'Académie un morceau de bois pour répondre au fer. On eut grand' peine à désarmer M. Sainte-Beuve, qui se